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    La Russie vue par la presse francophone le 23 décembre

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    EDF prêt à ouvrir à Gazprom le marché français de l'électricité/ Des sénateurs américains s'inquiètent de la vente du Mistral à Moscou/ Russie: les risques subsistent/ Une explosion dans une mine de fer en Russie

    Les Echos

    EDF prêt à ouvrir à Gazprom le marché français de l'électricité

    L'accord sur le gazoduc South Stream entre le géant gazier russe et l'électricien tricolore prévoit que Gazprom puisse fournir à EDF du gaz naturel et récupérer en échange de l'électricité. Fondamentalement, le but des deux groupes est de construire une relation de long terme, qui pourrait les amener à co-investir dans des sites de stockage en France.
    La phrase est passée inaperçue, mais elle est lourde de sens. Selon l'accord relatif à la participation de l'électricien français dans le projet de gazoduc South Stream, signé le 27 novembre, «EDF et Gazprom pourront également élargir leur coopération dans le domaine de l'électricité, en France et hors de France ». A terme, cette formulation signifie ni plus ni moins qu'EDF ouvre au russe le marché français de l'électricité. « Gazprom pourra fournir du gaz et récupérer de l'électricité en Europe », décode une source proche des négociations chez EDF.
    EDF doit prendre entre 10 % et 20 % de South Stream AG, la société en charge de la construction de la section sous-marine du gazoduc, qui est actuellement détenue à 50-50 par Gazprom et l'italien ENI. « L'idée est qu'on puisse payer en électricité, aussi bien pour les tuyaux que le gaz qui sera livré », indique cette source. Une affaire importante vu les montants en jeu : jusqu'à 25 milliards d'euros d'investissement global pour South Stream (lire ci-dessous). Si EDF devait financer sa cote-part en nature, soit a priori plus de 2,5 milliards, il pourrait préserver son endettement déjà élevé. L'électricité obtenue auprès d'EDF pourrait permettre à Gazprom de conquérir des clients sur le marché français. Dans l'Hexagone, le groupe russe commercialise déjà du gaz auprès de quelques grands clients.
    Théoriquement, le géant gazier pourrait se voir attribuer des droits de tirage, voire des participations dans des centrales nucléaires françaises, même si la première option semble mieux lui convenir. Gazprom n'a pas mis en avant ces possibilités, mais elles s'inscrivent bel et bien dans sa politique de diversification. Pour réduire son exposition relative au gaz, le groupe aborde de nouveaux segments, dont le négoce d'émissions de CO2 ou l'électricité. Il contrôle aujourd'hui 4 compagnies électriques russes, d'une puissance cumulée de 35 gigawatts.
    « Gazprom n'est pas seulement une compagnie gazière mais aussi une compagnie électrique », avait déclaré en février 2008 Dimitri Medvedev, le président du groupe public, devenu entre-temps président de la République. Il venait d'acquérir Siberian Energy and Coal Company, le producteur de charbon russe, qui exploite aussi des centrales électriques. « Gazprom fait le même chemin que l'ensemble des énergéticiens, explique un expert, qui cite la fusion GDF-Suez ou l'acquisition de Ruhrgas par E.ON. Vous ne pouvez pas faire le choix entre le gaz et l'électricité. »
    Reste à savoir dans quelle mesure Gazprom voudra profiter de ce dispositif, sachant qu'il est habitué à se faire payer en cash et à caler ses prix sur les cours du pétrole… Autre question, Gazprom n'aura-t-il pas intérêt à profiter de l'accès régulé à l'énergie nucléaire, qui doit être mis à disposition des concurrents d'EDF à un prix avantageux dans le cadre de la réforme du marché de l'électricité ? Pour le groupe français, en tout cas, le projet avec son partenaire russe présente au moins l'avantage d'obtenir du gaz en échange de cette électricité bon marché.
    Fondamentalement, le but de Gazprom et EDF est de construire une relation de long terme, qui pourrait aussi les amener à co-investir dans des sites de stockage en France. Pour le groupe russe, il s'agit avant tout d'avoir de la visibilité pour ses investissements. Pour le français, il s'agit de sécuriser plus de 5 milliards de mètres cubes de gaz naturel sur les 45 milliards qu'il prévoit de traiter dans les cinq à sept ans. Il continuera de s'approvisionner par ailleurs en Libye, Algérie et en Norvège et sans doute au Qatar.



