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    La Russie vue par la presse francophone le 24 juin

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    La vodka fait-elle baisser l'espérance de vie russe?/ Dmitri Medvedev aborde les États-Unis par la Silicon Valley/ Moscou doit prendre ses responsabilités/ Russie/Bélarus : détente dans le conflit gazier

    Lesinrocks

    La vodka fait-elle baisser l'espérance de vie russe?

    Afin de lutter contre un véritable alcoolisme de masse, le président Russe Dmitri Medvedev a lancé une campagne de prévention massive contre la vodka.

    Il y a quelques semaines, les unes de l’Hexagone se désolaient des chiffres alarmants de l’Institut de veille sanitaire sur le tabagisme de femmes en France.

    De l’autre côté de l’Oural, c’est un autre fléau de santé publique qui inquiète les autorités : l’alcoolisme tuerait en Russie près de 500 000 personnes par an, en particulier chez les hommes. Le gouvernement a récemment pris les devants et entrepris une large campagne de prévention. La hausse imminente des prix du nectar et les annonces chocs sur petit écran risquent de glacer le Bloody Mary.

    Les chaînes nationales diffusent des spots visant à dissuader les consommateurs : le parcours de la vodka dans le corps d’un homme jusqu’à son explosion dans tous les organes du corps illustré de graphiques cible la raison et la sensibilité des spectateurs. Mais, plus décourageant encore, le tarif du litre de vodka doit doubler dans les trois ans, passant à 200 roubles (soit près de 5 euros).

    Constat éloquent, le prix de ce spiritueux très concentré s’aligne actuellement avec n’importe quel bien de première nécessité. Mais "la vodka n’est pas une nécessité”, a affirmé le député Sergei Shatalov, "elle ne devrait pas être si bon marché".

    L’entreprise du Kremlin ne paraît pas démesurée compte tenu de la situation en Russie. L’espérance de vie des hommes est passée de 63,8 ans dans les années 60 à 61,7 ans aujourd’hui. Un chiffre ahurissant pour un pays développé. Concernant les femmes, l'espérance de vue a très légèrement augmenté dans la même période. Trop peu.

    D’après un rapport publié en 2002 par la fondation Schuman - spécialisée dans les recherches sur l’Europe -, cette mortalité unique en Europe est en partie la conséquence de l’alcoolisme de masse. Directement ou non, l’alcool est un redoutable tueur, responsable de nombreuses maladies, d’accidents de la route ou du travail, ou encore de violences conjugales. Enfin, une part non négligeable des décès est due au somogon, un alcool "artisanal" parfois fatal.

    Pourtant, entre 1984 et 1987, l’espérance de vie des hommes en Russie avait augmenté considérablement, atteignant des records. Ces années correspondent à la campagne contre l’alcool menée par Mikhail Gorbatchev, alors Président.

    Concrètement, la chasse aux sorcières outre-Atlantique se couplait d’une véritable chasse à l’alcool en URSS, à la densité toute russe. La restriction de la production nationale, la traque aux productions clandestines, l’obligation de sevrage et la hausse des prix avaient alors porté leurs fruits. Jusqu’à l’arrivée à la présidence de Boris Eltsine, qui, lui, n’avait rien contre la vodka. Parallèlement à la morosité économique post-Guerre Froide, la consommation de la population russe a alors repris son augmentation. 

    Aujourd’hui, Dmitri Medvedev, l’instigateur de cette campagne, revient sur les pas de Gorbatchev. Du 17 au 19 juin s’est tenu le Forum économique de Saint-Petersbourg, une sorte de Davos à la sauce russe auquel a assisté Nicolas Sarkozy. La vodka est habituellement de mise lors des événements officiels russes. Mais pas cette fois : Medvedev avait décidé de bannir le breuvage de cet événement.

    D’après le Guardian, la campagne de prévention contribue à l’impopularité du président, de même que vingt ans plus tôt, l’implication de Gorbatchev avait favorisé le désamour de l’électorat. Le quotidien anglais termine par une pointe de cynisme :

    "La célèbre vodka Putinka demeure bien plus populaire que son rival Medvedev."

    Le Figaro

    Dmitri Medvedev aborde les États-Unis par la Silicon Valley

    Pour sa première visite officielle, le président russe entend mettre l'accent sur l'économie. 

