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    Les titres du 7 juin 2011

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    L'absence de Saleh, une occasion de lancer le plan de paix/La Russie en guerre contre la drogue/ Israël et l’Arabie saoudite menacés par le printemps arabe

    Moskovskie novosti
    L'absence de Saleh, une occasion de lancer le plan de paix

    Après l’ancien président tunisien, un autre chef d’un Etat arabe a trouvé refuge en Arabie saoudite, écrit mardi 7 juin le quotidien Moskovskie novosti. Il s’agit du président yéménite Ali Abdallah Saleh, âgé de 69 ans. Et bien que son entourage affirme que le chef de l’Etat a seulement quitté le pays pour se faire hospitaliser et qu’il reviendra dans quelques jours, cela paraît problématique. L’époque du règne de Saleh est arrivée à son terme. Depuis 1978 il dirigeait le Yémen du Nord, et à partir de 1990 il gouvernait tout le pays après avoir uni le Nord et le Sud.

    Hier, dans la capitale saoudienne à Riyad, le président yéménite a subi une intervention chirurgicale pour se faire retirer un éclat d’obus de plusieurs centimètres qui l'a touché dans la région du cœur vendredi lors d’une attaque contre sa résidence de Sanaa menée par des inconnus. Sept personnes ont été tuées sur le coup, principalement des gardiens. Hormis le président, d’autres fonctionnaires haut placés ont été également blessés.

    Quelques heures après l’attaque, la télévision locale a diffusé un message audio du président adressé au peuple, et sur les écrans on pouvait seulement voir une ancienne photo de Saleh. Le président a affirmé qu’il se sentait bien et a appelé ses compatriotes à "s’unir contre les bandits." Il a accusé les membres de l’opposition du clan influent des al-Ahmar d'avoir organisé cette opération. Ensuite, les troupes gouvernementales ont donné l'assaut à la résidence familiale de ce clan en tuant plus de 10 personnes. Cependant, plus tard, le site d’une édition proche du gouvernement a publié une version, selon laquelle les dissidents de l’organisation terroriste internationale Al-Qaïda seraient derrière l’attaque de la résidence présidentielle.

    Selon une version officieuse, le président a eu le visage et le coup entaillés par des éclats et atteints de brûlures, et c’est la raison pour laquelle il ne s’est pas montré à l’écran. Plus tard on annonçait que Saleh avait besoin non seulement des services d'un plasticien mais devait également subir une importante intervention chirurgicale. Par ailleurs, son fils Ahmad qui commande la garde présidentielle et est considéré comme le successeur de son père, ainsi que ses autres fils et les neveux du président n'ont, selon certaines informations, pas quitté le Yémen.

    Ainsi, malgré l'hostilité de Saleh, le plan de transmission progressive de pouvoir élaboré par les médiateurs internationaux commence à être mis en œuvre au Yémen. Le plan prévoyait que le parti pro-présidentiel Congrès général du peule, actuellement au pouvoir, ferait également partie du futur gouvernement. Toutefois, les membres de l’opposition les plus radicaux insistent sur son interdiction.
     
    Nezavissimaïa gazeta
    La Russie en guerre contre la drogue

    La Douma d’Etat (chambre basse du parlement russe) adopte des amendements législatifs appelés à durcir considérablement la politique du gouvernement en matière de trafic et de consommation de stupéfiants, écrit mardi 7 juin le quotidien Nezavissimaïa gazeta. La nécessité de cette mesure a été annoncée lors de la réunion du présidium du Conseil d’Etat présidé par le président russe Dmitri Medvedev le 18 avril à Irkoutsk. La Russie déclare la lutte sans merci contre la toxicomanie.

    La consommation de stupéfiants par 5% de la population du pays est considérée comme une menace pour le patrimoine génétique de la nation. Selon diverses estimations, actuellement en Russie entre 2,5 millions et 6 millions de personnes sont des usagers réguliers de la drogue. Autrement dit, le pays est déjà au bord du précipice. La drogue tue chaque année plus de 100.000 Russes. L’âge de la première expérience de consommation de stupéfiants a baissé à 11 ans. Et les drogues les plus mortelles et les plus dangereuses peuvent être facilement confectionnées avec des médicaments ordinaires en vente libre dans toute pharmacie.

    En fait, il s’agit d’une guerre pour la survie. Et il est trop tard pour discuter de la manière de la mener. Aujourd’hui, cela nécessite la volonté politique d'acier du gouvernement et des mesures d’urgence des autorités.

    Les premières démarches législatives doivent consister à renforcer les sanctions pour trafic de stupéfiants, instaurer la responsabilité pénale pour leur consommation, mettre en place un système de traitement injonctif des toxicomanes et un dépistage obligatoire (concernant tout d'abord les écoliers et les étudiants, puis les travailleurs). Bien sûr, tout cela doit être accompagné par la mise en place d’un système national de réhabilitation des toxicomanes.

    Les narco-barons doivent être assimilés à des tueurs en série et être condamnés en conséquence à la détention à perpétuité. La même sanction doit être appliquée en cas de corruption de fonctionnaires impliqués dans le trafic des stupéfiants: la guerre sera perdue d'avance si les trafiquants et les fonctionnaires qui couvrent les trafiquants ne subissent pas le même traitement.

    Le trafic de drogue doit être économiquement sapé par le biais de la confiscation des biens, quels que soient leurs propriétaires, et l’argent saisi doit être alloué à la réhabilitation des toxicomanes.