    Le Monde

    USA: des sénateurs s'inquiètent de la vente d'un navire français à Moscou

    Six sénateurs républicains américains ont écrit une lettre à l'ambassadeur de France la semaine dernière pour exprimer leurs "inquiétudes" concernant le projet de vente par la France à Moscou d'un puissant navire de guerre de type Mistral, a-t-on indiqué mardi au Sénat.
    "L'intention annoncée par la Russie de déployer le Mistral dans des eaux proches des côtes de pays de l'Otan a soulevé des inquiétudes auprès de plusieurs membres", écrivent les sénateurs dans la lettre adressée vendredi à l'ambassadeur Pierre Vimont.
    Les sénateurs ont souligné qu'un responsable de la marine russe avait indiqué récemment qu'avec le Mistral, les troupes russes auraient pu accomplir en 40 minutes ce qu'elles ont mis 26 heures à faire en août 2008 lors du conflit avec la Géorgie.
    Interrogé par l'AFP, le sénateur Jon Kyl, l'un des signataires de la lettre, a jugé le projet de vente "problématique et gênant".
    Par ailleurs, le sénateur Kyl et ses collègues Tom Coburn, John McCain, James Risch, Sam Brownback et Roger Wicker ajoutent que la Russie continue de violer l'accord de cessez-le-feu avec la Géorgie négocié par la France en 2008.
    De son côté, un porte-parole de l'ambassade de France à Washington a assuré à l'AFP mardi: "Nous traitons ce genre de dossier dans un esprit de responsabilité. Il y a des procédures en France de contrôle des exportations d'armement". "Nous ne considérons pas que ce projet constitue une menace pour l'Alliance atlantique", a-t-il ajouté en précisant que l'ambassade a adressé lundi une réponse au sénateurs.
    La semaine dernière, des élus républicains de la Chambre des représentants ont déposé un projet de résolution désapprouvant la vente d'armes à la Russie par les pays de l'Otan.
    Le projet de résolution exprime la position de la Chambre des représentants selon laquelle "la France et les autres Etats membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique-nord (Otan) et l'Union européenne devraient renoncer à vendre des systèmes d'armement majeurs à la Fédération de Russie".
    Le texte stipule notamment que la vente de telles armes à Moscou n'est "pas convenable" eu égard aux violations des droits de l'homme en Russie.
    Aucun projet de résolution similaire n'est envisagé à ce jour au Sénat.
    Le navire de guerre de type Mistral est un bâtiment de projection et de commandement pouvant transporter jusqu'à 900 soldats, des hélicoptères et des chars d'assaut.



    Le Figaro

    Russie: les risques subsistent

    Le ministre russe des Finances Alexeï Koudrine a mis en garde mercredi contre les risques qui allaient continuer de peser sur l'économie de la Russie en 2010, même si le pays est sorti de la récession au troisième trimestre 2009. "Au troisième trimestre, nous avons commencé à sortir de la récession", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Mais "les incertitudes sont encore très importantes", a-t-il souligné, appelant à être "extrêmement vigilant" l'année prochaine.
    "Ce sont des risques qui sont apparus du fait des mesures artificielles de stimulation mises en place sur la base du déficit du budget", a expliqué M. Koudrine. Le ministre a notamment prévenu qu'il fallait suivre de près l'inflation, considérant que c'était l'un des principaux dangers l'an prochain. Pour 2009, il a estimé qu'elle ne dépasserait pas "7,5%" et que début 2010, il fallait s'attendre à "une hausse saisonnière" de cet indicateur.
    M. Koudrine a aussi jugé que l'économie russe resterait vulnérable aux facteurs externes, tels que la chute du prix du pétrole, l'assèchement du crédit, la nécessité de commencer à revenir sur les mesures anti-crise ou encore le risque d'une hausse importante des dettes de certains Etats.
    Sur l'ensemble de 2009, la chute du PIB devrait être de 8,7%, a-t-il par ailleurs indiqué, ajoutant que ce chiffre pourrait être encore révisé d'ici la fin de l'année.
    "C'est une année très difficile pour l'économie russe qui se termine", a-t-il reconnu.
    La Russie a en effet été durement touchée par la crise économique et financière mondiale, notamment en raison de la chute des cours mondiaux des hydrocarbures, qui représentent 60% de ses recettes d'exportation.
    L'agence de notation financière Standard and Poor's a relevé lundi la perspective de voir la note souveraine de la Russie passer de "négative" à "stable", affichant sa foi en une embellie plus rapide que prévu dans le pays, à la faveur de la hausse des cours du pétrole.



    L'Express

    Une explosion dans une mine de fer fait 6 morts en Russie

    Six mineurs ont été tués mercredi par une explosion dans une exploitation de minerai de fer de l'Oural, en Russie, déclare un porte-parole du groupe Evraz, propriétaire du site.
    Trois autres mineurs sont portés disparus après l'explosion, dans l'une des quatre mines appartenant à une filiale d'Evraz dans la ville de Nijni Taguil.
    Des explosifs ont sauté de façon inattendue alors qu'on les acheminait à 180 mètres sous la surface de la mine Estiouninskaïa.
    Cent vingt-trois personnes se trouvaient dans la mine au moment de l'accident. Sur ce total, 114 ont pu être secourus.

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