    Avant la diplomatie, le business. C'est le sens de la première visite officielle de deux jours que le président russe, Dmitri Medvedev, entame aujourd'hui aux États-Unis, empruntant pour cela un raccourci géographique symbolique: le chef du Kremlin passera directement des campus de la Silicon Valley à la Maison-Blanche. Sous le soleil californien, il visitera les bureaux des groupes Twitter, Cisco, Apple et Google - la fine fleur du high-tech américain- et rencontrera la direction de l'université de Stanford.

    Dans la capitale, il aura un entretien avec son homologue américain, Barack Obama, ainsi qu'avec les élus du Congrès. «Jusqu'à présent, nous nous sommes concentrés avec notre partenaire américain sur les questions de sécurité globale. Il est temps désormais de se préoccuper d'économie», explique le conseiller économique du Kremlin, Arkady Dvorkovitch. Dans un entretien accordé à des médias français, dont Le Figaro, ce dernier attend des «progrès sensibles» dans la relation russo-américaine. «Nous comprenons que les deux parties doivent aller à la rencontre l'une de l'autre», ajoute-t-il.

    Avec la signature, le 8 avril, à Prague, du nouveau traité Start de réduction mutuelle des armes stratégiques, Moscou et Washington ont concrétisé leur ambition d'un «redémarrage» diplomatique. Cet événement avait été précédé par l'annonce, à l'automne 2009, de l'abandon du projet de bouclier antimissile élaboré par l'Administration Bush. Dans la foulée, la Russie avait assoupli sa position sur le dossier iranien, jusqu'à son vote à l'ONU d'un programme de sanctions communes. Dans l'attente d'une ratification par les deux organes législatifs du traité Start, le Kremlin se concentre désormais sur son projet de création, à Skolkovo, près de Moscou, d'une «ville de l'innovation», dont le concept est emprunté à la Silicon Valley. Un moyen pour la Russie de «moderniser» son économie en s'inspirant de l'expérience américaine. Le patron de Google, Eric Schmidt, devrait faire son entrée au conseil de surveillance de la société «Skolkovo». Parallèlement, le conglomérat d'État russe Rostechnologii officialisera avec Boeing un contrat de fourniture de 50 appareils moyen-courrier.

    Cette transaction est symbolique: Moscou attend de Washington qu'il l'aide à boucler son adhésion à l'OMC. Les retards pris dans la négociation doivent autant à la défense des intérêts protectionnistes américains qu'aux atermoiements russes. Washington s'inquiète notamment du sort de son industrie agroalimentaire ainsi que des pratiques russes de piratage. La Russie, elle, cultive l'ambiguïté quant à sa réelle volonté de plier son économie aux règles du commerce international. «Soit, lors de cette visite, les Américains lâchent du lest et les négociations seraient bouclées avant la fin 2010, soit l'on risque de se retrouver dans une impasse», explique Igor Jurgens, un politologue proche du Kremlin. Dans cette hypothèse, la Russie n'hésitera pas à blâmer son «partenaire» américain.

    Courrier international

    Moscou doit prendre ses responsabilités

    C’est le moment ou jamais : le Kremlin doit assumer son rôle de leader régional en créant les outils  politiques et diplomatiques qui permettront de sortir  le Kirghizistan d’un engrenage fatal.

    Tout récemment encore, le territoire de l’ex-URSS ressemblait à un champ de bataille géopolitique où les grandes puissances tentaient d’arracher de juteux “trophées”. Rien de tel aujourd’hui. La plupart des Etats de cet espace connaissent de graves problèmes économiques et politiques, mais les principaux acteurs internationaux ont eux aussi leurs difficultés à gérer et ils s’intéressent peu à ce qui se passe dans cette partie du monde. Cela offre à la Russie une possibilité de se positionner en tant que leader. Mais y est-elle prête ?

    L’espace postsoviétique semble revenu à sa situation du début des années 1990. Dans le chaos de l’époque, rares étaient ceux qui souhaitaient s’impliquer dans la politique trouble des “nouveaux Etats indépendants”. La politique russe d’alors n’était certes pas parfaite, mais la Russie aidait ces nouveaux Etats à se constituer, jouant parfois un rôle essentiel de force stabilisatrice. Ce n’est que par la suite que les principales forces mondiales (Etats-Unis, Union européenne, Chine) ont commencé à avoir des projets concernant les pays issus de l’URSS. Ce temps semble révolu. Les Etats-Unis ont revu leurs priorités, dont l’espace postsoviétique ne fait plus partie. Inutile de mentionner l’Union européenne ; dans l’état où elle est, elle doit d’abord régler ses propres problèmes. La Chine ne s’intéresse aux pays frontaliers que dans le but de satisfaire ses objectifs économiques. Un nouvel acteur ambitieux s’est fait jour, la ¬Turquie, mais il lui faudra du temps pour élaborer une stratégie autonome.

