Ecoutez Radio Sputnik
    Opinion

    La Russie vue par la presse de la CEI et des pays baltes

    Opinion
    URL courte
    0 0 0

     

    ESTONIE

    Les médias continuent à critiquer la décision de Moscou de reconnaître la souveraineté de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, en traçant des parallèles avec le précédent du Kosovo. "Il est évident que la Russie a "fait un Kosovo" en Géorgie. Cette nouvelle est destinée plutôt à l'Occident (surtout aux Etats-Unis) qu'à la Géorgie: nous sommes capables nous aussi de faire ce que vous avez fait! Nous sommes capables et, par conséquent, nous pouvons le faire. La Russie a même réussi à placer l'UE dans une situation telle que les assurances concernant le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie ont retenti d'une manière quelque peu incertaine. En effet, si cela est interdit aujourd'hui à la Russie, pourquoi cela a-t-il été jugé possible pour l'Occident? (Eesti Päevaleht, 03.09).

    Les commentateurs ne voient aucun sens dans la reconnaissance de nouveaux Etats par le Kremlin. "La reconnaissance de l'Ossétie du Sud semble si insensée que même les plus proches alliés de la Russie ne l'ont pas suivie. L'Occident voit dans la guerre de la Russie contre la Géorgie une bataille pour le rétablissement de l'impérialisme russe, dans laquelle les Ossètes sont utilisés comme des pions. Cependant, en se rendant à Vladikavkaz et à Tskhinvali, on voit que les Ossètes manifestent aussi une grande activité politique. Les intérêts de Tskhinvali et de Moscou concernant l'extension des territoires coïncident entièrement". (Eesto Päevaleht, 04.09).

    LETTONIE

    Les journalistes sont affligés aussi bien par le comportement des autorités lettones, qui ont sensiblement baissé le ton après une période de rhétorique antirusse abondante, que par celui des "vieilles démocraties" européennes qui, au cours du sommet extraordinaire de l'UE, ont préféré oublier leurs intentions de prendre des sanctions à l'encontre de "l'agresseur". "Seul un aveugle aurait pu ne pas remarquer les changements évidents survenus à la veille du sommet de Bruxelles dans les têtes des premiers personnages du pays. Durant tout le mois d'août, ils avaient employé une rhétorique antirusse, mais ils ont tout à coup baissé d'un ton et, en envoyant le premier ministre Ivars Godmanis à Bruxelles, ils lui ont remis une déclaration tout à fait stérile. Au dernier moment, la Lettonie a tout simplement rejoint les positions modérées de la "vieille Europe". [...] L'UE a, en fait, reconnu qu'elle était incapable d'influer sur la Russie, de quelque manière que ce soit. La principale punition contre la Russie est la décision de l'UE de reporter les négociations visant à arriver à un nouvel Accord de partenariat et de coopération avec Moscou, ce qui est plutôt un fait positif qu'une punition". (Telegraph, 03.09). "Le sommet a abouti [...] à un compromis suivant le principe "essayons de faire bon ménage". Le rugissement des "lions" britanniques, polonais et baltes a été endormi par le ronronnement de vieux grands "chats" européens rusés." (Biznes & Baltia", 03.09).

    D'ailleurs, certains analystes ont décelé dans les décisions du sommet une politique astucieuse des Européens qui ne se sont pas soumis à Moscou, mais qui ont raisonnablement mis fin à la montée de la tension. En perspective, la Russie devrait capituler devant la diplomatie européenne expérimentée. "Si, après ces événements, la Russie ressent le "goût du sang", elle essaiera de profiter de l'impuissance de l'Europe. Il ne faut surtout pas que la Russie se sente impunie. Cependant, cela n'a aucun sens de prendre des sanctions inefficaces. Tout d'abord, l'Europe doit former une politique énergétique commune en vue de réduire sa dépendance vis-à-vis de Moscou. [...] Les leaders européens ont employé le langage diplomatique et les instruments diplomatiques afin que l'élite russe comprenne que, si cela continue, les intérêts économiques des groupes proches du Kremlin en pâtiront. L'essentiel n'est pas de prendre immédiatement telles ou telles sanctions, mais d'élaborer et de choisir des "sanctions intelligentes" qui causeront un préjudice à des personnalités et groupes influents concrets. [...] Ces "sanctions intelligentes" demandent du temps, elles ne sont pas toujours annoncées au cours des réunions des leaders de l'UE qui s'entendent en catimini sur certaines mesures à prendre au niveau national". (Diena, 03.09).

