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    Revue de la presse russe du 18 décembre

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    Le secrétaire général de l’OTAN rejette l’initiative du président russe/ La Russie n’a pas à lutter contre le réchauffement climatique/ La Russie pourrait imposer des restrictions sur les importations d’armements et de composants/ Gazprom se justifie devant l'Europe

    Nezavissimaïa gazeta, Kommersant
    Le secrétaire général de l’OTAN rejette l’initiative du président russe

    Hier, à la fin des pourparlers avec les dirigeants russes, le secrétaire général de l’OTAN  Anders Fogh Rasmussen a reconnu que l’Alliance Atlantique ne considère pas la Russie comme un ennemi. Cependant, la déclaration s’est limitée à des assurances d’amitié, lit-on vendredi dans le quotidiens Nezavissimaïa gazeta et Kommersant.

    Le chef du bloc, qui, comme on le considère à Bruxelles, a été «chaleureusement accueilli au milieu de l’hiver», a catégoriquement refusé  de soutenir le projet principal de Dmitri Medvedev dans le domaine de la politique extérieure, à savoir le traité de sécurité européenne.

    Dans son interview accordée à la radio Echo de Moscou, Rasmussen a remarqué: «Aujourd’hui j’ai dit au président, qu’évidemment nous sommes prêts de discuter ses idées… Mais je ne vois pas la nécessité de conclure un nouveau traité». Il suppose qu’il existe déjà de nombreux documents qui permettent d’assurer la sécurité dans l’espace euroatlantique. Selon le secrétaire général, on n’arrive pas à éviter les conflits parce que certains pays ne s’en tiennent pas aux principes de ces documents».

    Les observateurs titrent cette déclaration de Rasmussen de déception après son visite de deux jours. Il n’est pas allé au fond de la proposition de Medvedev, note le professeur Alexeï Bogatourov. Les déclarations auxquelles se réfère le secrétaire général ont été composées dans une autre situation géopolitique et politico-psychologique. «Il s’agit de documents issus d’une période ascendante de nos relations : nous faisions beaucoup de belles déclarations, nous avions plus de confiance mutuelle»,- a noté l’expert. Mais beaucoup de choses ont changé. Il y a eu le conflit en Géorgie, pendant lequel l’OTAN a pris le parti de Tbilissi, Washington a avancé son projet de déploiement de défense antimissile sur le territoire des pays de l’Europe de l’Est, qui a été perçu en Russie comme une menace à sa sécurité nationale. Après ces événements, Moscou ne fait plus confiance à ces déclarations politiques, c’est pourquoi la proposition de Medvedev est un essai pour trouver une forme de garanties  politiques et des droits plus solides.

    L’objet de l’attention de Rasmussen mercredi et jeudi n’était pas l’initiative de Medvedev, mais l’Afghanistan. Selon les observateurs, c’est notamment dans l’intérêt de recevoir l’aide de Moscou en Afghanistan que l’OTAN n’a pas pris la coopération avec la Russie en otage  des discordances toujours existantes sur la Transcaucasie.

    Le diplomate russe a noté que Moscou ne voit pas un besoin urgent d’élargir les possibilités de transit en Afghanistan via le territoire russe étant donné que le potentiel des accords déjà en vigueur, y compris des accords bilatéraux, n’est pas encore pleinement réalisé.   

    Vedomosti
    La Russie n’a pas à lutter contre le réchauffement climatique

    La Russie aurait tout à gagner du réchauffement mondial du climat. C’est ce qui découle de la doctrine que le président Dmitri Medvedev a amené au sommet climatique mondial, lit-on vendredi dans le quotidien Vedomosti.

    Avant de se rendre à Copenhague à la conférence internationale de l'ONU sur le climat, Medvedev a entériné la doctrine climatique qui devrait guider le gouvernement russe dans sa prise de décisions vis-à-vis d’un éventuel changement du climat de la planète. Le problème de l'élévation des températures est réel, affirme le document en question, et «la nécessité de compter avec les changements climatiques» est un «des facteurs-clés, à long terme, de la sécurité nationale». La recherche «de l’équilibre entre l'efficacité de l'économie et la justice sociale» est au cœur du choix politique.

