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    Revue de la presse russe du 8 décembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    La droite cherche des ennemis à la Russie

    L'histoire de l'empoisonnement de Iegor Gaïdar boucle la boucle d'événements tragiques liés aux noms de représentants du camp libéral russe des plus connus. Dans un laps de temps relativement très court on a eu la mort de la journaliste Anna Politkovskaïa, celle de l'ancien agent du FSB, Alexandre Litvinenko, l'affaire Gaïdar et les audiences décisives du procès concernant l'attentat perpétré contre le patron de RAO EES Rossii (Electricité de Russie), Anatoli Tchoubaïs. Ce dernier et Gaïdar évoquent certains ennemis de la Russie et leurs déclarations autorisent à conclure qu'il s'agit de gens se trouvant à l'intérieur du pays et non par hors de ses frontières. D'après certaines insinuations, ces personnes sont liées au problème du troisième mandat présidentiel. Cependant, ces notables libéraux ne se hasardent pas à fournir des preuves justifiant leurs soupçons.

    Evguéni Iassine, directeur scientifique du Haut collège d'économie: Les assassinats et les attentats dont ont été victimes plusieurs personnalités de tendance libérale démocratique (j'écarte ici le Parti libéral démocrate de Jirinovski) inspirent de très grandes craintes. Cette tendance montre que des terroristes libéraux de droite opèrent dans le pays.

    Comme Gaïdar, je suis dans l'impossibilité de citer ces ennemis. Cependant, je n'exclut pas l'existence ici de certains liens indirects entre des forces terroristes et des personnalités au sein du pouvoir. Il semble qu'il y a là-bas des gens qui voudraient beaucoup que Vladimir Poutine reste au Kremlin pour qu'eux aussi puissent conserver le pouvoir.

    Léonide Gozman, chef du conseil créatif de l'Union des forces de droite (SPS): Litvinenko était un personnage peu connu, mais en ce qui concerne Gaïdar, c'est une sommité mondiale. Cependant, ces incidents auront des conséquences identiques, ils compliqueront notablement les relations avec l'Occident et saperont le prestige du pays et celui de ceux qui le personnifient.

    Chez nous et à l'étranger il y a des gens qui voudraient isoler la Russie des Etats démocratiques, la voir cesser de progresser vers l'intégration avec l'Occident, même si elle le fait de manière assez incohérente. Je suis en mesure de dire qui n'avait aucun intérêt à ce qui s'est passé avec Politkovskaïa et Litvinenko et ce qui ne s'est miraculeusement pas passé avec Gaïdar. C'est le pouvoir russe et le président russe.

    Irina Khakamada, membre du bureau de l'Union populaire démocratique: Les raisons de l'élimination de Politkovskaïa et de Litvinenko sont différentes, mais le commanditaire peut-être le même. En ce qui concerne les ennemis, Gaïdar et Tchoubaïs ont en vue des forces à l'intérieur de la Russie, qui ne voudraient pas qu'elle s'ouvre à l'Occident, qui visent à la discréditer et contraindre ainsi Poutine à renoncer à se rapprocher de l'Occident et à rester pour un troisième mandat.

    Vedomosti

    EADS aidera à développer l'industrie aéronautique russe

    Pour développer l'industrie aéronautique russe "on peut et on doit" développer un "partenariat réel" avec EADS, a déclaré hier Igor Chouvalov, assistant du président russe, devant les membres du Russian American Business Council à Washington. "Je doute qu'il soit possible de mettre en place un partenariat réel avec Boeing pour construire des avions... Mais c'est possible avec EADS", a-t-il fait remarquer. Car les Européens travaillent "dès maintenant dans le cadre d'une coopération où différents éléments d'avions sont fabriqués dans différents pays", a-t-il expliqué.

    Boeing s'est implanté en Russie en 1991 et, d'après les données du groupe américain, a déjà investi 2,5 milliards de dollars environ dans différents projets russes, dont la création d'un bureau d'études à Moscou (conception d'éléments pour trois modèles d'avions Boeing) et l'assistance consultative au projet d'avion régional Superjet-100 réalisé par le holding Sukhoi. L'année dernière, Boeing et EADS ont proposé, presque en même temps, au gouvernement russe un programme de coopération à long terme, pour vingt à trente ans, qui promettait des commandes pour l'industrie aéronautique russe à hauteur de 25 à 27 milliards de dollars. Boeing, pour sa part, a promis d'employer la majeure partie de ce montant, 18 milliards de dollars, à l'achat de titane à VSMPO-Avisma et a signé au mois d'août un accord de création d'une coentreprise avec la société russe. Mais au milieu de l'année le "gouvernement semblait avoir préféré l'Europe", selon une source proche du producteur de titane russe.

    Cet été la Banque russe pour le commerce extérieur (Vneshtorgbank) a acheté en bourse une participation de près de 6% dans EADS. En novembre, un groupe aéronautique national (OAK) a été créé et a ouvert un débat sur le programme de coopération avec le groupe européen. La coentreprise de Boeing et de VSMPO-Amisva n'est pas encore enregistrée mais elle sera constituée sans faute au début de 2007, a assuré au quotidien Vedomosti le directeur de la société russe, Vladislav Tetioukhine. Cette information a été confirmée par un représentant de Rosoboronexport, principal actionnaire de VSMPO-Avisma.

    Les représentants de Boeing ont été hier avares de paroles. Boeing est satisfait de la coopération actuelle avec la Russie et espère qu'elle sera aussi fructueuse dans l'avenir, et que la coentreprise avec VSMPO verra le jour, a souligné le représentant du groupe américain Michael Tull. Le président d'OAK, Alexeï Fedorov, s'est abstenu de tout commentaire. Le chef de la représentation d'EADS en Russie, Vadim Vlassov, s'est contenté de faire remarquer que les dirigeants d'OAK et d'EADS s'étaient rencontrés hier pour la première fois pour étudier les "possibilités d'intégration".