    LITUANIE

    Selon les analystes, l'Occident est voué à une confrontation éternelle avec la Russie, dont il n'a pas su arracher à temps les crocs impérialistes. "La Russie ne peut être qu'un empire. Après un "repos" bénévole et à moitié forcé, la Russie fait son retour dans l'arène internationale. Dans les années 1990, l'Occident a raté une bonne occasion de neutraliser définitivement le "danger russe", car la Russie actuelle (avec ses dimensions, ses ressources énergétiques etc.) ne peut être qu'un empire. Ressentant sa force raffermie par les pétrodollars, elle a essayé de défendre ses intérêts. Le régime autoritaire qui s'est instauré en Russie est le résultat logique du retour à l'esprit et à la politique impérialistes". (Veidas, 05.09).

    Les experts soulignent que les Européens parlent toujours beaucoup, mais qu'ils ne font rien de concret en vue de punir Moscou qui a dépassé toutes les bornes. "L'antioccidentalisme et le nationalisme règnent à nouveau sur le Kremlin, pourtant, l'Occident s'obstine à ne pas le remarquer, en essayant de s'entendre avec Medvedev et Poutine. Les leaders de l'UE ne font que se creuser la cervelle pour arriver à ce qu'on pense qu'ils ont puni la Russie. Il semble que l'Occident n'ait toujours pas trouvé le moyen de répondre au défi lancé par Moscou". (Vilnius diena, 06.09). "Ce ton paisible évitant toute condamnation de l'intervention de la Russie en Géorgie [...] sera interprété à Moscou comme une victoire diplomatique russe et peut entraîner une nouvelle agressivité et une menace pour d'autres voisins. Au cours du sommet extraordinaire du 1er septembre, les dirigeants de l'Union européenne ont été plutôt enclins à faire preuve d'une unanimité de façade". (Atgiminas, 06.09).

    Une interview de représentants de la diaspora ossète de Lituanie a mis en évidence l'approche unilatérale adoptée par les médias républicains par rapport au conflit en Transcaucasie. "On tue des gens, mais personne n'en parle. [...] On extermine notre peuple, mais la Géorgie est considérée comme "bonne". [...] Quelle est cette guerre, où l'on coupe la tête même aux cadavres? Mikhaïl Saakachvili a tué des gens qui, selon lui, appartenaient à la Géorgie. [...] Le plus étrange est qu'en prétendant que la Russie bombarde soi-disant la ville (géorgienne) de Gori, toutes les chaînes de télévision montrent, en fait, les Géorgiens bombardant Tskhinvali (capitale de l'Ossétie du Sud). Nous connaissons bien notre ville. Gori et Tskhinvali sont des villes tout à fait différentes". (Respublika, 06.09).

    BIELORUSSIE

    La discussion sur la coopération militaire avec la Russie a repris. La majorité des spécialistes réagissent négativement aux intentions de Moscou et de Minsk de créer prochainement un système de DCA commun et déclarent que cela remet en cause l'avenir de la Biélorussie en tant qu'Etat indépendant. "L'indépendance de la République de Biélorussie ne sera plus que formelle, et il pourrait ne rester qu'un "corridor biélorusse" stratégique aux abords de Moscou. [...] Pourquoi devrions-nous défendre non pas notre propre Etat, mais les richesses naturelles russes avec lesquelles nous n'avons absolument rien à voir? La Russie serait-elle un garant indiscutable de l'existence de la Biélorussie en tant qu'Etat indépendant? Je crains que ce ne soit le cas d'ici peu". (Telegraph, 08.10).

