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    Revue de la presse russe du 1er décembre

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    La Russie prétend au rôle d’idéologue du nouvel ordre mondial/ Moscou dément les informations sur le lancement de la centrale nucléaire de Boushehr en mars prochain/ Poutine souhaite que le spatial russe devienne compétitif sur le marché mondial/ L'État renforcera le contrôle dans le secteur bancaire

    Vedomosti

    La Russie prétend au rôle d’idéologue du nouvel ordre mondial

    Le projet de Traité de sécurité européenne proposé par Dmitri Medvedev ne concerne pas que l’Europe, lit-on mardi dans le quotidien Vedomosti.

    Moscou a proposé de signer un traité avec « tous les Etats de l’espace euro-atlantique et euro-asiatique, de Vancouver à Vladivostok ». La Russie a ainsi rappelé les paroles de Jean-François Thiriart sur « l’Europe de Dublin à Vladivostok » et a fait connaître ses ambitions de jouer le rôle d’idéologue et d’un des principaux architectes d’un monde nouveau, sûr, ouvert et démocratique.

    Les 14 articles du projet du Kremlin constituent une allusion discrète et évidente aux quatorze points du président américain Thomas Woodrow Wilson qui avait proposé, en janvier 1918, un nouveau plan d’édification d’un ordre mondial dans l'après-guerre. Après la défaite de l’Allemagne dans la Première Guerre mondiale, les relations entre les Etats ne rappelaient que partiellement l’image idéale brossée par Wilson. La Société des Nations (SDN) créée d’après son projet s’était avérée incapable de prévenir une série de conflits armés dans différents points de la planète et avaient mué en une Seconde Guerre mondiale encore plus dévastatrice. Les initiatives de Wilson n’avaient été réalisées, pour l’essentiel, qu’après la victoire de la coalition antihitlérienne. Néanmoins, l’auteur de cette idée hardie s’était vu attribuer un Prix Nobel de la Paix en 1919 et les Etats-Unis avaient acquis une image de pacificateur et d’architecte-novateur capable de reconstruire le vieil ordre mondial.

    Il est peu probable que la perspective du Prix Nobel ait été pour le Kremlin le stimulant décisif à son propre projet d’édification de l’ordre mondial. Il est plus important d’effacer les stéréotypes négatifs sur la Russie la considérant comme un pays agressif, imprévisible et arriéré, et de prouver à l’Europe et au monde entier que Moscou est membre à part entière du G8 et du G20, et non un participant assis sur un strapontin, et est capable d’énoncer des idées hardies.

    La question est de savoir jusqu'à quel point ces initiatives sont réalistes. On peut douter que les pays de l’OTAN puissent signer l’article 9 du traité dans sa rédaction actuelle, article qui place le traité au-dessus de tous les accords internationaux actuellement en vigueur. On ne sait pas non plus comment se conduira la Russie, si le nouveau pacte est contraire à certains de ses engagements découlant du Traité de sécurité collective. La façon dont le nouveau traité sera coordonné avec les décisions de l’ONU et ses opérations de paix n'est pour l'instant pas compréhensible. La nouvelle organisation de la sécurité européenne proposée par la Russie peut être une deuxième Société des Nations qui, en raison des contradictions entre ses participants et de sa non-reconnaissance par plusieurs pays, n’avait pu éteindre la guerre.

     

    Gazeta.Ru

    Moscou dément les informations sur le lancement de la centrale nucléaire de Boushehr en mars prochain

    Selon les médias occidentaux, la Russie prévoirait de mettre en service la centrale nucléaire de Boushehr vers Norouz (le nouvel an du calendrier iranien) qui sera célébré le 21 mars 2010, lit-on mardi dans le quotidien Gazeta.Ru.

    Cependant, les représentants officiels d’Atomstroïexport qui s’occupe de la construction de la centrale démentent l’information, selon laquelle la date de mise en service de cet ouvrage serait déjà connue.

    « Personne ne vous dira la date exacte, car, bien que les travaux de démarrage et de réglage battent leur plein, notre objectif est d’assurer une garantie absolue », a fait remarquer au quotidien Gazeta.Ru la porte-parole de la société russe, Olga Tsyleva. Des essais hydrauliques du premier contour du réacteur débutés à la mi-novembre se poursuivent, a-t-elle dit. « Il est nécessaire d’obtenir l’intégration garantie de tous les équipements », a précisé Olga Tsyleva.

    Le secteur nucléaire russe a annoncé le début des essais hydrauliques à la centrale de Boushehr à la mi-novembre. Le 16 novembre, le ministre russe de l’Energie, Sergueï Chmatko, a annoncé le report des délais d'exploitation de la centrale de la fin de cette année à plus tard. « Nous attendons des résultats importants d’ici la fin de l’année, mais le lancement n’aura pas lieu », a déclaré le ministre. Quelques jours après,  Rosatom (Agence russe de l’énergie atomique) a précisé le calendrier des travaux de démarrage et de réglage. D’après ces données, la montée de la pression dans le premier contour jusqu’à 250 kg/cm2 devait être testée la semaine dernière.

    Dimanche dernier, Sergueï Chmatko s’est rendu en Iran pour participer à une réunion de la commission intergouvernementale russo-iranienne. Sans prononcer le moindre mot sur la date du lancement de l’ouvrage, il a laissé entendre que le test n’entraînerait pas de retard. «Nous avons fait tout notre possible pour mettre en œuvre le projet. En ce moment, nous testons le système en conformité totale avec les exigences de sécurité de l’AIEA. Je me félicite du succès des essais », a souligné Sergueï Chmatko à l’issue de sa rencontre avec le ministre iranien du Pétrole Massoud Mirkazemi.

