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    Revue de la presse russe du 21 décembre

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    Le "redémarrage" des relations américano-russes reste à l'état de déclarations / Les Etats-Unis veulent interdire aux pays de l'OTAN de vendre des armements à la Russie / Les livraisons du gaz turkmène à la Russie peuvent reprendre dès le 1 janvier 2010 / La Russie va limiter les livraisons avantageuses de pétrole et de gaz à la Biélorussie

    Vedomosti
    Le "redémarrage" des relations américano-russes reste à l'état de déclarations

    Les présidents Dmitri Medvedev et Barack Obama n'ont pas réussi à s'entendre sur la date de signature du nouveau traité de réduction des armements stratégiques offensifs. Les Etats-Unis ne sont pas disposés à affaiblir le contrôle des missiles russes, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.

    Lors des négociations à Copenhague, Barack Obama a constaté que les parties avaient "enregistré un progrès". Dmitri Medvedev a ajouté que les positions étaient proches et que les questions débattues étaient réglées. Mais ni les présidents, ni les négociateurs n'ont cité la date de signature du nouveau traité.

    Les Américains ont bloqué la signature, affirme une source proche du ministère russe des Affaires étrangères: le niveau de contrôle des missiles russes n'a pu être déterminé. Les Etats-Unis n'ont pas effectué d'essais depuis 2000, mais continuent de surveiller ceux de la Russie en profitant du fait que, conformément au Traité START-1, un missile transmet les données sur son vol ouvertement, et non pas de façon codée. Mais, selon un expert russe au courant des négociations et un des dirigeants de la Douma (chambre basse du parlement russe), les parties sont parvenues la semaine dernière à un compromis: la télémétrie serait transparente dans un nombre restreint de cas. Moscou est allé au-devant de Washington, mais cela n'a pas satisfait les Américains, a confirmé une source proche du ministère russe des Affaires étrangères. Les fonctionnaires américains, lit-on dans le New York Times, ont confirmé que les questions de contrôle n'étaient pas réglées: la Russie voudrait garder secret les détails de la création de missiles nouvelle génération.

    Selon un membre de la délégation russe, les négociateurs américains se proposent de signer le traité en janvier, mais il est difficile de prévoir quoi que ce soit: la Russie a manqué sa chance lorsque c'était important pour les Etats-Unis (du 5 au 10 décembre, à la veille de la remise du Prix Nobel de la Paix à Barack Obama), à présent, les négociations pourraient traîner jusqu'en avril.

    Au Sénat américain, l'opposition est mécontente du renvoi des inspecteurs américains de Votkinsk après l'expiration du Traité START-1 et insiste sur le maintien de la transparence de la télémétrie, bien que cela n'ait pas d'importance pratique pour le nouveau traité, fait savoir l'expert du Centre d'étude des problèmes du désarmement, Evgueni Miasnikov. Dans le Traité START-1, cette mesure permettait d'établir le nombre d'ogives que pouvait porter un missile, à présent, les parties doivent trouver le moyen de contrôler le nombre réel d'ogives, souligne-t-il.

    Les Etats-Unis parlent de "redémarrage" des relations avec la Russie, mais, dans les faits, ils ne sont pas prêts à lui faire confiance et avancent des arguments datant de la fin des années 70, indique une source proche du ministère russe des Affaires étrangères. Le "redémarrage des relations" est un terme conventionnel, la Russie et les Etats-Unis ne sont pas encore prêts à se faire confiance, a déclaré le politologue Alexeï Arbatov.


    RBC daily
    Les Etats-Unis veulent interdire aux pays de l'OTAN de vendre des armements à la Russie

    Alors que le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen "redémarrait" la semaine dernière les relations entre l'Alliance et la Russie, l'establishment politique américain a fait savoir son attitude négative envers le renforcement de la coopération militaire avec Moscou, lit-on lundi dans le quotidien RBC daily.

    Une résolution soumise au Congrès américain invite les pays membres de l'OTAN et de l'Union européenne à ne pas vendre d'importants  systèmes d'armements ou autre matériel offensif à la Russie.