    Les auteurs de la presse d'opposition sont indignés par la politique du Kremlin qui entraîne ouvertement la Biélorussie dans une nouvelle guerre froide avec l'Occident, qui risque de déboucher sur un affrontement armé réel. "La période des jeux autour de l'Union Russie-Biélorussie a pris fin. Il est temps de payer l'addition. Les Américains installent leur "bouclier" en Pologne. La Russie transfère ses missiles sur les routes de Biélorussie afin de les installer en face de ces ouvrages. La Biélorussie bâillonnée avance, en chancelant, les mains liées, devant ces missiles. Tout se passe selon les "traditions héroïques", quand des troupes étrangères se sont protégées en poussant devant elles une population qui n'est pas, en règle générale, celle de leur pays. Compatriotes, aux côtés de qui allons nous mourir? Aux côtés de l'OTAN ou de la Russie? Aux côtés des Russes, peut-être, comme nous en avons déjà l'habitude. Mais pourquoi ne choisirions-nous pas la vie?" (Belorousski partizan, 05.09).

    UKRAINE

    Les politologues affirment qu'après sa "provocation" en Transcaucasie, Moscou viole grossièrement les ententes intervenues au cours des rencontres avec les représentants de l'UE. "Il semble que la Russie trompe peu à peu l'UE dans le règlement du conflit sud-osséto-géorgien, déclenché selon son propre scénario. Peut-on parler de l'accomplissement par Moscou du point 6 du plan Medvedev-Sarkozy prévoyant le début d'une discussion internationale sur le futur statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, alors que la Russie a reconnu l'indépendance de ces régions appartenant à la Géorgie?! Comment la communauté européenne peut-elle croire un partenaire qui signe un document en sachant d'avance qu'il ne le respectera pas? Quel Etat peut accepter une condition, selon laquelle des troupes étrangères seront déployées sur son territoire? D'autant que ces troupes, sous couvert de zones de sécurité sur le territoire géorgien, doivent être envoyées par l'Etat qui prétend au statut de superpuissance et qui a, de fait, livré une guerre à la Géorgie?" (Den, 09.09).

    MOLDAVIE

    Les analystes estiment que le conflit avec la Géorgie est, pour la Russie, un prélude à une grande guerre contre l'Occident en vue d'arriver à la domination dans l'arène mondiale. Les médias de l'opposition estiment que les ex-républiques soviétiques, y compris la Moldavie, seront les cibles les plus proches du Kremlin. "La stratégie des Russes n'est pas défensive, ils ont l'intention non seulement d'arrêter l'Occident, mais aussi de saper considérablement sa force pour, profitant de cette faiblesse, prendre le dessus. [...] La Russie tentera de mettre la main sur la Crimée en recourant, entre autres, à la force, de démembrer l'Ukraine, en conservant un poste avancé en Transnistrie, et d'assurer ses arrières dans le Caucase en annexant deux républiques séparatistes en Géorgie. Ensuite, ce sera le tour de l'Europe occidentale qu'elle tentera de mettre à genoux au moyen du chantage énergétique, en encourageant les contradictions intérieures et en usant de subornation". (Jurnal de Chisinau, 09.09).

    Selon les médias, les hommes politiques moldaves se servent de nouveau du conflit en Transnistrie dans des buts électoraux. "A présent [...] tout le monde s'est souvenu du conflit "gelé" en Transnistrie et se presse pour "sauver le pays". Ils jouent à nouveau la carte électorale russe". (Nezavissimaïa Moldova, 05.09).

    Les médias invitent activement l'Europe et les Etats-Unis à prendre conscience du danger pour la paix et à prendre des mesures préventives contre la Russie. "Il faut imposer au Kremlin des règles du jeu précises en matière de vente de gaz et de pétrole. Les moyens d'exercer une forte pression sur la Russie ne manquent pas. Ce pays qui n'a pas d'autres recettes importantes que celles provenant de la vente de matières énergétiques à l'Europe peut être tenu en bride en employant des moyens économiques. Pour cela, il faut juste que l'Occident fasse preuve de volonté, de caractère et de solidarité". (Jurnal de Chisinau, 09.09).

