Ecoutez Radio Sputnik
    Opinion

    Revue de la presse russe du 13 novembre

    Opinion
    URL courte
    0 1 0 0

    Moscou, RIA Novosti. Le président cherche un soutien à sa décision de moderniser la société / Les rapports entre la Russie et l'UE ont besoin d’un "redémarrage" autant que les rapports avec les Etats-Unis / Apparition éventuelle d'un nouvel acteur sur le marché international des télécommunications / Achkhabad construit son propre South Stream en contournant la Russie

    Gazeta.Ru et Vedomosti
    Le président cherche un soutien à sa décision de moderniser la société

    Les projets de modernisation exposés dans le message du président Dmitri Medvedev à l'Assemblée fédérale (parlement) ne correspondent pas à son diagnostic de l’état du pays, lit-on vendredi dans les quotidiens Gazeta.Ru et Vedomosti.

    Le diagnostic général est très lourd (la modernisation est une "question de survie"), le traitement proposé est local et homéopathique.

    Le deuxième message du président Dmitri Medvedev a été le premier de toute l'histoire du genre par sa longueur et le plus original par sa méthode. Après son article "Russie, en avant!" et l'examen des répercussions, le "résumé" est enfin présenté comme un document annuel prescrit par la constitution, et qui est, cette-fois-ci, très concret.

    Selon le critique politique Gleb Pavlovski, "ce message de Dmitri Medvedev est adressé, entre autres, au gouvernement et à Vladimir Poutine". En effet, ce discours adresse des consignes au pouvoir exécutif et comporte même l'énumération d'articles et de services concrets: de la qualité requise des systèmes de missiles Iskander à l’élargissement de l’accès Internet et à la construction de "bâtiments intelligents" pour les écoles.

    Le choix de nouveaux destinataires du document semble raisonnable: dans le système politique actuel que Dmitri Medvedev n'a apparemment pas l'intention de changer, le parlement ne peut être considéré comme un véritable sujet, car il est, en fait, un bureau légalisant les décisions déjà prises.

    En réalité, l'auditoire est le principal problème de Dmitri Medvedev. Il se peut qu'il existe au Kremlin une équipe de partisans du président prêts à faire avancer la Russie en avant, en abandonnant les considérations conjoncturelles, mais nous n'en savons rien. Pour l'instant, un soutien politique a été proposé à Dmitri Medvedev par le KPRF (parti communiste), pour la première fois de toute l'histoire de la Russie postsoviétique. Cela signifie que les parlementaires communistes ont conscience de la solitude du président. Rendant hommage à leur réaction instantanée, il est impossible de ne pas considérer cet état des choses comme un symptôme alarmant. Il est douteux que leurs buts et leurs tâches coïncident avec les aspirations du président: il s'agit plutôt du désir de retirer un avantage politique momentané.

    Qui d'autres? Les observateurs bienveillants font remarquer que les mots "expertise" et "experts" sont souvent employés dans le message. Mais, tout en respectant les technocrates jubilant à ce propos, il est impossible de se représenter les experts comme une force politique prête à soutenir Dmitri Medvedev.

    Kommersant
    Les rapports entre la Russie et l'UE ont besoin d’un "redémarrage" autant que les rapports avec les Etats-Unis

    Le fait que la récente rencontre à Genève sur les problèmes du Caucase du Sud n'ait abouti à rien, ne peut être qualifié d'un événement. Je suis certain que les rencontres suivantes auront, très vraisemblablement, le même "résultat", lit-on vendredi dans le quotidien Kommersant.