    Parmi tous les pays membres du bloc de l'Atlantique Nord, la résolution proposée par les républicains ne mentionne que la France, ce qui témoigne le désir des membres du Congrès de "mettre en garde" cette alliée contre la vente à la Russie du porte-hélicoptères Mistral, ainsi que d’une licence pour la construction de 4 à 5 navires de ce genre dans les chantiers navals de Saint-Pétersbourg.

    Pour la première fois un des fondateurs de l’OTAN peut vendre un tel armement à la Russie, successeur de l'Union Soviétique, pour la lutte contre laquelle avait été fondée l'Alliance. Bien que l'actuel président Barack Obama, représentant du parti démocrate américain, ait maintes fois parlé de "redémarrage" des relations avec Moscou, notamment dans les domaines politique et militaire, il est évident que ce réchauffement est désagréable à ses opposants républicains.

    La préoccupation des hommes politiques américains ne s'explique pas seulement par l'obtention éventuelle d'armements et de technologies modernes. "Les Américains sont préoccupés moins par la coopération militaire entre la Russie et les pays de l'OTAN que par la défense des intérêts financiers de leur propre complexe militaro-industriel, estime le directeur de l'Institut d'évaluation et d'analyses stratégiques, Vaguif Gousseïnov. Les achats, par la Russie, de nombreux systèmes d'armes – il s'agit aujourd'hui non seulement de navires de la classe Mistral, mais aussi de drones, de systèmes de liaisons, etc. – ne causera certainement pas un grand préjudice au complexe militaro-industriel américain et encore moins à la sécurité des Etats-Unis, mais cela peut renforcer les positions de leurs alliés, concurrents sur le marché des armes".

    Kommersant
    Les livraisons du gaz turkmène à la Russie peuvent reprendre dès le 1 janvier 2010

       Au cours de la visite au Turkménistan du président russe Dmitri Medvedev, les deux pays ont l'intention de signer un document permettant à Gazprom de recommencer, dès le 1 janvier, un achat annuel de 10 à 11 milliards de m3 de gaz turkmène au prix européen, lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.

    De l’avis des experts, cet accord est avantageux pour Gazprom, mais retarde la construction du gazoduc de la mer Caspienne préconisé par la Russie.
       Selon une source à Gazprom, en complément de l'accord intergouvernemental sur la coopération gazière datant de 2003 sur les conditions de livraisons de gaz turkmène à la Russie en 2010-12, le volume des importations serait défini au niveau de 10 à 11 milliards de m3 par an. Ce chiffre a été confirmé par une source gouvernementale turkmène. Comme supposent les interlocuteurs, si le document est signé, les livraisons à la Russie de gaz en provenance du Turkménistan peuvent recommencer dès le 1 janvier 2010.
       Jusqu'au dernier moment Moscou et Achkhabad avaient des divergences quant au prix du gaz à importer. Selon une source au gouvernement turkmène, le plus probable est que les parties ne fixeront pas un prix concret, n’indiquant explicitement dans l’accord que la formule de sa formation – le prix moyen du gaz en Europe moins les frais de transport. Du reste, même avec cette solution, les parties seraient de nouveau en désaccord quant à la méthode pour définir le prix européen moyen. N’ayant pas réussi à régler ces divergences à la veille de la visite, les parties comptent sur ce que Dmitri Medvedev et Gourbangouly Berdymoukhamedov trouvent eux-mêmes une solution au problème.
       «Le fait que les parties semblent sur le point d’atteindre un compromis, est en soi une bonne nouvelle», estime Mikhaïl Kortchemkine, directeur d’East European Gas Analysis. L'expert fait remarquer que la réduction des volumes d'importations du gaz turkmène (10 à 11 milliards de m3 au lieu de 80-90 milliards d’après l'accord de 2003) cadre, dans l’ensemble, avec la politique  par rapport aux livraisons de l'Asie centrale.
       L’une des conséquences inévitables de la réduction planifiée des achats du gaz au Turkménistan serait une suspension à l’indéfini de la construction du gazoduc de la mer Caspienne préconisé par Moscou. Encore en janvier, Achkhabad se disait prêt à livrer à la Russie par le gazoduc en question jusqu'à 30 milliards de m3 de gaz, tandis les nouveaux volumes d'achat du gaz turkmène privent de sens ce projet.
       «Si la Fédération de Russie ne reprend pas ses importations dans les volumes précédents, d’ici 2012 déjà la Chine deviendra le plus gros acheteur du gaz turkmène, et le projet du gazoduc de la mer Caspienne sera enterré»,  résume Kortchemkine.