    ARMENIE

    Les médias citent les propos d'un expert qui estime que l'agression de Tbilissi contre Tskhinvali a été avalisée par Washington. Il affirme également que la victoire militaire remportée sur la Géorgie s'est avérée une défaite politique pour la Russie. "Les actions de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud ont certainement été avalisées par les Etats-Unis. [...] Ni M. Saakachvili, ni ses protecteurs américains n'ont pris en considération le fait que la Russie ne pouvait pas reculer, car les années précédentes ont montré que, si la Russie est un Etat aux ambitions impérialistes, alors elle ne doit plus faire preuve de mollesse, estime M. Zolian, recteur de l'Université linguistique Brioussov d'Erevan. La Géorgie a essuyé une défaite militaire foudroyante, car son armée créée par les Américains selon le modèle de l'OTAN a été neutralisée par les militaires russes qui ont essuyé des pertes minimales. Cependant, sur le plan diplomatique, la Russie a subi incontestablement une défaite, car les autorités russes n'ont pu empêcher la réaction internationale négative à leurs actions contre la Géorgie". (IA ArmInfo, 08.09).

    GEORGIE

    Dans l'ensemble, les experts évaluent positivement les résultats du sommet extraordinaire de l'Union européenne, tout en soulignant que la Géorgie attend de l'UE des mesures plus fortes à l'égard de la Russie. "Le sommet a fait le maximum de ce qui était possible. Quelque chose d'efficace et d'acceptable pour nous n'est envisageable qu'au niveau bilatéral. L'Europe a acquis une riche expérience en matière de relations avec la Russie, c'est pourquoi elle sait que les déclarations publiques sévères à l'encontre la Russie n'apporteront rien, au contraire, elles seront plutôt contre-productives. Pour l'instant, l'Allemagne ne s'opposera pas à la Russie au niveau bilatéral, mais elle pourrait rejeter le projet de gazoduc qui doit relier les deux pays. S'il le faut, la Suède rejettera également ce projet. La Suède craignait que la Russie ne l'utilise à des fins d'espionnage". (Pankisi.info, 03.09).

    Selon les commentateurs, les événements en Ossétie du Sud ont déjà commencé à se répercuter négativement sur l'économie russe. "Dans un avenir proche, la Russie ne pourra pas s'attendre à d'importants investissements en provenance d'Occident. [...] Le fait que l'Union européenne n'ait pas pris de sanctions ne signifie nullement que ces sanctions n'existent pas ou qu'elles ne fonctionnent pas. Rien que les discussions animées à leur sujet se sont avérées suffisantes pour que des capitaux supplémentaires fuient le marché russe. Par conséquent, les appels qui ont retenti et les débats publics à ce sujet qui se sont poursuivis pendant plusieurs jours ont déjà joué leur rôle. Ensuite, on peut prévoir avec une probabilité encore plus grande aussi bien, d'une part, le blocage des sanctions sévères à l'encontre de la Russie que, de l'autre, l'échec de toutes les initiatives qui pourraient susciter un adoucissement dans les rapports entre l'Europe et notre voisin du Nord. En témoigne nettement l'ajournement sine die des négociations sur l'accord cadre entre la Russie et l'UE et l'abandon de l'idée de simplifier le régime des visas". (24 saati, 05.09). "On a beau affirmer que la chute des indices à la bourse des valeurs russes n'est que le résultat de la conjoncture défavorable dans l'économie mondiale et qu'elle ne dépend absolument pas de la politique de la Russie dans le Caucase, [cela ne prend pas]. [...] L'UE, principal consommateur de ressources énergétiques russes, fera tout son possible pour se débarrasser de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie". (Georgia Online, 07.09).

    AZERBAIDJAN

    Les médias critiquent la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, en affirmant que personne n'y a rien gagné. "Alors que la Russie est restée seule dans l'arène internationale à la suite de sa reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud séparatistes, elle éprouve des difficultés, entre autres, en ce qui concerne le soutien de la part de ses alliés traditionnels". (525e gazeta, 03.09). "Une question se pose: qu'ont en fait obtenu les Abkhazes et les Ossètes du Sud à la suite de la réaction ferme de la Russie? "Ni les uns, ni les autres n'ont obtenu, et n'obtiendront jamais, probablement, de passeports "valables", de statut légal permettant de développer les contacts internationaux avec n'importe quel pays du monde, outre la Russie". (Echo, 04.09).