     

    RBC daily, Gazeta

    Poutine souhaite que le spatial russe devienne compétitif sur le marché mondial

       L’industrie spatiale doit  devenir compétitive et «se mettre sur l'orbite internationale dans  les plus brefs délais », a déclaré hier le premier-ministre Vladimir Poutine.

    Selon les experts, pour ce faire, la Russie devra emprunter la voie de l'Inde et de la Chine en achetant des technologies étrangères, lit-on mardi dans les quotidiens RBC daily et Gazeta.

       «En 2010, plus de 30 fusées balistiques basées sur terre et sur mer, ainsi que 11 complexes spatiaux doivent être livrés aux Forces armées». C’est la tâche fixée à l'industrie militaire. Nombre de modèles restent arriérés par rapport aux modèles étrangers, et leur développement est en retard sur les prévisions. Ce retard doit être rattrapé au plus vite, a déclaré le premier-ministre.

       D’après Anatoly Tsyganok qui dirige le Centre de prévisions militaires, l’industrie spatiale connaît de gros problèmes dans le domaine de l'équipement. «A l'époque soviétique, nous avions aсheté «en cinquième main» des machines-outils de précision. Dans tout le pays, il y en avait  quelques unes, permettant d’assembler des pièces au micron près. A présent, la plupart sont hors d’état, tandis que personne ne nous en vend des nouvelles»,  a noté l'expert. De plus, selon lui, les entreprises du secteur militaire manquent de personnel, car, à peine formés, ajusteurs et tourneurs sont recrutés par l'armée.

       Les experts estiment qu’en ce qui concerne le développement des satellites, la Russie est presque hors compétition: le pays perd la plupart des appels d'offres étrangers, à quelques rares exceptions près, et celles-ci  ne sont remportées que pour des raisons politiques. «On fabrique un satellite pour l'Iran – il est clair que les États-Unis n’auraient pas pris cette commande. Les deux satellites que l’on réalise pour le Kazakhstan, c’est aussi un projet qui fait partie d’un «paquet» politique, dit Andreï Ionine, expert indépendant en matière d’études spatiales. – Pour les satellites civils, depuis longtemps nous achetons des composants européens et canadiens».

       La part des États-Unis dans le budget spatial mondial est de 75 % (35 milliards de dollars), et celle de la Russie ne dépasse pas 8%. Il est extrêmement difficile de rivaliser avec un adversaire qui est déjà plus puissant et qui, chaque année, devient encore plus fort, ajoute Ionine. «Or, le problème principal n’est pas le manque de moyen, mais l'absence de stratégie. La Russie pourrait suivre l'exemple de l'Inde et de la Chine qui achètent des technologies étrangères», estime l'expert.

     

    Kommersant

    L'État renforcera le contrôle dans le secteur bancaire

       Pour les banques du Top-10, le régime de contrôle spécial introduit pendant la crise, sera maintenu indéfiniment – c’est ce qu’impliquent les amendements en chantier de la loi «Sur la Banque centrale», lit-on mardi dans le quotidien Kommersant.

     Les banquiers redoutent cependant que cette initiative du régulateur éternise la crise du système bancaire.

       «L'introduction de commissaires dans les banques est une mesure anticrise, mais, en analysant l'expérience de leurs activités, nous l’avons trouvée efficace et,  s’agissant des banques les plus importantes c'est-à-dire, pour celles du Top-10, nous envisageons de rendre permanente l'institution de curateurs aux droits élargis», – a indiqué Gennady Melikian, premier vice-président de la Banque Centrale.

       D’après la cote de popularité des banques, publiée par le magazine «Dengui» («Argent»), au 1 octobre le Top-10 (classement par indice capital) comprenait: Sberbank, VTB, Gazprombank, Rosselkhozbank, Banque de Moscou, VTB 24, l'Alpha-bank, Unicredit, Raiffeisenbank et la MDM.

       «Les curateurs contrôlent les banques essentiellement à distance et suivent donc les développements à postériori, sur la base des comptes-rendus des banques elles-mêmes, explique Denis Taradov, partenaire dans la société BDO en Russie. – Les commissaires, eux, exercent le contrôle directement à la banque, participant aux séances des organes de direction, c'est-à-dire, pratiquement sur le mode «en ligne». 

    L'extension des pouvoirs des curateurs jusqu'au niveau de commissaires témoigne du désir du régulateur de réagir de façon plus rapide aux risques de baisse de stabilité des plus grandes banques et, en conséquence, de tout le système bancaire, estime l’expert.

    «La concentration des risques à l'échelle Top-10 des grandes banques est très élevée», reconnaît Alexeï Terekhov, directeur du département de l'audit bancaire de la FBK.

       Celles du Top-10 qui ont accepté de commenter les plans de la Banque Centrale, sont plutôt sur la réserve. «Il est difficile de se prononcer sur ce qui n'est pour l'instant qu'une idée, il faut bien attendre les libellés dont cette idée sera revêtue», dit Vassily Titov, premier vice-président du conseil d'administration de la VTB.

       Les banquiers qui ont préféré parler des plans de la Banque Centrale à condition de garder l’anonymat, on été plus catégoriques. «Maintenir une mesure anticrise en «temps de paix» me semble incorrect, souligne un des financiers interrogés, on risque ainsi de perpétuer l'état de crise du système bancaire».

     Le directeur général-adjoint de «Finexpertisa», Mme Natalia Borzova, n'exclut pas, quant à elle, que la Banque Centrale prépare ainsi un cadre législatif en vue d’une nouvelle extension de ses pouvoirs à l’égard des autres banques.

     

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.




     

     

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