    La déclaration d'Igor Chouvalov n'a pas étonné les experts. "EADS a été créé comme un groupe interétatique. D'autre part, l'Europe, à l'opposé des Etats-Unis et de la Chine, peut partager avec nous ses technologies et accepter OAK comme partenaire", a estimé Konstantin Makienko, du Centre d'analyse des stratégies et des technologies. Seule la crise de gestion du groupe européen qui a retardé la livraison de deux nouveautés à la fois (A-350 et A-380) est capable d'empêcher la coopération avec la Russie.

    Gazeta.Ru

    La Russie enverra le premier astronaute sud-coréen dans l'espace

    Les présidents de Roskosmos (Agence fédérale spatiale russe) et de l'Institut coréen de recherche aérospatiale (KARI), Anatoli Perminov et Hong-Yul Paik, ont signé jeudi un contrat sur le vol vers la Station spatiale internationale (ISS) au printemps 2008 d'un astronaute sud-coréen qui fera partie de l'équipage du vaisseau Soyouz. Le président du KARI prévoit qu'en perspective le coût de la coopération spatiale russo-coréenne pourrait atteindre quelques centaines de millions de dollars.

    Roskosmos n'a pas cité le coût exact du séjour de dix jours sur le segment russe de l'ISS, mais, selon Anatoli Perminov, le prix du vol du représentant de la Corée du Sud sera le même que d'habitude. Le projet de contrat avait été établi alors que le coût du vol était d'environ 20 millions de dollars. Le président de Roskosmos a tout de même fait remarquer que si les prix montaient, le dollar était en train de tomber. Ainsi, le Centre Gagarine de formation des cosmonautes et la compagnie RKK Energuia augmentent les tarifs pour la formation des cosmonautes et pour le vol à bord du vaisseau spatial Soyouz.

    "Si, auparavant, un vol coûtait 20 millions de dollars, à présent, nous parlons déjà de 21 millions de dollars, a précisé Anatoli Perminov. Il n'est pas exclu que le prix du vol atteigne à l'avenir 25 millions de dollars".

    Les chefs des agences spatiales des deux pays ont également examiné les perspectives de partenariat stratégique. En Russie, on travaille sur la création du système de lancement coréen KSLV. Les entreprises russes participent à la construction de la rampe de lancement et du premier étage du KSLV (en fait, le KSLV-1 est un lanceur qui repose sur le premier étage de la fusée porteuse russe Angara conçue au Centre Khrounitchev). Le lancement est prévu pour 2008, a fait savoir Anatoli Perminov, qui n'a pas exclu la possibilité de créer une coentreprise russo-coréenne en vue de produire des éléments de base pour les systèmes spatiaux russes.

    "Nous avons proposé à la Corée de participer à la création de systèmes spatiaux pour la Russie. Cela concerne aussi bien les appareils spatiaux que les équipements terrestres", a ajouté le président de Roskosmos.

    Kommersant

    L'Etat introduit de nouvelles méthodes de contrôle des organisations religieuses

    Les dirigeants religieux des confessions traditionnelles de la Russie ont l'intention de demander au président et au gouvernement d'annuler la nouvelle forme des comptes rendus des organisations religieuses qui tombent sous le coup de la loi sur les associations à but non-lucratif. Les leaders de cinq églises protestantes ont déjà envoyé une lettre formulant cette demande au premier vice-premier ministre russe Dmitri Medvedev. Les ecclésiastiques sont indignés par la nécessité de soumettre au Service fédéral d'enregistrement des données sur le nombre de fidèles assistant aux offices, sur le montant des donations, etc.

    "A quoi bon répéter le travail du fisc?", s'étonne le pasteur des chrétiens évangéliques Constantin Bendas. "Nous sommes assez transparents sur le plan financier, nous rendons rigoureusement compte de nos activités aux services fiscaux".

    Les représentants des autres confessions traditionnelles sont également indignés par les innovations gouvernementales et ont l'intention d'exiger l'annulation des nouvelles règles. "L'Eglise orthodoxe russe s'apprête à adresser un message analogue aux organes fédéraux du pouvoir, a reconnu Xenia Tchernega, juriste du Patriarcat de Moscou. Il faut tenir compte des traits particuliers des organisations religieuses, on ne peut les mettre à la même enseigne que les associations à but non-lucratif". Selon elle, le nouveau système des comptes rendus occasionnera de grandes difficultés à l'Eglise orthodoxe russe.

    "Bien entendu, les nouvelles règles constituent une atteinte à la vie intérieure de l'église", a déclaré le rabbin Zinovi Kogan, président du Congrès des communautés et des organisations religieuses juives, soutenant les protestants.

    "Nous nous adresserons au président, car ces mesures de contrôle sont inadmissibles dans les conditions de la démocratie, a indiqué Ravil Gaïnoutdine, président du Conseil des muftis de Russie, qui soutient lui aussi ses collègues. Le rôle de l'Etat est d'enregistrer les organisations religieuses, et non de compter le nombre de croyants assistant aux offices et les sommes d'argent collectées".

    "Ce problème ne pourra pas être réglé par Dmitri Medvedev, a déclaré Andreï Sebentsov, secrétaire responsable de la commission pour les associations religieuses auprès du gouvernement russe, commentant l'initiative des protestants. L'arrêté gouvernemental a été signé en conformité avec la loi sur les associations à but non-lucratif. Il n'y a aucune raison de revoir ce document".

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