    Les médias estiment que Moscou vise à retrouver l'influence de l'URSS, qu'il représente une menace aussi bien pour les ex-républiques soviétiques que pour les pays occidentaux. "La Russie veut déclarer qu'elle rétablira l'ancien prestige de l'URSS en tant que "maître" et qu'elle possède un potentiel suffisant pour cela. La cause de cette politique agressive réside dans un certain affaiblissement de l'Occident. Profitant de la situation mondiale, la Russie essaie de rétablir l'URSS et agit à partir des positions d'un empire". (Azadlyg, 03.09). "Les dirigeants russes emploient la méthode éprouvée de la carotte et du bâton. A l'égard des pays d'Asie centrale et de l'Azerbaïdjan, le Kremlin emploie surtout la carotte. En tout cas, il promet d'acheter du gaz naturel aux prix mondiaux. Ceux qui empêchent ces nobles élans reçoivent des coups de fouet. [...] Au Proche-Orient, la Russie fait tout son possible en vue de rétablir certaines positions antérieures pour presser l'Amérique, seule superpuissance dans la région". (Shlomo Ben-Ami, vice-président du Centre international pour la paix (Espagne), (Zerkalo, 03.09).

    KAZAKHSTAN

    Les journalistes estiment que le maintien de bons rapports avec le Kazakhstan est très important pour le Kremlin qui n'a pu trouver, depuis la chute de l'URSS, de moyen de défendre ses intérêts nationaux dans la confrontation avec l'Occident tout en évitant d'entrer dans des conflits. Mais Moscou ne peut pas lutter seul pour ses intérêts contre une coalition d'Etats certes bigarrée, mais très grande. Il lui faut des alliés. La Chine n'accepte que la poursuite de la coopération économique. La Biélorussie est une balle dont le centre de gravité est déplacé: il est impossible de deviner comment elle se conduira. L'Arménie est un Etat de la catégorie des poids-légers géopolitiques. Seule Astana reste un allié réel". (Zona KZ, 04.09).

    Les experts reconnaissent que le soutien à la politique étrangère russe est important pour les milieux dirigeants du Kazakhstan. "Dans le contexte des nouvelles réalités internationales, la seule alternative à l'alliance avec la Russie qu'a le Kazakhstan est l'adhésion à la coalition antirusse et le rôle peu enviable de "poste avancé". Prenant en considération la situation géographique de l'Occident et de Moscou, cette variante est certainement fâcheuse. Dans ce contexte, on ne peut parler que d'une alliance des élites au pouvoir dans les deux pays. Ce sont elles qui recevront, en premier lieu, les dividendes. En ce qui concerne la Russie, elle reçoit plusieurs atouts géopolitiques: le calme sur son flanc stratégique et une position nettement prorusse du Kazakhstan dans l'arène internationale". (Zona KZ, 04.09).

    Les commentateurs rattachent le sujet de l'élargissement de l'OTAN par l'admission d'anciennes républiques soviétiques aux perspectives du développement des rapports entre les Etats en Asie. Le degré de pondération de la politique de la Russie en Orient sera fonction de la capacité de l'Occident à ne plus détériorer les rapports avec Moscou. "L'admission de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN placera automatiquement la Russie dans une situation désespérée. Dmitri Medvedev n'aura d'autre alternative que d'intensifier ses efforts dans le cadre de l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai) ou de l'OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) en vue de créer un bloc militaire et politique alternatif. Tant que la question de leur admission à l'OTAN restera "suspendue", le président russe disposera d'un champ de manoeuvre et n'ira pas vers une confrontation dure avec l'OTAN". (Gazeta.kz, 03.09).

    Certains spécialistes affirment qu'en Ossétie du Sud, les Etats-Unis ont sondé le terrain par l'intermédiaire d'autrui afin de comprendre quelles mesures pourrait prendre la Russie dans une situation critique. D'après eux, la tentative suivante sera faite en Abkhazie. "Tbilissi a, en fait, confirmé son désir de prendre sa revanche. [...] Il ne s'agit pas seulement d'une nouvelle provocation pour "irriter" la Russie, mais d'une véritable préparation de l'Occident à une nouvelle guerre dans le Caucase, qui sera menée par la Géorgie. Les prochaines hostilités auront lieu en Abkhazie. Quelques jours suffisent pour comprendre quel est le potentiel de combat de l'armée russe dans le Caucase. C'est pourquoi la nouvelle opération militaire des Etats-Unis en Abkhazie, lancée par l'intermédiaire de la Géorgie, sera assez courte. Elle pourrait commencer très bientôt". (KKB.kz, 04.09).

    OUZBEKISTAN

    L'appel de Dmitri Medvedev à reconnaître la souveraineté de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud a suscité une réaction très négative des médias. "Les homologues du leader russe dans l'étranger "proche" (anciennes républiques soviétiques) restent, pour la plupart, indifférents. La communauté internationale qui se veut civilisée ne déclenchera pas une troisième guerre mondiale pour défendre les ambitions d'un Géorgien qui parle anglais". (UzMetronom.com, 27.08).

    TADJIKISTAN

    En ce qui concerne les événements en Ossétie du Sud, les médias accusent l'Occident de doubles standards. "En attaquant l'Ossétie du Sud, la Géorgie a violé le droit international et les principes humanitaires et moraux. Personne, sauf l'armée russe, n'a pu défendre les Ossètes et faire échouer le plan de la Géorgie visant à occuper l'Ossétie du Sud. [...] La politique occidentale emploie des doubles standards à l'égard du conflit autour de l'Ossétie du Sud. La séparation du Kosovo et la proclamation de son indépendance avait été reconnue par la majorité des pays occidentaux, mais ils considèrent l'attaque de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud comme une mesure visant à rétablir l'ordre constitutionnel de la Géorgie". (Biznes i politika, 28.08).

    Les analystes préconisent l'extension de l'OCS par l'admission de l'Iran, car le partenariat stratégique avec Téhéran peut modifier radicalement tout le tableau géopolitique du monde contemporain. Selon eux, l'alliance hypothétique entre Moscou et Téhéran sera capable de "mettre tout l'Occident à genoux". "La Russie possède tout un arsenal de possibilités de créer des contrepoids équilibrés aux projets agressifs des Etats-Unis et de l'OTAN visant à "l'évincer" de l'Europe et de l'Asie à l'aide de leurs satellites, à l'instar des régimes dociles de la Géorgie, de l'Ukraine et d'autres pays. La révision éventuelle par la Russie de sa politique étrangère à l'égard de l'Iran pourrait être une véritable bombe, ce qui suscite la crainte des Etats-Unis, de l'OTAN, et surtout d'Israël. De nouveaux rapports d'alliance avec Téhéran signifieraient le déploiement d'au moins deux bases militaires dans les régions stratégiques de l'Iran. Compte tenu des nouvelles circonstances, la Russie pourrait accélérer le processus d'admission de l'Iran à l'OCS en qualité de membre à part entière". (Vetcherni Douchanbe, 28.08). "Ahmadinejad espère que son pays deviendra membre à part entière de l'OCS en juin prochain à Ekaterinbourg, où se tiendra le IXe sommet de l'organisation qui sera présidé par la Russie. Cependant, l'Iran participe déjà activement à ce processus en proposant à l'OCS d'introduire dans la zone de sa responsabilité sa propre monnaie unique et de créer une banque qui investirait dans les projets économiques de la région". (Sobytia, 04.09).

    Lire aussi:

    La guerre des 5 jours en Ossétie du Sud: «la Russie a obtenu le plus important, la paix»
    «Si l'Occident avait dit stop à Saakachvili, la guerre n'aurait pas eu lieu»
    Les chars américains sont toujours en Géorgie: août 2008 n'a pas servi de leçon
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik