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    Revue de la presse russe du 15 janvier

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    Moscou prêt à changer de position vis-à-vis de l'Iran

    La Russie est prête à accepter des formules plus sévères dans la troisième résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur les sanctions contre l'Iran, qui doit être examinée en février 2008 à Berlin, selon des sources diplomatiques, note mardi le journal Nezavissimaïa gazeta.

    Ces sources n'ont d'ailleurs pas précisé si Moscou pourrait compter en échange sur des concessions de la part de l'Occident, notamment sur des questions aussi pointues que le statut du Kosovo ou le déploiement d'éléments du bouclier antimissile américain (ABM) en Europe de l'Est.

    Une intense correspondance est en cours en vue d'échanger des propositions et de s'entendre sur les éléments de la future résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Les informateurs de Nezavissimaïa gazeta ne doutent pas qu'elle sera plus sévère que les deux précédentes. Selon certains experts, ce fait est lié à la déception de Moscou vis-à-vis de Téhéran, qui n'a jamais répondu à sa demande de suspendre, ne serait-ce que provisoirement, ses activités d'enrichissement d'uranium, comme l'exigent les résolutions adoptées par les Nations unies. Un plan de "remise à zéro" du dossier nucléaire a été proposé aux dirigeants iraniens par le président russe, Vladimir Poutine, dans le cadre de sa visite en Iran l'année dernière.

    Jusqu'à récemment, Moscou espérait que les Iraniens feraient des concessions et essayait même de convaincre ses partenaires des Six de louer l'Iran pour sa coopération active avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Mais la Russie n'a jamais reçu de réponse positive à sa demande. C'est pourquoi, estiment les sources diplomatiques, Moscou s'est montré beaucoup moins enthousiaste face aux informations selon lesquelles les Iraniens seraient disposés à régler toutes les questions de l'AIEA relatives à leur programme nucléaire d'ici quatre semaines.

    Gazeta

    Le scandale autour du British Council s'amplifie en Russie

    Les autorités russes s'apprêtent à prendre des mesures "administratives et juridiques" en réponse au refus du British Council de cesser son activité en Russie, lit-on mardi dans le journal Gazeta.

    Les Britanniques affirment que l'interdiction de l'activité du British Council en Russie cache des dessous politiques, ce que les hommes politiques russes démentent. Les experts soulignent que la situation autour du British Council est une importante source de tension dans les rapports entre Moscou et Londres.

    Konstantin Kossatchev, député à la Douma (chambre basse du parlement russe), nommé de nouveau au poste de chef du Comité des affaires internationales de la chambre basse, a souligné que les objections avancées par rapport à l'activité des antennes du British Council étaient d'ordre juridique et financier et qu'elles étaient totalement indépendantes des dernières complications des rapports russo-britanniques, bien que ces complications aient porté cette situation à un point culminant.

    Les antennes du British Council "fonctionnent en tant que filiales, centres culturels des ambassades ou consulats généraux de la Grande-Bretagne dans plusieurs villes russes", a constaté le député. "Conformément à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, les représentations des missions diplomatiques doivent être exemptées d'impôts et des autres perceptions, mais, conformément à cette même convention, elles n'ont pas le droit de se livrer à une activité commerciale ni de créer des entreprises", rappelle Konstantin Kossatchev. Selon lui, ces représentations se livrent à une activité commerciale en aidant les Russes à apprendre l'anglais.

    Ella Pamfilova, présidente du Conseil d'aide au développement des institutions de la société civile et des droits de l'homme qui fonctionne auprès du président russe, a fait remarquer qu'à partir du moment où les structures d'Etat russes avancent des griefs juridiques à l'encontre de cette organisation, tous les contentieux doivent être réglés devant un tribunal. "Il est dommage que le British Council soit victime des différends politiques entre la Russie et la Grande-Bretagne", a admis Ella Pamfilova.

    "Certes, des tensions existent dans les rapports entre les deux pays. La position adoptée par la Grande-Bretagne à l'égard de la politique intérieure et étrangère de la Russie est souvent tendancieuse", a indiqué Alexandre Brod, membre de la Chambre civile, directeur du Bureau des droits de l'homme de Moscou. Cependant, ce défenseur des droits de l'homme craint que ce scandale ne complique encore plus les rapports entre Moscou et Londres. "Nous ne voudrions pas que ce conflit entraîne des sanctions réciproques ou qu'il complique l'obtention de visas", estime-t-il.

    (Références complémentaires: Vremia novosteï et Nezavissimaïa gazeta.)

    Kommersant

    Aéronautique: Alenia Aeronautica acquiert une minorité de blocage de l'ACS

    Le président Vladimir Poutine a autorisé la société italienne Alenia Aeronautica à acquérir 25% plus une action de l'ACS (Avions Civils Sukhoi), lit-on mardi dans le quotidien Kommersant.

    Cette décision n'a aucun précédent dans l'industrie aéronautique russe: pour la première fois, une minorité de blocage d'un constructeur aéronautique russe a été vendue à une société étrangère. Selon les experts, des partenaires étrangers pourraient par la suite rejoindre le consortium qui développe le moteur pour l'avion MS-21 et le holding public Hélicoptères de Russie.

    L'ACS a indiqué que la transaction devrait être conclue vers le milieu de l'été. Alenia rachètera les titres de l'émission supplémentaires, dont les indices n'ont pas encore été déterminés. En août de l'année dernière, dans le cadre de la préparation de la transaction, l'ACS avait déjà triplé son capital social en le portant à 2,22 milliards de roubles (91,372 millions de dollars). Selon Maxime Grichanine, vice-président de l'ACS, Alenia investira avant 2009 près de 200 millions de dollars dans le projet d'avion régional Sukhoi SuperJet100 (SSJ développé par l'ACS).

    Dans le cadre du projet SSJ, Alenia a l'intention d'utiliser ses capacités de production. Cette société avait fourni des fuselages pour les Boeing 717, mais après la cessation de la construction de ces avions début 2006, les Italiens ont dû chercher un nouveau partenaire.

    Il est prévu qu'Alenia mette au point des avions pour des clients étrangers, rééquipe des aéronefs pour l'aviation d'affaires et produise certaines pièces du fuselage.

    En septembre 2007, Alenia et l'ACS ont enregistré la coentreprise SuperJet International au capital social de 15 millions d'euros (Alenia détient 51%). Cette entreprise devra, s'il y a des acheteurs, vendre des SSJ en Europe, en Amérique, en Afrique et en Australie et assurer des services après vente.

    "Il est peu probable que d'autres constructeurs russes puissent proposer aujourd'hui de vendre leur minorité de blocage à des acheteurs étrangers, affirme Oleg Panteleïev, chef du service analytique Aviaport. Cela peut être possible, si un partenaire étranger participe au développement du moteur pour le moyen-courrier russe MS-21". Le bilan de l'appel d'offres pour le choix du concepteur de ce moteur doit être dressé au mois d'août, et c'est après seulement que la formation de consortium sera possible.

    Konstantin Makienko, expert du Centre d'analyse des stratégies et des technologies, ajoute qu'une société étrangère pourra obtenir une minorité de blocage d'une entreprise aéronautique russe lors de la répartition des actions de la compagnie publique Hélicoptères de Russie parmi les investisseurs (prévue pour 2009). Selon des sources dans le secteur proches du quotidien Kommersant, la société italo-britannique Agusta Westland est considérée comme un partenaire potentiel.

    Gazeta.ru

    Une filiale de Gazprom vise 15% du marché irlandais

    Gazprom a fait un nouveau pas dans son expansion sur les marchés européens. A partir de la fin de cette année, de grandes centrales électriques irlandaises seront alimentées en gaz russe, lit-on mardi dans le journal Gazeta.ru.

    De plus, dans les cinq prochaines années, la filiale du géant gazier russe Gazprom Marketing and Trading Ltd a l'intention de conquérir 10 à 15% du marché gazier de l'Irlande, qui importe environ 90% du gaz qui lui est nécessaire. Le marché local n'est pas très important (il est évalué à 2 milliards d'euros), mais Gazprom essaie de profiter de la moindre possibilité pour s'implanter en Europe.

    Selon les experts, l'accès à n'importe quel marché européen du gaz, même petit, serait avantageux pour le holding gazier, d'autant que cette orientation restera prioritaire pour le monopole du gaz dans les années à venir. "Gazprom utilise toutes les possibilités existantes pour s'implanter en Europe. C'est pourquoi des marchés périphériques comme par exemple l'Irlande ou la Serbie intéressent également la compagnie. Même ce genre de présence peut lui permettre d'étendre ensuite sa participation dans des projets énergétiques européens", explique Sergueï Mikheïev, directeur général adjoint du Centre des technologies politiques.

