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    Les titres du 1er août 2011

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    Al-Assad lance les chars contre l’opposition syrienne/ Les égyptiens veulent créer un Etat islamique/ Saakachvili a réussi à obtenir le soutien des Etats-Unis

    Kommersant
    Al-Assad lance les chars contre l’opposition syrienne

    Hier, les unités blindées de l’armée syrienne sont entrées dans la ville de Hama, considérée comme le bastion des forces antigouvernementales, écrit lundi le quotidien Kommersant. L'assaut des troupes gouvernementales a commencé par des tirs massifs sur les quartiers urbains depuis les blindés qui avaient encerclé Hama. "Les chars tirent de tous les côtés sur les barricades érigées sur les routes par les habitants", rapporte un médecin d’un hôpital de la ville, cité par l’agence Reuters, selon lequel 24 personnes au moins ont été tuées pendant les premières heures de l’attaque. Hier, les habitants ont filmé le massacre dans les rues de Hama et mis ces vidéos en ligne. D'après ces témoignages, dans la matinée déjà, des dizaines de corps jonchaient les rues et les hôpitaux étaient surchargés de blessés, manquant cruellement de sang pour procéder aux transfusions. Les tireurs d’élites, qui avaient pris position sur les toits des bâtiments gouvernementaux, ont également commencé à tirer sur les habitants.

    Selon les informations rendues publiques hier par le chef de l’Organisation nationale pour les droits de l’homme, Ammar Kourabi, 95 personnes ont été tuées en une journée à Hama.

    L’assaut contre la bouillonnante ville de Hama, où le ressentiment antigouvernemental est particulièrement accru, a été précédé par un autre "vendredi de la colère". Vendredi dernier, Hama a vécu des manifestations sans précédent jusqu'alors. Selon certaines informations, près de 500.000 personnes s’étaient rassemblées sur la place centrale d’al-Assi de la ville.

    Comme l’a déclaré la responsable de la diffusion sur internet de la chaîne Russia Today en arabe Marianna Belenkaïa, revenue de Hama il y a peu, depuis plus d’un moins il n’y a pas de représentants du gouvernement central dans la ville – ils ont été chassés par les habitants. Selon Marianna Belenkaïa, il n’existe aucune autorité centralisée en ville. Les quartiers sont contrôlés par des groupes de civils antigouvernementaux apparus soudainement. Par ailleurs, au cours des dernières semaines, la ville de Hama est devenue le centre des protestations, une sorte d’équivalent à Benghazi, capitale des rebelles libyens. Début juillet, l’ambassadeur américain à Damas, Robert Ford, et son homologue français, Eric Chevallier, ont démonstrativement soutenu Hama en se rendant dans la ville, provoquant du même coup l’indignation du gouvernement syrien.

    Selon les déclarations de l’opposition syrienne, en plus de Hama, l’armée gouvernementale a attaqué trois autres villes, où le ressentiment antigouvernemental est également élevé: la troisième ville du pays Homs, la ville de Dara au Sud et Deir Ezzor à l’Est. Toutefois, le nombre de victimes y est bien moindre.

    Nezavissimaïa gazeta
    Les égyptiens veulent créer un Etat islamique

    En prévision des élections parlementaires de l'automne, les islamistes égyptiens tentent de resserrer leurs rangs, écrit lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Vendredi dernier, ils ont montré leur puissance non seulement avec des banderoles et des slogans sur la place Tahrir, mais également avec des fusils et des lance-grenades sur la péninsule du Sinaï.

    Durant le weekend sur la péninsule du Sinaï, les recherches et les arrestations se sont poursuivies après l'attaque d'un commissariat dans la ville d'El-Arich. Au total, 15 personnes ont été appréhendées.

    Rappelons que vendredi soir, des islamistes armés sur des camions et en motos ont traversé les rues d’El- Arich en tirant en l’air et en brandissant des banderoles noires portant l’inscription "Il n’y a de Dieu qu’Allah". Ensuite ils ont attaqué le commissariat local. Pendant la fusillade six personnes ont été tuées, dont un policier, un officier militaire et deux soldats.

    L’incident a résulté d’une action pacifique très massive, dans le cadre de laquelle près d’un million de partisans de l’islamisation de l’Egypte ont convergé vers la place Tahrir au centre du Caire, en supplantant les représentants des partis et des mouvements laïcs.

    Les participants à la manifestation, des hommes barbus de tous âges et des femmes en tenues noires, sont arrivés au Caire à partir de toutes les régions du pays. Selon les médias égyptiens, les manifestants appelaient à ce que l’Egypte devienne un Etat islamique, où "la charia doit être supérieure à la constitution".

    Cette action était organisée par des mouvements islamiques interdits avant la révolution, dont les Frères musulmans et al-Gama’a al-Islamiyya, et des mouvements radicaux salafistes qui ont clairement joué un rôle prépondérant dans la manifestation du vendredi.

