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    L'anniversaire du Pacte de Varsovie et la sécurité européenne

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    Le Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre l'URSS, l'Albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la RDA, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie, signé le 14 mai 1955 à Varsovie, donna naissance à une alliance militaire des pays socialistes.

    Le Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre l'URSS, l'Albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la RDA, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie, signé le 14 mai 1955 à Varsovie, donna naissance à une alliance militaire des pays socialistes.

    Le Pacte de Varsovie (ou Traité de Varsovie) fut signé en réponse à la fondation de l'OTAN et à l'adhésion de la République Fédérale d'Allemagne (RFA) à l'Alliance atlantique.

    Le Pacte de Varsovie, produit du système socialiste, fut définitivement mort après la disparition de celui-ci. En 1990, les structures militaires de l'Organisation du Traité de Varsovie avaient été dissoutes et, en 1991, le Pacte cessa officiellement d'exister.

    En revanche, l’OTAN s'est maintenue et s'est même élargie en admettant dans ses rangs les pays de l'Est, y compris certaines républiques de l'ex-URSS. La question de savoir quelle structure est plus viable et convenable pour assurer la sécurité européenne fut, semblait-il, réglée. Cependant, tout s'avéra plus complexe. Sans régler aucun problème de la sécurité, la dissolution de l'Organisation du Traité de Varsovie en engendra de nouveaux. Cette situation résulta principalement du fait que l'OTAN décida de garantir sa sécurité "aux dépens d'autrui", sans tenir compte des besoins et de l'avis des voisins.

    Depuis longtemps en Europe on réfléchit à assurer une sécurité de manière collective et non pas par deux blocs opposés. En 1975, la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) s’était tenue à Helsinki à l'initiative de l'URSS et d'autres pays socialistes. Cette conférence avait pour but d’élaborer des mesures destinées à abaisser le niveau d'opposition militaire et à renforcer la sécurité sur le continent européen. En plus des Etats européens, les Etats-Unis et le Canada adhérèrent à cette nouvelle organisation.

    La conférence confirma le bilan de la Seconde Guerre mondiale en énonçant les nouveaux principes des relations entre les pays et détermina les mesures d'accroissement de la confiance mutuelle - sous forme de notifications des exercices et des redéploiements de troupes, ainsi que de présence d'observateurs aux exercices - et établit les sphères de coopération dans les domaines de l'économie, de la science, de la technique, des technologies et des droits de l'homme.

    Le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) élaboré avec la participation active de la CSCE (nom de l'OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, jusqu'en 1995) fut adopté en 1990. Il établissait les quotas de déploiement de troupes et de matériel de guerre sur les territoires des pays signataires du traité et équilibrait le rapport des forces entre l'OTAN et le Pacte de Varsovie.

    Cependant, à peine un an après, le Pacte de Varsovie, puis l'URSS, cessèrent d'exister et le système de sécurité s'effondra: dans la nouvelle situation politique, le FCE n'assurait plus l'égalité des forces. La situation fut également aggravée par le refus de certains pays postsoviétiques de rejoindre ce traité, ensuite par le refus de certains pays membres de l'OTAN de ratifier le FCE modernisé.

    Après 2000, ce fut une longue période d'accusations réciproques de la Russie et de l'OTAN de violations des dispositions du FCE. La Russie avait accusé l'OTAN d'avoir dépassé les limites admissibles et d'avoir refusé de ratifier le traité, l'OTAN avait exigé de la Russie le retrait de troupes de Moldavie et de Géorgie (ce qui ne fut stipulé ni par le traité, ni par les accords additionnels à celui-ci). En fin de compte, le 13 juillet 2007, le président russe Vladimir Poutine signa un décret sur la suspension de l'application par la Russie des dispositions du FCE jusqu'à la ratification du traité et la mise en œuvre de ses dispositions par les pays de l'OTAN.

    L'élargissement de l'OTAN et les projets des Etats-Unis de déployer des éléments de la défense antimissile américaine sur le territoire européen portèrent un coup dur aux fondements de l'architecture de sécurité européenne.

    En plus du FCE, les dispositions fondamentales de l'OSCE adoptées au moment de la fondation de cette organisation furent également enterrées: personne ne se souvient plus du principe d'inviolabilité des frontières et, depuis la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par les pays occidentaux et de celle de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par la Russie, l'espoir timide de maintenir ces principes a définitivement disparu.

    L'espoir de trouver un point d’accord entre la Russie et l'OTAN en matière de sécurité semblait aussi disparu, mais le changement d'administration aux Etats-Unis et un langage commun trouvé entre Moscou et Washington sur une série de problèmes – du START-3 à la lutte contre les pirates – ont changé la situation. La correction des projets américains de déploiement du bouclier antimissile en faveur du déploiement de systèmes destinés à intercepter les lancements isolés de missiles de portée moyenne a également été une contribution importante.

    La stratégie du ministère russe des Affaires étrangères visant à entretenir des rapports individuels avec les principaux pays d'Europe – la France, l'Allemagne, l'Italie et d'autres pays – a été particulièrement utile dans cette situation.

    En fin de compte, vers 2010, le réchauffement des rapports a atteint un tel niveau que les soldats des armées des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de la Pologne ont participé à la Parade de la Victoire sur la place Rouge.

    Ce geste symbolique ne signifie certainement pas l'élimination totale des contradictions entre la Russie et l'OTAN. Mais, joint à d'autres processus, il permet d'espérer que les deux parties essaieront enfin d'édifier un système de sécurité ne lésant les droits d'aucun des partenaires.

    Ou, au moins, qu'elles essaieront d’en brosser les contours.

    Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

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