    Les grands pays européens qui se prononcent contre l'expansion de Gazprom s'inspirent souvent de considérations politiques, et non pas économiques, alors que les petits pays manifestent leur intérêt surtout pour les affaires, en reléguant la politique au second plan. "Il y a quelques années, des réformes ont été menées en Irlande, par conséquent, le marché irlandais est actuellement l'un des plus libéraux quant au travail des compagnies étrangères, explique Artem Kontchine, expert de la société Aton. Il n'est pas étonnant que Gazprom se soit empressé de tenter d'en profiter".

    Le prix de cette politique de Gazprom est cependant très élevé: l'accès au sous-sol russe. Le monopole russe du gaz participe avec les sociétés italiennes Eni et Enel au projet commun de création du gazoduc South Stream qui passera directement de Russie en Bulgarie par le fond de la mer Noire. Gazprom est en pourparlers avec Gaz de France sur une activité commune. De plus, en échange d'actifs du gisement Ioujno-Rousskoïe à Iamal, il prévoit d'acheter aux consortiums allemands des parts dans les compagnies allemandes de services communaux, créant ainsi son propre réseau de distribution en Allemagne.

    Izvestia/Gazeta

    Saisie d'actifs russes par Noga: y a-t-il une solution?

    L'histoire presque oubliée des dettes russes envers la firme suisse Noga ont provoqué lundi un important scandale international, rappellent mardi les quotidiens Izvestia et Gazeta.

    Les comptes du ministère russe des Finances, de la Banque centrale, de l'Intendance du Kremlin et d'autres organes d'Etat ont été gelés en France. Des centaines de millions d'euros ont été saisis sur décision d'un tribunal parisien. Pourquoi le gouvernement russe n'arrive-t-il pas à résoudre ce problème depuis des années et se laisse-t-il bafouer par cette compagnie? Izvestia propose sa propre solution, qui consiste à combattre Noga par les méthodes qu'elle utilise contre la Russie.

    La firme Noga, telle une mouche importune, ne cesse d'attaquer la Russie depuis plus de dix ans. Noga agit en justice en vertu d'une décision rendue en 1997 par un arbitrage international de Stockholm, explique l'avocat moscovite Valeri Gouchtcha. Il n'est donc pas étonnant que les tribunaux prennent le parti de cette compagnie.

    Ce ne sont pas seulement des avions, des navires et des tableaux qui tombent sous le coup. Les problèmes avec Noga privent l'Etat russe de dizaines de millions de dollars de revenus potentiels, le ministère russe des Finances n'ayant aucune possibilité d'investir des moyens en provenance du Fonds de stabilisation dans des actions très rentables de compagnies étrangères, de peur que ces actifs ne soient eux aussi saisis. C'est le vice-ministre russe des Finances Sergueï Stortchak qui avait été chargé d'élaborer un mécanisme de protection contre un tel scénario, mais son arrestation (en automne dernier) a suspendu ce processus.

    "Il est étrange que les autorités russes ne fassent rien, s'étonne M. Gouchtcha. Il faudrait annuler les décisions des arbitrages internationaux et non régler les différends dans chaque cas concret de saisie de biens".

    Il est déjà tard pour contester la décision de Stockholm, précise pour sa part l'avocat Albert Eganian, le délai de prescription ayant expiré depuis longtemps. Le juriste s'étonne pour sa part que le gouvernement russe ait dépensé des millions de dollars depuis le début du procès pour payer les services d'avocats, conformément à une facture de la Cour des comptes, et que pourtant rien n'ait été fait.

    Il est extrêmement profitable à certains fonctionnaires russes d'être constamment en procès, explique Andreï Tcherepanov, chef du projet de développement national. Différents consultants touchent des sommes juteuses pour soutenir le pays dans des tribunaux d'arbitrage. Comme la Russie a déjà perdu des moyens énormes en payant ces honoraires, on peut supposer que les consultants partagent les sommes reçues avec les fonctionnaires, a-t-il indiqué.

    Izvestia propose au gouvernement de racheter à vil prix les dettes de la firme Noga, qui se trouve actuellement au bord de la faillite. Selon les experts du journal, elles pourraient être rachetées pour 10% de leur prix nominal. Après avoir obtenu le contrôle de ces dettes, on pourrait mener Noga à la faillite et fermer la compagnie.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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