    Vedomosti
    La Russie va limiter les livraisons avantageuses de pétrole et de gaz à la Biélorussie

    Moscou a prévenu Minsk qu'il n'était pas prêt à accorder des facilités inconditionnelles pour les livraisons de pétrole et de gaz en 2010. Les conditions ne sont toujours pas concertées et le prix de la différence pour le budget russe est de 3,2 milliards de dollars. Il va falloir s'entendre avant le 1er janvier, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.

    Le budget russe a essuyé des pertes pendant plusieurs années à cause des livraisons de pétrole avec facilités à la Biélorussie, a déclaré vendredi le vice-premier ministre Igor Setchine. A présent, une proposition "sans précédent" a été faite à Minsk: il ne recevra du pétrole sans taxe que pour sa consommation intérieure: environ 6 millions de tonnes. Quant au reste, il le recevra "en payant 100% des droits de douane". Les prix du gaz seront relevés conformément au contrat: leur accroissement sera minimal, dans les limites de l'inflation.

    Minsk attendait plus. La Biélorussie doit recevoir 8 à 9 millions de tonnes de pétrole russe sans payer de taxe, a déclaré il y a une semaine le vice-premier ministre biélorusse Vladimir Semachko. Les recettes de la Russie provenant de l'autre pétrole (12,5 à 13,5 millions de tonnes) sont conformes à l'accord de 1995: 85% de la taxe à l'exportation de produits pétroliers seront produits en Biélorusse à partir de matière première russe. Les prix du gaz doivent rester en 2010 au même niveau que cette année, a fait remarquer le secrétaire d'Etat de l'Union Russie-Biélorussie, Pavel Borodine. Les deux fonctionnaires se sont référés aux ententes entre les présidents Dmitri Medvedev et Alexandre Loukachenko qui ont chargé leurs vice-premiers ministres de mettre au point les détails.

    Les présidents s'étaient rencontrés le 10 décembre. Les résultats des négociations n'avaient pas été rendus publics. Les interlocuteurs n'avaient fait qu'exposer les positions de Moscou et de Minsk qui ont à présent été annoncées par Igor Setchine et Vladimir Semachko, fait observer un fonctionnaire du gouvernement. Mais il faut s'entendre avant le 1er janvier. Ce délai a également été cité par Igor Setchine.

    Selon le schéma décrit par Igor Setchine, le budget russe perdra en 2010 1,3 milliard de dollars à causes des livraisons de 6 millions de tonnes pétrole hors taxe, en revanche, il gagnera 3,4 milliards de dollars grâce à l'exportation des autres 15, 5 millions de tonnes (selon le plan, la Biélorussie doit acheter 21,5 millions de tonnes), a calculé Denis Borissov de la Banque de Moscou. Dans le cas du schéma de Vladimir Semachko, le budget russe perdrait environ 2 milliards de dollars par la vente de 9 millions de tonnes de pétrole avec facilités et n'aura que 900 millions de dollars de recettes provenant des produits pétroliers si le pétrole Urals coûte 65 dollars le baril, ajoute l'expert.

    La Russie peut accorder des facilités supplémentaires, si le grand complexe pétrolier biélorusse Naftan-Polymir est remis, lors de la privatisation, à Rosneft ou à Lukoil, font remarquer deux fonctionnaires russes, dont les ministères participent aux négociations. Après la rencontre des présidents, Vladimir Semachko a déclaré que la vente de Naftan-Polymir pourrait avoir lieu "prochainement". Mais, ensuite, le fonds des biens d'Etat de la Biélorussie a déclaré qu'il ne préparait pas encore la privatisation de l'entreprise.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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