    Initialement, les islamistes, mais aussi d'autres forces politiques, devaient participer aux actions de la "Journée de l’unification et de la volonté populaire". Cependant, les partisans de 28 mouvements politiques laïcs ont quitté la place Tahrir en signe de désaccord avec les slogans des islamistes. Selon les représentants des organisations libérales de jeunesse, les forces islamiques ont enfreints les accords conclus auparavant sur la modération et certains se sont plaints que les salafistes ont simplement repoussé les manifestants laïcs hors de la place. Le comportement agressif des salafistes a été même condamné par d’autres groupes islamistes.

    Comme le font remarquer les observateurs locaux, les tensions entre le Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays, et les mouvements islamistes puissants, sortis de la clandestinité après le renversement de Hosni Moubarak, se sont dernièrement intensifiées.

    La cause des différends est due au fait que le parlement, qui devrait être élu fin novembre, pourra doter l'Egypte d'une nouvelle constitution. Par ailleurs, les islamistes qui sont bien organisés et bénéficient d’un large soutien espèrent remporter la victoire. Cependant, les militaires insistent pour qu’avant les élections parlementaires le pays adopte une loi fixant les principes de base de la future constitution, y compris le caractère laïc de l’Etat et le rôle de l’armée en tant que garant de la constitution. Bien sûr, cela ne convient pas aux partisans de l’islamisation. La manifestation de vendredi sur la place Tahrir et les événements au Sinaï sont la première manifestation de force des islamistes. Et pour l’instant les politologues ne se risquent pas à prédire l’issue de la confrontation à venir.

    Moskovskie novosti

    Saakachvili a réussi à obtenir le soutien des Etats-Unis

    Moscou a reçu un second signal politique désagréable en provenance de Washington, écrit lundi le quotidien Moskovskie novosti. Après l’introduction par le Département d’Etat de sanctions contre les fonctionnaires russes liés à ce qu’on appelle l'"affaire Magnitsky", le 29 juillet le Sénat américain a adopté une résolution pour soutenir la Géorgie, qualifiant l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud de "régions occupées par la Russie".

    La résolution stipule que les Etats-Unis soutiennent "l’intégrité territoriale, l’inviolabilité des frontières, la souveraineté et l’indépendance de la Géorgie". Les sénateurs appellent le gouvernement russe à remplir les conditions de l’accord intervenu entre Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy, qui prévoit le retour des troupes russes sur ses positions d’avant-guerre. Les sénateurs ont également invité Moscou, Soukhoumi et Tskhinvali à garantir le retour des réfugiés et à autoriser la présence d'observateurs de l’UE sur les territoires de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Par ailleurs, il est précisé que la stabilité régionale ne peut être atteinte que "par les seuls moyens pacifiques et le dialogue diplomatique et politique à long terme entre les pays".

    Ce projet de document a été soumis au Sénat américain en décembre 2010 par le républicain Lindsey Graham et la démocrate Jeanne Shaheen.

    En décembre 2010, Gueorgui Baramidze, vice-premier ministre géorgien et ministre d’Etat pour l’intégration européenne et euro-atlantique, a été spécialement envoyé aux Etats-Unis pour faire adopter la résolution de Graham et de Shaheen. Cependant, à l’époque le document n’a pas été approuvé. En mars, pendant sa visite aux Etats-Unis, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a rencontré Jeanne Shaheen et l’a remerciée pour son travail sur cette résolution. Une nouvelle version du document a été présentée en mai. Le Sénat l'a acceptée à l’unanimité et sans discussion – à une semaine du troisième anniversaire du début de la guerre dans le Caucase du Sud le 8 août.

    Le ministère géorgien des Affaires étrangères a qualifié le document du Sénat de "moment important dans les relations stratégiques et de partenariat" entre Tbilissi et Washington, car il "reflète avec précision la situation d’un point de vue juridique et politique où la Russie est reconnue en tant que force d’occupation".

    "Actuellement, le ministère géorgien des Affaires étrangères célèbre sa victoire, et on pourrait déjà prédire que nos diplomates utiliseront cette résolution, par exemple, lors d’une réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies en automne, en soulevant la question de l’occupation", a déclaré Soso Tsintsadze, recteur à l’Académie diplomatique de Tbilissi. La position du Sénat aura également valeur d'avertissement à destination de petits Etats, tels que le Vanuatu, pour les dissuader de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud".

    Selon Soso Tsintsadze, la résolution "ne fait que constater la situation et elle n’appelle pas à des sanctions contre la Russie. C’est un document à caractère déclaratif, bien qu’il puisse affecter la discussion de l’abrogation de l’amendement Jackson-Vanik, étant donné que la Russie est qualifiée d’Etat occupant le territoire d’un autre pays", estime-t-il.

    Le terme "occupation" a été employé à l’égard de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud l’année dernière par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton à Tbilissi. Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié les propos d’Hillary Clinton d’infondés, car aucun militaire russe n’était présent sur le territoire de la Géorgie.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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