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    La Grande-Bretagne quitte l’Irak. C’est le premier pas

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    Le 22 novembre 2010, la mission britannique en Irak s’est officiellement achevée. Les derniers bâtiments de la Royal Navy ont quitté les eaux territoriales du pays : la frégate Cumberland et le bâtiment de transport de chalands de débarquement (LSD) Cardigan Bay.

    Le 22 novembre 2010, la mission britannique en Irak s’est officiellement achevée. Les derniers bâtiments de la Royal Navy ont quitté les eaux territoriales du pays : la frégate Cumberland et le bâtiment de transport de chalands de débarquement (LSD) Cardigan Bay. L’armée britannique a quitté l’Irak encore plus tôt en transférant les positions au sud du pays sous la responsabilité de l’armée irakienne. Désormais, les opérations actives des forces de la coalition internationale en Irak ont cessées. Le contingent américain de 50.000 soldats resté dans le pays mène l’opération New Dawn (Aube nouvelle), visant à soutenir les forces de sécurité irakiennes dans leurs actions de maintien de la paix dans le pays et la formation du personnel de l’armée irakienne.

    Il était nécessaire de quitter l’Irak. Ni la Grande-Bretagne, ni les Etats-Unis ne pouvaient se permettre deux guerres simultanées plutôt impopulaires. Mais mettre fin à la guerre en Afghanistan reste difficile. Le retrait des troupes d’Afghanistan aujourd’hui pourrait conduire (compte tenu du potentiel conflictuel du Pakistan et des anciennes républiques soviétiques) à court terme à un déséquilibre à grande échelle qui affecterait les intérêts des puissances régionales et de certains acteurs mondiaux. De plus, la situation est aggravée par la possibilité pour les extrémistes islamiques et d’autres forces d'accéder  aux moyens nucléaires.

    Dans ce contexte, l’Irak, où la situation a été relativement stabilisée en créant un système plus ou moins fonctionnel de gestion et une armée relativement efficace, a l’air de mieux se porter. Jumelées avec le contingent nombreux des sociétés militaires privées et le soutien matériel des Etats-Unis, ces forces pourraient maintenir l’équilibre au sein du pays.

    De plus, contrairement à la guerre afghane, la campagne irakienne a commencé à être de plus en plus mal acceptée au sein de la communauté occidentale. Notamment lorsqu’il s’est avéré que l’arme de destruction massive (ADM), qui aurait été fabriquée et prête à être mise en œuvre par Saddam Hussein, n’existait pas. La reconnaissance du caractère mensonger des déclarations des services secrets concernant l’ADM irakienne a porté un immense préjudice à l’image aussi bien des Etats-Unis que de la Grande-Bretagne.

    Irak. A qui le tour?


    L’Irak n’est pas la seule région quittée par les militaires britanniques. Pour 2020, les soldats britanniques devraient quitter l’Allemagne, où le contingent militaire britannique s’élève actuellement à 25.000 soldats, dont la moitié devrait être rapatriée avant 2015, et l’autre moitié au cours des cinq années suivantes. Ce retrait des troupes était auparavant prévu avant 2035, mais les événements actuels ont contraint d’avancer les délais de 15 ans.

    Les capacités des forces expéditionnaires de la Grande-Bretagne et de son armée à mener des opérations militaires autonomes loin de son territoire national, se réduisent aujourd’hui plus que jamais. Dans les années à venir, la réduction du budget militaire contraindra la Royal Navy à conserver un seul porte-avion au lieu de deux actuellement, 19 destroyers et frégates au lieu de 24; l’armée de terre sera privée de plus de 80 chars Challenger sur les 232 actuels, et de 49 canons automoteurs AS-90 sur 75. Le personnel devrait également faire l’objet de réductions : le corps de 175.000 militaires devrait être réduit de 10%, et le contingent civil de 85.000 sera diminué d’un tiers.

    Les capacités déjà modestes de l’armée britannique dans la mise œuvre des opérations autonomes seront encore plus réduites. Même à l’heure actuelle, la Grande-Bretagne ne pourrait pas rassembler opérationnellement les forces de la marine, comparables à celles qui étaient opposées à l’Argentine dans la guerre des Malouines (1982).

    La compensation du manque de forces par l’art de la diplomatie


    La réduction actuelle de l’armée n’est pas la première dans l’histoire de la Grande-Bretagne. En fait, l’armée britannique subit des réductions depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, lorsque les Etats-Unis ont endossé le rôle de première civilisation anglo-saxonne.

    D’une part, cette approche est simple et compréhensible : en perdant des dominions et des colonies, la Grande-Bretagne n’avait plus la possibilité d’entretenir les forces de l'Empire. D’autre part, les politiciens britanniques étaient conscients des conséquences à terme de telles réductions, et ils ne pouvaient pas se résigner à toujours rester dans le sillage des Etats-Unis. Et en 1982 la Grande-Bretagne a eu beaucoup de chance, car les Etats-Unis ne se sont pas opposés à l’opération britannique, et ont même pleinement soutenu Londres. Mais il serait difficile de prédire l’issue des événements si un conflit similaire à celui des Malouines se produisait aujourd’hui.

    L’affaiblissement conscient de l’armée a poussé la Grande-Bretagne à chercher des alliés. Un tel allié a été trouvé en la personne de la France. Le traité de coopération militaire entre la France et la Grande-Bretagne permet à Londres de compter sur la préservation du poids politique impressionnant, disproportionné par rapport aux capacités militaires suite à toutes les réductions militaires prévues. Le poids de l’union sera d’autant plus important, en fait un autre acteur, le deuxième en termes de potentiel militaire réuni, apparaît dans le monde occidental derrière les Etats-Unis.

    Dans ces conditions, ‘’ l’union des égaux ‘’ avec la France, qui ne prétend pas au rôle de frère aîné de Londres, est une solution idéale pour la Grande-Bretagne. Il ne reste plus qu’à attendre la réponse à la question de savoir dans quelle mesure les points de vue des parties concernant le lieu et la manière de la mise en œuvre des unités communes des forces armées se rejoignent.

    Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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