    Toute tentative de propagande des stupéfiants, sous quelque forme que ce soit et quels que soient les médias doit être assimilée à de la haute trahison et punie en tant que telle. Par la fermeture immédiate de ce média et les poursuites pénales contre ses propriétaires. Et l’Etat doit charger les médias de mener une contrepropagande de la toxicomanie.

    La toxicomanie commence à l’école, et c’est à ce niveau qu’il est nécessaire de commencer la lutte: introduire des cours spéciaux d’éducation antidrogue avec visite d'établissements de cure. Le choc provoqué par les choses vues par les enfants sera la meilleure contrepropagande.

    La responsabilité pénale pour la consommation des stupéfiants est une mesure puissante de prévention. Après son introduction en URSS en 1987, le nombre de toxicomanes avait été divisé par plusieurs fois.

    La prison ou le traitement forcé: tel est le choix qui doit être imposé par le gouvernement aux toxicomanes. Mais il est nécessaire de garantir une alternative. En Russie, la situation est complexe en ce qui concerne les centres de réhabilitation, et même des prisons. Les centres de détention traditionnels, où les stupéfiants font partie de la sous-culture, sont à exclure: car il est nécessaire d’isoler les trafiquants ou les consommateurs non seulement de la société, mais également des drogues.

    L’intention du gouvernement d’introduire un dépistage obligatoire pour les écoliers n’a pas suscité la protestation des parents. Ainsi, les affirmations selon lesquelles le dépistage enfreint les droits de l’homme sont totalement erronées. Le fait même du dépistage dissuadera les jeunes de goûter à la drogue et stoppera ceux qui l’ont déjà fait. Mais il est également nécessaire d'effectuer des tests de dépistage auprès des enseignants.

    Sans encore être entrée en guerre contre la toxicomanie, la Russie a déjà beaucoup perdu. Et désormais le pays ne peut pas faire marche arrière et douter de la justesse d'une telle lutte. Le temps risque de faire défaut et il en va de la protection de soi-même. Et les gens en sont certainement conscients.
     
    Nezavissimaïa gazeta

    Israël et l’Arabie saoudite menacés par le printemps arabe

    Hier, le gouvernement de la bande de Gaza a annoncé sur le territoire de l’enclave le deuil des Palestiniens et des Syriens abattus la veille par les troupes israéliennes sur le plateau du Golan. Selon diverses sources, entre 12 et 23 personnes ont été tuées, plus centaines ont été blessées, écrit mardi 7 juin le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Le plateau du Golan de la Syrie, où les manifestants ont tenté de pénétrer à travers les barrières israéliennes, a été occupé par Israël lors de la guerre de 1967, puis annexé par la suite. Ce territoire est l’une des pierres d’achoppement dans le règlement moyen-oriental.

    Les "marches du retour" des Palestiniens de Syrie et du Liban dans leur patrie occupée sont initiées par les organisations arabes de jeunesse. Le Front populaire de libération de la Palestine et les militaires syriens tentaient de stopper l’action de dimanche, à laquelle se sont joints les habitants des villages syriens "frontaliers": ils subissent constamment des attaques des soldats israéliens. Selon les témoins, les tireurs d’élite qui avaient pris d'avance position tiraient sur les manifestants.

    Israël déclare qu’il avait mis en garde contre une "réaction violente" aux tentatives de franchissement de la frontière, et qu’au début les soldats israéliens tiraient en l’air.

    L’opposition israélienne tire des conclusions de ces événements. Dans une interview sur Radio d’Israël, Benjamin Ben-Eliezer, député du parlement du parti travailliste Avoda et ancien ministre de la Défense, a déclaré: "Il n’existe qu’une seule solution: reconnaître l’Etat de Palestine et s’assoir à la table des négociations." Cependant, le gouvernement israélien n’a toujours pas répondu à la proposition de la France d'organiser une conférence israélo-palestinienne à Paris en juillet, où les participants pourraient conjointement discuter le "plan d’Obama" de règlement pacifique, tandis que le gouvernement palestinien en la personne de Mahmoud Abbas a "en principe" accepté l'initiative française.

    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a clairement exprimé la position de la Russie: le règlement de la question concernant le statut de Jérusalem ne sera possible qu’après la délimitation territoriale entre Israël et la Palestine, et le règlement de la question des réfugiés.

    Le processus du règlement israélo-palestinien s’est accéléré au cours des derniers mois: avec l’arrivée du printemps arabe dans les pays voisins. Il a servi d’exemple aux actions de protestation sur le plateau du Golan, ce qui est reconnu aussi bien par les Juifs que par les Arabes. Le djihad palestinien anti-israélien a revêtu une forme pacifique. Les manifestants qui marchent en direction des barbelés et sous les balles des soldats sont des kamikazes, mais contrairement aux terroristes ils n’emportent pas d’autres vies en se sacrifiant. Des personnes majoritairement jeunes et non armées qui maîtrisent Twitter et Facebook participent aux marches de protestation. Les régimes conservateurs prospères "stables" de la région, aussi bien Israël judaïque que l’Arabie saoudite islamique, cherchent un moyen de contrer la menace.

    Les deux pays s’arment avec l’aide des Etats-Unis. Et les deux insinuent que les Etats-Unis ne sont pas un partenaire fiable qui les laisse seuls faire face à cette menace.



    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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