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    Revue de la presse russe du 17 avril

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Gazeta.Ru

    Poutine décrète la fusion de deux monopoles pipeliniers

    Le président Vladimir Poutine a signé le décret sur la remise à Transneft de la totalité des actions de Transnefteprodoukt. Pour ce faire TNP est exclu de la liste des entreprises stratégiques. Transneft va ainsi obtenir des fonds supplémentaires pour de nouveaux projets d'envergure, disent les analystes, cependant la fusion de ces sociétés indique clairement qu'il n'y aura jamais d'oléoducs privés en Russie.

    Transneft est un monopole propriétaire et opérateur d'un réseau de transport acheminant 93% du brut extrait en Russie. La société possède 48.700 kilomètres de conduites principales. Son chiffre d'affaires pour les neuf premiers mois de 2006 s'est monté à 147 milliards de roubles (l'euro s'échange contre environ 34,5 roubles) pour un bénéfice net de 50,9 milliards de roubles.

    TNP est monopoleuse dans le domaine du transport des produits pétroliers par conduite. La longueur totale des conduites principales qu'elle possède est de 19.300 kilomètres. En 2005, cette société a réalisé un chiffre d'affaires de 13,9 milliards de roubles pour un bénéfice net de 4,4 milliards de roubles.

    Pour Mikhaïl Kroutikhine, analyste de RusEnergy, cette transaction "traduit les ambitions impériales de certaines forces au Kremlin". "Actuellement Transneft est une des sociétés phares en matière de transparence et de comptabilité, explique-t-il. Après la fusion avec TNP elle gagnera en volume et perdra en souplesse alors qu'elle a déjà du mal à gérer trois grands projets: VSTO, BTS-2 et Burgas-Alexandroupolis".

    Les analystes boursiers ont une approche de l'événement plus optimiste que celle des corporatistes. "D'un côté, pour Transneft TNP est un casse-tête supplémentaire, mais de l'autre c'est une possibilité d'obtenir des fonds supplémentaires, fait remarquer Maxime Chein, analyste de Brokerkreditservis. "Transneft n'est peut-être pas confronté à des problèmes de crédits, néanmoins il a besoin d'une source de financement supplémentaire et c'est TNP qui lui fournira, dit Konstantin Tcherepanov, analyste de la société de placement Rye, Man & Gor Securuities. TNP générera des liquidités qui par la suite seront utilisées par Transneft".

    La fusion des deux sociétés publiques exclura pratiquement toute possibilité d'apparition d'oléoducs privés en Russie. "La consolidation du transport du pétrole et des produits pétroliers est tardive, mais mieux vaut tard que jamais, estime Natalia Miltchakova, analyste de la maison de courtage Otkrytie. La fusion de Transneft et de TNP va muscler le monopole public du transport du pétrole et des produits pétroliers et il ne sera même plus question d'envisager la construction d'oléoducs privés. Ils ne pourront exister qu'en qualité d'embranchements d'oléoducs principaux appartenant à l'Etat.

    Kommersant

    La Russie, alliée secrète de l'Amérique

    Le fait que l'Amérique tente de donner des leçons aux autres n'a rien de nouveau. Le fait que personne n'aime l'Amérique, non plus. La télévision russe montre plus souvent les manifestations antiaméricaines qui se déroulent dans le monde entier que n'importe quelles autres actions de protestation. L'Amérique ne jouit pas d'affection même dans les pays qu'on accuse en Russie de trop aimer les Etats-Unis. L'antiaméricanisme prospère même dans les républiques "orange" de l'ex-URSS. Mais l'Amérique a un allié secret qui ne la laisse pas seule face au monde entier.

    Les Européens vénéraient les valeurs américaines lorsqu'ils craignaient l'URSS. Cette crainte a disparu après l'écroulement de l'Union soviétique. Le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe René van der Linden a carrément déclaré lundi que, si quelqu'un pouvait parler de droits de l'homme, ce n'était certainement pas les Etats-Unis. Les Européens de l'Ouest accueillent froidement presque toutes les initiatives américaines: que ce soit la guerre en Irak, l'adhésion de la Turquie à l'UE ou le déploiement de la défense antimissile.

    On se souvient que l'Europe occidentale a réagi avec méfiance aux révolutions "orange" dans la CEI (Communauté des Etats indépendants). En novembre 2005, Viktor Iouchtchenko et son équipe ont bénéficié du soutien du président polonais Aleksander Kwasnievski, puis de celui des Etats-Unis. L'Europe, elle, a gardé le silence. Il n'y a pas longtemps, un diplomate européen haut placé a affirmé au correspondant du quotidien Kommersant que la Russie était si importante pour l'UE que l'Europe était prête à fermer les yeux sur les pays de la CEI et que les processus démocratiques "orange", quels qu'ils soient, n'intéressaient nullement les Européens.

    Bref, le monde est sur le point de réprouver unanimement l'Amérique. Les actes irrationnels de Washington suscitent partout l'irritation. Mais, quoi qu'il en soit, l'Amérique a un allié secret qui ne la laisse pas seule, un allié dont la politique n'inspire pas moins de crainte à ses amis et voisins que n'en inspire un Washington importun. Et s'il n'avait pas cette attitude agressive disproportionnée à l'égard de ses proches voisins, l'Amérique aurait mérité depuis longtemps la réputation de principal scélérat. Cet ami fidèle secret des Etats-Unis est, bien entendu, la Russie.

    Gazeta.Ru

    Rusal en difficulté en Guinée

    La Guinée veut apporter des changements aux ententes intervenues avec le géant russe de l'aluminium baptisé Compagnie unifiée Rusal (aluminium russe) sur l'extraction de la bauxite dans le pays. Il va falloir accepter de nouvelles conditions, bien que le groupe russe de l'aluminium ait accès à des réserves de bauxite dans d'autres pays d'Afrique et en Australie. Cette situation rappelle un peu la pression subie actuellement par les investisseurs étrangers en Russie.

    Selon Rusal, l'Assemblée nationale guinéenne avait prévu d'examiner le 13 avril l'un des suppléments à l'accord de concession concernant la "Société des bauxites de Kindia" qui ne réglemente que les questions relatives au prix de location d'une partie des équipements. Mais le document a été renvoyé pour révision. "Cela ne se répercute nullement sur l'application de l'ensemble de l'accord de concession conclu en conformité totale avec la législation de la Guinée et qui a été approuvé par le parlement et le gouvernement guinéens", assure un représentant de Rusal.

    Cependant, la situation du groupe de l'aluminium peut s'avérer bien plus difficile. Ces contrats subissent une révision pour la première fois et il se peut que les Guinéens ne s'arrêtent pas là: le gouvernement de ce pays africain a récemment déclaré qu'il allait revoir tous les accords dans le secteur minier.

    Les Guinéens ont toutes les chances de dicter leurs conditions aux étrangers. La Guinée, pays en effervescence, possède les deux tiers de toutes les réserves mondiales de bauxite, matière première principale pour la production d'aluminium. Rusal se résignera probablement au changement des conditions financières de l'accord en faveur des Guinéens, si leurs exigences deviennent réalité, estime Viatcheslav Jabine de BrokerCreditService.

    Mais, à présent, après l'apparition de la Compagnie unifiée Rusal (aluminium russe) (détenue à 66% par Rusal, à 22% par Sual et à 12% par Glencore), la compagnie d'Oleg Deripaska dispose de variantes de réserves. "Depuis la création de la Compagnie unifiée, les livraisons de matière première sont plus diversifiées, affirme Igor Noujdine de la banque Zenit, car la compagnie suisse Glencore possède d'importantes réserves de matière première en Australie et en Afrique. Par conséquent, grâce aux nouveaux actifs, la compagnie a réussi à réduire les risques, c'est pourquoi les pertes économiques en Guinée ne sont plus aussi redoutables pour le géant de l'aluminium russe.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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