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    Le chasseur intercepteur MiG-31, histoire et fiche technique

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    Le MiG-31 est une version modernisée du chasseur-intercepteur MiG-25. Sa conception fut lancée au Bureau d'études Mikoïan en 1970 sur la base du chasseur MiG-25, créé dès les années 60 en réponse à l'apparition aux Etats-Unis d'avions de reconnaissance supersoniques et de bombardiers à haute altitude.

    MOSCOU, 20 juin - RIA Novosti. Le MiG-31 est une version modernisée du chasseur-intercepteur MiG-25.

    Sa conception fut lancée au Bureau d'études Mikoïan en 1970 sur la base du chasseur MiG-25, créé dès les années 60 en réponse à l'apparition aux Etats-Unis d'avions de reconnaissance supersoniques et de bombardiers à haute altitude. Dans un premier temps, ce nouvel appareil s'appelait MiG-25MP.

    Le "31" avait pour vocation d'intercepter et de détruire des cibles aériennes évoluant à des altitudes hautes, moyennes et basses (sur fond de terre); dans les secteurs avant et arrière; par tous temps; dans des conditions de manoeuvres adverses s'accompagnant de brouillages antiradar, actifs et passifs, et de pièges thermiques.

    D'apparence, l'appareil rappelle beaucoup le "25": deux dérives, deux prises d'air en biais sur les côtes latérales du fuselage. Mais il y a des différences notables. Ce qui saute aux yeux avant tout, c'est que le MiG-31 est un biplace (le MiG-25 était un monoplace). L'exploitation d'un avion ayant une masse très importante à l'envol sur des aérodromes ordinaires devait également appeler des changements dans son train d'atterrissage: pour la première fois sur un chasseur ont été utilisés des trains dont les deux roues sont disposées en "tandem écarté", pour réduire la charge sur la piste.

    Le rapport poids/poussée de l'avion a été augmenté grâce à deux turbojets D-30 à double flux et à très grand rendement, développant chacun une poussée de 15.500 kg en pleine postcombustion, soit un tiers de plus que les turbines qui équipaient le MiG-25. A l'opposé des autres intercepteurs, le MiG-31 peut être ravitaillé en vol à plusieurs reprises, ce qui augmente considérablement son autonomie.

    Le nouveau chasseur est équipé d'un ensemble antibrouillages hautement efficace, en mesure de garantir une interception sûre de cibles aériennes. Cet ensemble se compose d'un radar de bord à réseaux d'antenne (employé pour la première fois sur un avion), d'un détecteur infrarouge pour l'hémisphère avant et d'un indicateur de situation tactique.

    Puisqu'il est difficile pour le pilote de conduire l'avion en même temps que de commander ses armements et ses appareillages de navigation et de pointage, l'équipage comprend maintenant, outre le pilote, un navigateur-opérateur. Le MiG-31 est équipé d'appareillages de transmission de données afin de coordonner l'action de groupes de quatre appareils en vol de formation, de se redéployer et de mener des attaques concertées. Ces appareillages permettent d'accompagner jusqu'à dix cibles et de tirer des missiles guidés sur quatre cibles à la fois.

    On le sait, l'efficacité d'un avion en action dépend des éléments de son armement et de leurs possibilités. Pour le MiG-31, ces éléments sont sélectionnés en fonction des objectifs et de la situation de combat. Quatre missiles longue portée munis de têtes chercheuses radio; deux missiles moyenne portée à têtes chercheuses thermiques; quatre missiles longue portée et autant de missiles à portée réduite (destinés au combat rapproché). Fait significatif, les ingénieurs les ont disposés de sorte que leur résistance aérodynamique est deux fois moins importante. Enfin, un canon de 23 mm intégré (son unité de feu: 260 obus), d'une cadence de tir de plusieurs milliers de coups à la minute, a été pour la première fois installé sur un MiG.

    Quant à ses performances, le MiG n'a pas d'analogue en Russie ni dans le monde. L'équipage de cet intercepteur peut certes agir de façon autonome, mais sa destination principale consiste à évoluer par groupes de quatre appareils sous le commandement d'un avion-leader; l'échange d'informations entre eux et le système de direction au sol s'effectue automatiquement et toutes les missions liées à la détection de cibles et à la coordination du groupe sont réalisées grâce aux moyens de bord qui reçoivent sans discontinuité des renseignements du sol et coordonnent l'action des intercepteurs. En outre, ce système peut fonctionner sans être appuyé par le sol, contrôlant le corridor aérien à protéger. Pour ce qui est d'un avion pris à part, il est en mesure d'intercepter plusieurs cibles évoluant à des altitudes différentes et à des vitesses différentes. Même si le MiG-31 n'est pas un avion de combat rapproché, il peut exécuter toutes les figures acrobatiques.

    Les essais du MiG-31, qui ont pris plusieurs années, ont confirmé la justesse des solutions trouvées pour cet appareil.

    La production en série du MiG-31 fut lancée en 1979 à Nijni Novgorod. Depuis, sa conception n'a cessé de subir des améliorations: ces modernisations successives avaient pour objectif d'adapter l'appareil à la réalisation de nouvelles missions. Sa conception laisse espérer qu'à l'instar de ses célèbres prédécesseurs - MiG-15, MiG-17 et MiG-21 - l'avion est promis à une longue vie.

    Au début de 1992, les troupes de DCA des pays de la CEI disposaient de plus de 200 chasseurs-intercepteurs MiG-31. Vingt-quatre appareils avaient été livrés à la Chine. Une version améliorée, le MiG-31M, est sortie en 1992. Doté d'un radar plus puissant et de six missiles guidés longue portée, cet avion est aussi équipé de missiles moyenne portée R-77, d'une grande manoeuvrabilité.

    Jamais un MiG-31 n'a été employé contre des cibles aériennes adverses, mais en 1983, à la suite d'un incident avec un Boeing 747 sud-coréen dans l'espace aérien soviétique, au-dessus de Sakhaline, une escadrille de MiG-31 fut transférée en Extrême-Orient. Sa seule apparition a fortement réduit les activités de l'aviation américaine à proximité des frontières soviétiques. La mise hors service, en 1989, des avions de reconnaissance à haute altitude américains Lockheed SR-71, dont les performances rendaient ces avions extrêmement onéreux pratiquement invulnérables aux chasseurs de DCA mais ne pouvaient pas les sauver contre les attaques de MiG-31, peut être considérée comme une conséquence indirecte de la naissance du MiG-31.

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