    Les négociateurs prennent calmement le café, puisque leurs positions sont irréconciliables. Les représentants géorgiens et européens examinent n'importe quel problème du point de vue d’une Géorgie indivisible. Et leurs opposants, du point de vue d’une Ossétie du Sud et d'une Abkhazie indépendantes. Quel que soit le texte soumis à l'ordre du jour, les parties le liront différemment. Les uns parlent de la nécessité de la présence des observateurs de l'Union européenne en Géorgie, estimant que l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie appartiennent à la Géorgie. La Russie s'en réfère à la volonté des autorités des républiques indépendantes reconnues par elle. Ces autorités estiment que les observateurs occidentaux mijotent un mauvais coup, ce qui n'est pas surprenant, si l'on se souvient du tapage par les médias européens et américains avant, pendant et après les actions militaires.

    L'Union européenne a fait, semble-t-il, tout son possible. Le principal pacificateur occidental a été le président français Nicolas Sarkozy. Enfin, la commission de Mme Tagliavini a désigné le fomenteur de ces événements: le président géorgien Mikhaïl Saakachvili. Il ne resterait à l'Union européenne qu'à reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, ce qui est impossible. Les autorités de ces républiques ne renonceront pas à l'indépendance et la Russie ne peut faire marche arrière. Cette contradiction principale restera même si l'on imagine que les observateurs de l'UE font leur apparition en Ossétie du Sud et en Abkhazie.

    La Russie parle de modernisation au niveau le plus élevé. Dans cette situation, nos contacts avec l'Union européenne s'avancent au premier plan. Les rapports avec Bruxelles ont besoin d’un "redémarrage" autant que ceux avec les Etats-Unis. Les résultats des négociations à Genève, exerceront-ils une influence sur ce "redémarrage"? Ces derniers temps, les membres influents de l'UE n'éprouvent aucune sympathie pour Saakachvili. Et la révision des rapports entre Moscou et Bruxelles suppose, entre autres, la reconsidération des priorités. Cela étant, je ne crois pas qu’un "approfondissement de la compréhension" à Genève empêche le rapprochement des positions de la Russie et de l'UE sur des problèmes aussi importants que l'énergie ou la sécurité européenne.

    Auteur: Mikhaïl Marguelov, président du Comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).

    RBC daily
    Apparition éventuelle d'un nouvel acteur sur le marché international des télécommunications

    Au moment où Dmitri Medvedev invitait l'Assemblée fédérale (parlement) à moderniser la Russie de fond en comble, Alexeï Reznikovitch, le PDG de l'agence russe Altimo qui gère les actifs des télécommunications du consortium Alfa Group, a parlé d'une nouvelle transaction historique dans l'industrie des télécommunications, lit-on vendredi dans le quotidien RBC daily.

    Après la fusion de VympelCom et de Kievstar annoncée il y a un mois, Alfa a proposé à la compagnie scandinave TeliaSonera de créer un nouveau géant des télécommunications sur la base du russe MegaFon et du turc Turkcell. Il est à noter que les nouveaux partenaires principaux d'Alfa étaient en septembre ses ennemis jurés.

    Comme l'affirment des sources de RBC daily, cette transaction réalise le rêve caressé depuis longtemps par le gouvernement de créer une compagnie globale qui soit une "pièce de choix" pour les investisseurs internationaux  Après l'échec des tentatives de "sauver" Opel et, avant cela, d'obtenir l'accès aux technologies aérospatiales européennes avec l'acquisition de 5% des actions d'EADS, l'Etat avait besoin d'une industrie qui soit  moins "cassée" et "abîmée" par la situation économique instable. Les télécommunications sont ce qui convient le mieux. Le président d'Alfa Group Mikhaïl Fridman a été invité à une rencontre au Kremlin avec Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev en vue de "débattre des questions brûlantes".

    "Le Kremlin juge nécessaire de régler le plus vite possible les conflits avec Telenor et TeliaSonera, car ils ont un effet négatif sur l'image de la Russie en Occident, fait savoir à RBC daily une source proche d'Alfa Group. Selon le chef de l'Etat, tous ces litiges auraient diminué l'attrait de la Russie des pour les investisseurs, surtout en période de crise, lorsque le gouvernement a besoin de capitaux étranger".

