Le bureau d'études Mikoyan a soixante-dix ans

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Le 8 décembre 2009 est le 70e anniversaire du bureau d'études KB Mikoyan.

Le 8 décembre 2009 est le 70e anniversaire du bureau d'études KB Mikoyan.

Ce bureau d'études est l'une des plus célèbres firmes aéronautiques soviétiques, dont la renommée a dépassé de loin les frontières du pays.

Pendant la guerre froide, les bombardiers lourds mis à part, les Occidentaux appelaient n'importe quel avion de combat soviétique « MiG », du nom de série des avions conçus au bureau d'études Mikoyan-Gourevitch, appelé ensuite KB Mikoyan. Cette renommée avait de bonnes raisons d’être.

C'est le bureau d'études Mikoyan qui a conçu des projets prometteurs et qui a participé avec succès à la "course aux avions à réaction" lorsque la conception de chasseurs à turboréacteur a commencé en URSS à la fin de la guerre. Le premier avion à réaction du bureau d'études, l'I-300, fabriqué en série sous le nom du MiG-9, a effectué son premier vol le 24 avril 1946 et est devenu le premier véritable chasseur de combat à réaction de l'Armée de l'Air (VVS) de l'URSS. Mais la marque MiG a connu sa véritable gloire avec l'apparition du chasseur suivant, le légendaire MiG-15, qui a servi dans les forces aériennes de différents pays du monde durant plus d'un demi-siècle. Doté d’un armement puissant (trois canons), d’une grande vitesse et d’une excellente manoeuvrabilité verticale et horizontale, le nouvel avion est devenu le principal chasseur de l'aviation soviétique du front et, peu après, des alliés de l'URSS.

Le MiG-15 a connu son heure de gloire lors de sa participation à la guerre de Corée de 1950-53, dans laquelle a été engagé, depuis octobre 1950, le 64e corps d'avions de chasse, qui protégeait les installations logistiques et frontalières de la Corée du Nord. De nouveaux chasseurs ont également fait leur apparition dans les forces armées de Chine et de Corée du Nord.

Les pilotes du MiG-15, qui a été pratiquement l'unique chasseur de l'Armée de l'Air de Chine, de Corée du Nord et du corps d'aviation soviétique pendant cette guerre, ont abattu au cours des combats aériens environ 1400 avions des Etats-Unis et de leurs alliés, et en ont perdu 566. Quant aux pilotes soviétiques des MiG-15, ils ont abattu quelque 1100 avions de l'adversaire, contre des pertes s’élevant à 335 avions et 120 pilotes. C’est un souvenir pénible pour l’Occident, c'est pourquoi, quand ils parlent des pertes essuyées,  ils évoquent ordinairement le nombre de MiG abattus et, de l'autre côté, celui de F-86 Sabre abattus (plus de 200). Cependant, les nouveaux Sabre, qui étaient les meilleurs chasseurs américains au cours de cette guerre, ne représentaient qu'une partie des avions engagés, alors que de l’autre côté les MiG étaient presque les seuls modèles d’avion.

Après la guerre de Corée, des appareils plus perfectionnés ont commencé à remplacer le MiG-15, mais il a été le chasseur à réaction le plus répandu dans l'histoire - plus de15000 exemplaires – et est resté en service encore longtemps: les derniers MiG-15 ont été retirés des forces aériennes albanaises en 2005.

Les MiG-15 et ses plus proches successeurs – les MiG-17 et les MiG-19 – ont été, dans les années 50 du siècle dernier, avant l'apparition des systèmes de missiles de défense antiaérienne, le principal élément de la défense de l'URSS. Etant donné que les armes nucléaires soviétiques n'étaient, de fait, qu'au stade expérimental et que les bombardiers soviétiques à grand rayon d'action ne pouvaient pas atteindre les Etats-Unis et encore moins en revenir, l'existence d'un chasseur à réaction produit en série doté d’une réputation redoutable dans l’histoire de ses combats aériens cruels et sans merci a été un des facteurs de dissuasion les plus importants. Les stratèges américains comprenaient que sans la couverture de leurs chasseurs, les groupes de bombardiers lourds seraient, des cibles sans défense au-dessus des territoires de l'Europe de l'Est et de l'URSS, et qu'une frappe nucléaire ne pourrait  certainement pas causer un préjudice insurmontable à l'Union Soviétique.

Le MiG-21, qui a décollé pour la première fois en1958 et dont on a commencé la fabrication en série en 1959, est toujours en service de nos jours, de même que tous les avions conçus par après au bureau d’études: le MiG-23 et son modèle de frappe, le Mig-27, le Mig-25 et son dérivé le Mig-31. Enfin, le Mig-29,  qui "renaît" actuellement sous l'aspect du modèle MiG-35, créé sur sa base.

Les résultats des tests effectués par les avions de ce type dans les forces aériennes de l'OTAN ont montré que les pilotes du MiG-29 surpassaient en maîtrise leurs confrères occidentaux ayant reçu la même formation non seulement en combat aérien rapproché, au cours desquels les pilotes des MiG sont traditionnellement plus forts, mais aussi lors des exercices avec les missiles à moyenne portée (20 à 30 km).

Les années postsoviétiques ont été une période difficile pour le bureau d'études Mikoyan, mais aujourd’hui la situation évolue. On est en train de réparer et de moderniser les avions jadis construits aussi bien pour les forces armées russes qu'étrangères. Le carnet de commandes du bureau a commencé à s'accroître et un nouveau financement a permis de créer un Mig-35 moderne ayant, selon les spécialistes, de bonnes perspectives sur le marché. Le bureau d'études MiG développe également un projet de cinquième génération qui devrait être mis en œuvre dans la prochaine décennie.

Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

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