    Ainsi, la Russie, qui réclamait depuis longtemps la reconnaissance de sa sphère d’intérêts spécifique, voit à nouveau s’ouvrir des possibilités. Le rapide rapprochement avec l’Ukraine que nous vivons ces derniers mois ne vient pas du fait que Victor Ianoukovitch [le président ukrainien récemment élu] adore Moscou. Il n’a simplement aucune autre solution. Après avoir choisi Bruxelles pour son premier voyage officiel, il a compris qu’il n’avait rien à attendre de l’Europe. Mais, comme on a pu le voir la semaine dernière, c’est surtout le Kirghizistan qui n’a personne vers qui se tourner. Comme dans les années 1990, la Russie est aujourd’hui la seule force capable de prendre la responsabilité d’éteindre l’incendie interethnique. Malgré la présence dans le pays de bases militaires des deux superpuissances nucléaires, rien n’est prévu pour assurer la sécurité. Ces derniers jours, les critiques pleuvent sur l’Organisation du traité de sécurité collective , stigmatisant son inaction. Ces reproches ne sont pas totalement justifiés. En effet, cette institution n’est malheureusement pas l’alliance militaro-politique dotée des capacités nécessaires dont la région centrasiatique aurait cruellement besoin. La Russie n’a pris que très tard (l’année dernière) des mesures pour rendre cette organisation plus efficace. Mais même si ce mécanisme avait été aussi au point que l’OTAN, il n’aurait servi à rien dans la situation où s’est retrouvé le Kirghizistan, car son but est d’assurer une sécurité collective en cas de menace extérieure (on pense surtout à l’Afghanistan) [et non en cas de renversement du pouvoir ou d’affrontements interethniques].

    La Russie aurait pu agir seule, comme la France l’a fait en Afrique, surtout durant la période 1960-1980. Mais les bases juridiques qui le permettraient n’existent pas. Paris avait signé des traités bilatéraux avec certains Etats africains. Des clauses officielles ou secrètes précisaient les conditions et les formes d’intervention de la France en cas de besoin. Moscou n’a jamais conclu de pareils accords et, au regard de l’enchevêtrement complexe des intérêts dans la région, envoyer des forces de maintien de la paix au Kirghizistan nécessiterait au minimum l’acceptation tacite des principaux pays voisins, l’Ouzbékistan et le Kazakhstan. A se lancer tout seuls, sans consultations préalables, les militaires russes risqueraient de se retrouver pris dans une guerre régionale – pis que dans une guerre civile.

    Or, en Russie, la tragédie kirghize est traitée avec une grande légèreté par les commentateurs, qui n’ont pas hésité à se demander tout de suite s’il fallait envoyer ou non des troupes russes, sans même s’arrêter au fait qu’il n’y avait pour cela ni raison légale, ni logistique en place, ni pouvoir légitime, et que le flou politique régnait. La valse-hésitation concernant la décision d’envoyer des troupes est tout à fait compréhensible. L’ennui est ailleurs. A l’époque si décriée de Boris Eltsine, la Russie prenait une part active dans le règlement des problèmes de ses voisins. Diplomates, hommes politiques et militaires étaient à l’origine de négociations, de rencontres ; ils discutaient avec les parties en conflit, signalaient la situation à l’attention de partenaires étrangers et en obtenaient de l’aide. Les résultats étaient au rendez-vous. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La Russie, qui a repris des forces depuis, a perdu l’habitude de “se démener” pour résoudre les problèmes des autres, même s’ils menacent de s’étendre bien au-delà de leur foyer d’origine. Ce sont les vannes des gazoducs et les certificats de la Répression des fraudes [déclenchant l’interdiction d’importer tel ou tel produit alimentaire, c’est-à-dire un boycott économique pur et simple, procédé utilisé à l’encontre des eaux minérales géorgiennes, des vins moldaves ou des pilons de poulets américains, entre autres] qui sont devenus les instruments politiques les plus utilisés.

    Le statut de puissance prépondérante que la Russie tente si ardemment de s’arroger ne consiste pas à expédier les paras au moindre appel, mais à savoir mettre rapidement sur pied un processus diplomatique et politique, à réagir en s’adaptant aux évolutions en cours. Il faudra vite retrouver ces réflexes. Le monde post-soviétique entre dans une ère nouvelle et dangereuse. Les Etats de l’ex-URSS demeurent seuls face à leurs problèmes. Depuis quinze ans, pratiquement aucun des projets d’intégration, conçus par la Russie ou dirigés contre elle, n’a fonctionné. Aujourd’hui, il est déplacé de parler de “sphères d’influence” : il s’agit de “sphères de responsabilité”. Si Moscou ne trouve pas un moyen de répondre comme il convient aux défis tels que celui que pose le Kirghizistan, sa volonté de jouer un rôle de premier plan ne sera pas prise au sérieux à l’avenir. Au reste, cette question sera secondaire par rapport à la tournure que prendront les événements en Eurasie. Car aucun autre pays ne semble avoir l’intention de se soucier des malheurs des “nouveaux Etats indépendants”.

    L'Orient Le Jour

    Russie/Bélarus : détente dans le conflit gazier

    Le conflit gazier entre la Russie et le Bélarus donnait jeudi des signes d'apaisement bien que certains points litigieux comme la question du coût du transit demeurent non résolus, laissant planer la menace d'une interruption du transit de gaz russe vers l'Europe.

    Le géant gazier Gazprom a accepté de rouvrir pleinement les vannes vers le Bélarus, a indiqué son patron Alexeï Miller.

    "Aujourd'hui, le Bélarus a payé sa dette pour les livraisons de gaz russe accumulée depuis le début 2010. J'en ai informé le président Dmitri Medvedev. A 10H00 (06H00 GMT) Gazprom a repris à plein régime les livraisons de gaz vers le Bélarus", a-t-il déclaré, selon la télévision russe.
    Minsk a versé 187 millions de dollars à Gazprom pour le gaz, ont indiqué les deux parties. Le Kremlin avait été le premier dans la matinée à annoncer la réouverture complète des vannes, alors que le président Dmitri Medvedev se trouve actuellement en visite à Washington, où il doit rencontrer son homologue américain Barack Obama.

    La Russie avait progressivement réduit ses livraisons de gaz au Bélarus depuis lundi en raison du non paiement de cette dette. Mercredi, il avait indiqué avoir baissé ses envois de 60%.

    Malgré cette avancée notable, toutes les difficultés ne semblent pas encore aplanies. Des frictions persistent en particulier sur la question des frais de transit que doit honorer la Russie pour le passage de son gaz sur le territoire bélarusse.

    Le Bélarus avait lancé mercredi soir un ultimatum à Moscou, menaçant d'interrompre le transit si Moscou ne lui versait pas d'ici à jeudi 07H00 GMT les 260 millions de dollars qu'il lui réclame.

    Gazprom a indiqué jeudi qu'il avait réglé 228 millions de dollars, soit le prix prévu par son contrat. Une information confirmée par la compagnie énergétique Beltransgaz en charge du transit vers l'Europe mais pas par le gouvernement bélarusse.

    Minsk va attendre jusqu'à 10H00 GMT jeudi la confirmation du paiement, a déclaré le premier vice-Premier ministre Vladimir Semachko, selon la télévision bélarusse: "Après nous introduirons une limitation du transit de gaz proportionnellement aux impayés", a-t-il dit.

    L'Europe, qui reçoit un cinquième du gaz russe qu'elle consomme via les gazoducs situés en territoire bélarusse, avait sensiblement haussé le ton mercredi soir à l'adresse des deux capitales.

    La Commission européenne a fait mercredi état d'une chute d'"environ 50%" des livraisons de gaz russe en Lituanie, et s'est dite "très préoccupée" par cette information. Il s'agit d'une "attaque" contre toute l'UE, s'est indigné le commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günter Oettinger.
    Il a exhorté le Bélarus et la Russie à régler "dans les prochains jours" leur différend.

    En visite à Novokouznetsk (Sibérie occidentale) avec le patron de Gazprom, le Premier ministre Vladimir Poutine a déclaré jeudi "regretter que l'affaire soit allée jusqu'à ce conflit, et nous espérons que cela ne se répètera pas à l'avenir", selon des images de la télévision russe.

    Les disputes gazières entre la Russie et ses voisins se sont multipliées ces dernières années, et nombre d'analystes estiment que Moscou se sert de l'arme gazière pour imposer ses vues en matière de diplomatie.

    Les Européens avaient subi en janvier 2009 une interruption de deux semaines des livraisons russes, à la suite d'un conflit entre la Russie et l'Ukraine.

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