    Une partie considérable du territoire de la Russie peut s’attendre à des changements du climat très sérieux, lit-on dans la doctrine, mais il s’agit de régions faiblement peuplées. Parmi les conséquences négatives, le document cite l'augmentation des risques pour la santé de la population, l'intensité des sécheresses et les incendies. Mais la Russie peut également gagner du réchauffement du climat : on réduirait les dépenses de l’énergie pendant la période de chauffage; on verrait s'améliorer les conditions pour les transports par les mers arctiques,  diminuer les frais de mise en valeur du plateau continental arctique et s'agrandir les zones de culture. Pour la Russie, le réchauffement n'est pas aussi terrible que pour d'autres pays, dit-on dans la doctrine : le pays est grand et ses ressources aquatiques abondantes.

    La doctrine climatique de Medvedev ne contient pas de dispositions prévoyant des engagements de la part de la Russie pour l’après-Kyoto, pas plus que des mesures concrètes concernant la prise en compte, par les industries, des conséquences du changement du climat, est-il précisé dans les explications du document présentées par Iouri Troutnev, le ministre russe des Ressources naturelles et de l’Ecologie.

    «C'est-là un document de caractère stratégique, élaboré de façon souple afin que nos politiques aient de la manœuvre pour prendre des décisions», reconnaît un autre fonctionnaire du ministère. La question principale de l’après-Kyoto – les engagements du pays quant aux émissions atmosphériques – est restée en marge de la doctrine, qui a un caractère formel, dit Vladimir Sliviak, président de l’organisation Eko-zatschita (« Eco-défense »). «Ce qu’il nous faut, ce n’est pas un document général et de conception périmée, mais un plan d’actions pour l’après-Kyoto», estime l’expert.

    Gazeta.ru
    La Russie pourrait imposer des restrictions sur les importations d’armements et de composants

    Le projet de la nouvelle doctrine militaire que le président doit entériner avant la fin de l’année propose d'introduire des restrictions en ce qui concerne les acquisitions d’armements auprès des producteurs étrangers, lit-on vendredi dans le quotidien Gazeta.ru.

    Désormais, le pays n’achèterait des armes étrangères avec des moyens budgétaires que sur base d’une conclusion du gouvernement affirmant que des analogues sont réellement introuvables sur marché domestique.

    Que cette norme soit intégrée ou non dans la version définitive du document, c’est au président Medvedev d’en décider, dit Victor Ozerov, président du comité de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération (Chambre haute du parlement russe). Selon lui, les importations d’armes et de matériel militaire signifient une dépendance vis-à-vis d'autres États, alors que la conjoncture militaro-politique peut changer très vite. La question n'a pas été débattue au sein du gouvernement, a dit Dmitri Peskov, attaché de presse du premier ministre russe.

    Le réarmement de l'armée et de la marine importe plus que le soutien aux producteurs d’armements nationaux, estime pour sa part le premier vice-président du comité de la Douma pour la défense Iouri Savenko. Selon lui, l'État-major partage cette opinion. «Ils sont trop habitués à bénéficier des commandes d'État, qu’ils assurent d’abord une meilleure qualité»,  a déclaré le député au sujet du complexe militaro-industriel du pays.

    Du matériel militaire étranger est importé en Russie uniquement dans des cas exceptionnels, a dit Vladimir Evseev, expert militaire à l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des Sciences de Russie. Cette année, le ministère de la Défense a acheté 12 avions téléguidés israéliens pour 53 millions de dollars et, en ce moment, il envisage l’acquisition d’un porte-hélicoptères français d'assaut  Mistral.

    Selon Evseev, même si la restriction est introduite, on pourra la contourner. Par exemple, dans sa conclusion, le gouvernement peut donner les caractéristiques exactes de l'armement nécessaire – dont l’exact analogue ne pourra pas se trouver au sein de la production russe. L'expert estime également que beaucoup dépendra de l’organisme qui préparera la conclusion en question.

    Vedomosti
    Gazprom se justifie devant l'Europe

    Un des responsables de Gazprom a expliqué hier pourquoi le monopole gazier russe n'avait pas exonéré l'Europe de pénalités pour consommation insuffisante de gaz, alors qu'ils avaient fait des concessions à l'Ukraine, lit-on vendredi dans le quotidien Vedomosti.

    Il s'avère que le consortium aurait manifesté sa sollicitude pour l'UE: en effet, en cas de faillite de Naftogaz Ukraine, l'Europe resterait sans gaz.
    "Pourquoi permettons-nous à l'Ukraine d'acheter moins de gaz? Pour que l'Europe se sente plus en sécurité", a déclaré hier le vice-président de Gazprom Alexandre Medvedev dans une interview au journal Borsen-Zeitung. Si le consortium avait exigé que Naftogaz paie des pénalités pour consommation insuffisante de gaz, cela aurait entraîné la faillite de la compagnie ukrainienne et, peut-être, de l'Ukraine elle-même. "Nous ne pouvons pas admettre qu'il en soit ainsi pour un pays de transit", a résumé Alexandre Medvedev.

    Cela ressemble à une justification de Gazprom devant l'UE, fait remarquer le directeur d'East European Gas Analysis Mikhaïl Kortchemkine: les clients européens avaient aussi demandé une exonération de leurs pénalités pour consommation insuffisante de gaz, mais Gazprom a refusé de leur faire des concessions. En fait, Gazprom n'avait pas le choix, reconnaît l'expert.

    Le principe "prends ou paie" est présent dans tous les contrats européens de Gazprom: le contrat indique les volumes minimaux et même si la consommation réelle de gaz est moindre, il faut payer la différence, en règle générale, environ 80% de l'acompte au prix annuel moyen. Le gaz frappé de pénalités peut être pris l'année suivante, mais à condition que les volumes minimaux indiqués dans les contrats soient dépassés. Par conséquent, il n'y a pas de garanties que les Européens ne perdraient pas leur argent en 2010, avaient affirmé auparavant au quotidien Vedomosti les subordonnés d'Alexandre Medvedev.

    De nombreux clients européens de Gazprom ont demandé une facilité temporaire, ont fait savoir les employés du monopole. En 2009, l'Europe consommera 8 à 9 milliards de m3 de gaz en moins que les volumes indiqués dans les contrats, avait déclaré  Gazprom Export (ce qui constitue environ 2  milliards de dollars de recettes supplémentaires pour Gazprom dans le cadre du principe "prends ou paie"). Mais Gazprom n'avait pas l'intention de modifier les contrats existants: « un contrat est conclu pour être exécuté », ont maintes fois déclaré le patron de Gazprom Alexeï Miller, le premier ministre Vladimir Poutine et le président Dmitri Medvedev.

    Selon l'accord signé en janvier pour 11 ans, Naftogaz Ukraine devait payer pour 80% des volumes cités dans le contrat (le prix précis des estimations n'a pas été cité). En 2009-2010, l'Ukraine voulait acheter 20 à 22 milliards de mètres cubes de gaz russe en moins par rapport à ce qu'elle devrait payer (jusqu'à 6,6 milliards de dollars de plus pour la différence). Aussi, sur décision de Vladimir Poutine, les volumes de gaz indiqués dans le contrat pour l'Ukraine ont été réduits, Gazprom et Naftogaz ont récemment corrigé le contrat.

    Cependant, Naftogaz pourrait néanmoins se retrouver quand même en déficit : à hauteur d’environ 1,4 milliard de dollars à la fin de 2009 et de 4 milliards de dollars en 2010, a déclaré hier Bogdan Sokolovski, le conseiller du président ukrainien.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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