    Selon la même source, la fusion des compagnies contrôlant VympelCom, Kievstar, MegaFon et Turkcell, permettrait par la suite à l'Etat d’avoir un important opérateur de téléphonie mobile couvrant à la fois la Russie, la CEI (Communauté des Etats indépendants) et l’Asie.

    Cette variante est particulièrement attrayante pour le Kremlin, car les actionnaires des quatre compagnies sont intéressés par l'expansion sur les marchés émergents, en premier lieu en Asie et en Afrique. "Le gouvernement a l'intention d'essayer de créer un important acteur international des télécommunications, un grand opérateur de l'Eurasie. D'autant plus qu'il s'agit d’affaires dans le domaine des hautes technologies", affirme une source au courant des transactions.

    La seule chose qui puisse assombrir la joie de Mikhaïl Fridman à l’idée de ces deux transactions, c'est l'exigence des autorités russes que toutes les décisions fondamentales des compagnies unifiées soient prises en Russie.


    Nezavisimaya gazeta
    Achkhabad construit son propre South Stream en contournant la Russie

    Le Turkménistan ne considère plus le géant russe Gazprom comme un partenaire sûr et met en œuvre de nouvelles directions pour l’exportation de ses hydrocarbures, lit-on vendredi dans le quotidien Nezavisimaya gazeta.

    En décembre sera mis en exploitation la deuxième branche du gazoduc Turkménistan-Iran, qui permettra d’augmenter l’exportation en Iran de 8 à 14 milliards de mètre cubes de gaz, puis – à 20 milliards. La construction du gazoduc Turkménistan-Ouzbékistan-Kazakhstan-Chine est en voie d’achèvement. Les experts pensent que Moscou peut rester calme: le gaz turkmène arrivera à peine jusqu'à l’Europe.

    Le Turkménistan extrait près de 80 milliards de mètres cubes de gaz par an. Avant la crise Gazprom en achetait près de 50 milliards. Après l’explosion d’avril sur la partie turkmène du gazoduc Asie Centrale – Centre et la suspension des livraisons de gaz en Russie, Achkhabad a commencé à résoudre les problèmes sur la diversification des routes du transit de gaz aux marchés mondiaux.

    «Pour le Turkménistan, la décision de livrer une partie considérable de gaz à l’Iran est devenue une obligation depuis le mauvais tour joué à Achkhabad par Gazprom en avril en refusant d’acheter le gaz turkmène», - estime le partenaire du groupe de consulting RusEnergy Mikhaïl Kroutikhine.

    Pour l’instant la réalisation du projet iranien ne présente pas de menace particulière pour la Russie, estime le directeur de l’Institut de l’énergie nationale Sergueï Pravossoudov. En prenant compte qu’à cause de la crise la demande de gaz et ses prix ont considérablement baissé, la diversification turkmène dans le domaine de l’exportation de son gaz ne change pas la situation de Gazprom. «Pour la Russie il est important que le gaz turkmène n’aille pas en Europe», - a souligné l’expert.

    Les experts considèrent comme peu probable que le gaz turkmène via les gazoducs de l’Iran puisse remplir le gazoduc européen Nabucco. Selon la législation actuelle seule le gouvernement peut posséder du pétrole et du gaz sur le territoire de l’Iran, a rappelé Kroutikhine. Donc les turkmènes seront obligés de vendre tout leur gaz de transit à la frontière ce qui est très désavantageux, et il est très douteux qu’ils le fassent. Pravossoudov dit que l’adhésion de l’Iran à Nabucco ne sera pas acceptée par les Etats-Unis, donc la voie en Europe contournante la Russie et la région Caspienne pour le gaz turkmène reste encore fermée.

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

    Lire aussi:

    La Russie et l’Inde pourraient lancer un projet gazier d’envergure
    «S'allier avec les USA fut la plus grande erreur de la Géorgie»
    Les USA cherchent à contrôler le réseau gazier en Europe
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik