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    Revue de la presse russe du 26 avril

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    Russes et Américains invoquent l'ABM pour régler d'autres problèmes

    Les pourparlers que le nouveau secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a eus à Moscou tout comme le litige russo-américain au sujet de l'ABM ont laissé une impression assez étrange. Les uns et les autres pourraient bien être davantage préoccupés par le règlement de problèmes purement internes.

    Selon Alexandre Khramtchikhine, de l'Institut d'analyse politique et militaire, le péril présenté pour la Russie par les missiles antimissiles "polonais" et le radar "tchèque" sera purement virtuel au moins dans une quelconque perspective visible, probablement toujours. On peut dire la même chose en ce qui concerne le danger présenté pour les Etats-Unis par les missiles balistiques iraniens: ici le taux de probabilité de ce danger est de 0,01%. Pourquoi les Américains ont-il besoin de ce système? Comment expliquer l'hystérie russe à propos de cette question?

    Le Kremlin connait pertinemment les véritables intentions de la Maison-Blanche et inversement. En réalité, Washington brandit l'ABM pour effrayer Moscou tandis que celui-ci fait de même en annonçant des "mesures adéquates", pour régler des problèmes tout à fait autres.

    Le Pentagone et le complexe militaro-militaire américain souhaiteraient pouvoir disposer toujours d'autant d'argent qu'aujourd'hui, aussi ont-ils besoin de projets grandioses, qui par la même occasion montrent au contribuable américain qu'ils se soucient de sa sécurité.

    Pour fortifier le régime, les dirigeants russes ont besoin de créer un climat de "forteresse assiégée", aussi dans ce sens l'ABM américaine est-elle pour eux une aubaine rêvée. L'homme de la rue croit volontiers que "la Russie est ceinte de bases militaires américaines", il n'a aucune notion du potentiel réel des Etats-Unis et de l'OTAN, des possibilités techniques de l'ABM américaine et de ses propres forces nucléaires stratégiques.

    Ces derniers temps les parties s'en donnent à coeur joie pour se frapper mutuellement aux endroits sensibles, ce qui leur fait plus mal encore. Elles doivent faire monter les prix et trouver un prétexte pour un échange, et elles y parviennent au moyen de la chimérique ABM. C'est de cet échange que le patron du Pentagone est venu parler à Moscou. Nous ne connaitrons les résultats des négociations que par des signes indirects étant donné qu'ils n'auront aucun rapport avec l'ABM.

    Vedomosti

    La Maison Blanche se consacre à la politique intérieure

    George W. Bush n'en finit pas de perdre son autorité. On compte de moins en moins avec lui, et il commence à faire des compromis sur des questions de principe. Non qu'il devienne un "canard boiteux", mais il s'agit d'une loi du processus politique aux Etats-Unis qui illustre tout l'avantage des élections.

    Au mois de mars, M. Bush échouait dans sa tournée latino-américaine: il n'a pratiquement pas apporté d'argent à ses voisins, et rares sont ceux qui ont pris au sérieux son slogan "l'Amérique est avec vous", surtout au moment où le président vénézuélien Hugo Chavez effectuait une tournée parallèle. Il y a eu ensuite la réaction très réservée à la diatribe munichoise de Vladimir Poutine. La visite à Moscou du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, qui a proposé à la Russie de s'impliquer dans le projet de bouclier antimissile américain, a également été un fiasco.

    Le dossier irakien mine les positions de George W. Bush à l'intérieur même du pays: le Congrès vient d'approuver un projet de loi conditionnant le financement de l'opération en Irak au retrait des troupes. Une autre initiative parlementaire vise à entamer à l'encontre du vice-président Dick Cheney une procédure de destitution pour avoir falsifié les données des services de renseignement sur la situation en Irak en vue de "tromper" les citoyens et le Congrès.

    La rhétorique belliqueuse à l'égard de l'Iran a pratiquement disparu ces derniers temps. M. Bush a même autorisé la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice à ne plus boycotter Téhéran et à entrer en pourparlers avec son homologue iranien Manoucher Mottaki (cette rencontre pourrait avoir lieu lors de la conférence sur l'Irak début mai). La thèse selon laquelle il faut influer sur les intentions de l'Iran tant que celles-ci restent floues semble gagner les esprits à Washington.

    En effet, le président américain a un énorme travail à accomplir sur la scène politique intérieure. La politique étrangère joue un rôle de plus en plus restreint pendant les campagnes électorales américaines. Les gens s'intéressent davantage aux problèmes de l'économie, de la sécurité sociale et des retraites. L'objectif poursuivi par George W. Bush est de laisser la Maison Blanche entre les mains des républicains et de réduire l'écart entre ces derniers et les démocrates au Congrès. Pour cela, il faut garantir la loyauté des "indécis" de la classe moyenne. On estime que les "indécis" représentent 30% à 40% de l'électorat. En outre, c'est la classe moyenne qui apporte une grande partie des cotisations. C'est pourquoi les républicains chercheront à faire preuve de davantage de souplesse, à suivre de près les sondages et à sélectionner minutieusement leur audience ciblée, pourvu qu'ils décrochent un demi pour cent supplémentaire. La Maison Blanche n'a tout simplement pas assez de temps pour s'occuper des initiatives de politique extérieure.

    L'important, c'est la tradition politique. Les Etats-Unis apprécient tellement leurs campagnes électorales que, pour ne pas affecter cette dernière, ils ne commettent pas de démarches brutales en politique étrangère.

    Izvestia

    Mikhaïl Saakachvili poursuit la cause de Mao

    De véritables hungweipings (gardes rouges) ont fait leur apparition en Géorgie. Un groupe d'étudiants enragés a fait irruption dans le bureau du Parti républicain (parti d'opposition). Les étudiants ont qualifié les républicains d'"ennemis du peuple" et d'"agents de la Russie". Ils ont failli en passer aux mains.

    Le lendemain, les jeunes gens qui se sont présentés comme des "représentants des conseils des étudiants" et des "patriotes" ont menacé d'organiser des actions massives de protestation, au cours desquelles les républicains seraient "frappés d'obstruction". L'altercation entre les étudiants et les leaders du parti a été examinée durant près d'une heure au parlement géorgien.

    Le scandale a éclaté après l'émission analytique Postscriptum de la chaîne de télévision Roustavi-2 sur le sort de trois étudiants géorgiens arrêtés en Abkhazie le 1er mars, au cours des élections législatives dans la république autonome rebelle. Au cours de l'enquête, les étudiants ont déclaré qu'ils devaient revenir sur le territoire contrôlé par les autorités de Tbilissi et se faire passer pour des habitants de l'Abkhazie "refusant de participer aux élections organisées par les séparatistes". A Soukhoumi, ils risquent 7 ans de prison.

    L'expert politique Paata Zakareïchvili, invité à participer à l'émission Postscriptum, a supposé que les actions du 1er mars avaient été dirigées par le ministère de l'Intérieur de Géorgie, notamment, par le département de la sécurité constitutionnelle (contre-espionnage).

    - Le scénario a été préparé d'avance. Mais personne n'a pensé à ce qui pouvait arriver à ces enfants, a déclaré Paata Zakareïchvili. Les actions devaient prouver que les Abkhazes ne contrôlaient pas le district de Gali. A mon avis, l'effet est inverse.

    La déclaration de Paata Zakareïchvili a fait grand tapage. Les militants des organisations des étudiants de presque toutes les grandes villes de Géorgie ont exigé qu'il s'excuse "pour avoir offensé les patriotes". Mais les représentants du parti au pouvoir sont allés plus loin. Flétrissant la "position honteuse" de Paata Zakareïchvili, ils ont accusé l'homme politique de "collusion avec les séparatistes", ou peu s'en faut.

    Le parlementaire Nodar Grigalachvili, compagnon de Mikhaïl Saakachvili, a ajouté sa dose de calomnie contre les républicains. Il a cité leurs propositions sur la façon de régler le conflit abkhazo-géorgien, selon lesquelles l'Abkhazie doit s'unir à la Géorgie en qualité d'"Etat souverain" et de "partenaire souverain et égal en droits". Pour les autorités actuelles de Tbilissi, ces idées sont assimilées à de la haute trahison.

    L'opposition accuse le parti au pouvoir d'avoir organisé une "succession de provocations". "Il s'avère que des komsomols agissent parallèlement aux "escadrons de la mort". A noter qu'ils emploient des méthodes typiques pour eux", s'indigne le parlementaire Ivliané Khaïndrava.

    Les "komsomols" de Mikhaïl Saakachvili s'étaient déjà manifestés, par exemple, en organisant des actions de protestation "spontanées" devant l'ambassade de Russie à Tbilissi, ou des marches aux flambeaux en scandant des mots d'ordre patriotiques.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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