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    Les titres du 24 novembre 2011

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    Le couple Strauss-Kahn contre-attaque// Le nouveau gouvernement inconnu de la Libye// Le plan de Medvedev pour neutraliser l’ABM américain

    Nezavissimaïa gazeta
    Le couple Strauss-Kahn contre-attaque

    L’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn et son épouse Anne Sinclair ont porté plainte mardi contre Henri Guaino, conseiller du président français, ainsi que contre plusieurs journaux français, écrit jeudi 24 novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    L’ex-directeur du FMI et son épouse accusent Henri Guaino, conseiller de Sarkozy, le quotidien Le Figaro, les hebdomadaires L’Express, Le Nouvel Observateur, Paris Match et VSD d’atteinte à la vie privée, rapporte le quotidien britannique The Guardian.

    "Ni Anne Sinclair, ni Dominique Strauss-Kahn ne veulent limiter la liberté d’expression et la diffusion de l’information, mais ils s’opposent à l’utilisation de la vie privée à des fins commerciales", déclarent les avocats du couple.

    La presse française évoquait régulièrement ces dernières semaines un réseau de prostitution qui travaillait dans des hôtels de luxe à Lille et dans des maisons closes de Belgique. Dans ces articles on voyait souvent apparaître le nom de l’homme politique, ancien candidat favori au poste présidentiel avant le scandale avec une femme de chambre à New York, rapporte The Telegraph. En se référant aux informations officieuses de l’enquête judiciaire, les journaux affirmaient que les jeunes femmes du réseau de Lille étaient envoyées à Paris et à Washington pour y "rencontrer" l’ancien directeur du FMI.

    Quant à la plainte déposée contre le conseiller du président français, elle est associée aux déclarations d’Henri Guaino à la télévision. En parlant de DSK, il a fait un rapprochement entre le procès aux Etats-Unis et le réseau de Lille. "Ce n'est pas un problème de vie privée, on est à la charnière de la vie privée et de la délinquance, a déclaré le conseiller du président français. L’histoire du Carlton de Lille, c’est exactement la même chose."

    A son tour, Strauss-Kahn a demandé à être interrogé sur cette affaire. Il a également appelé à enquêter sur la fuite d'informations pendant l’enquête.
     
    Moskovskie Novosti

    Le nouveau gouvernement inconnu de la Libye

    La composition du nouveau gouvernement libyen a trompé les attentes des diplomates et des médias occidentaux, écrit jeudi 24 novembre le quotidien Moskovskie Novosti. Les noms des nouveaux ministres du pays annoncés dans la soirée du 22 novembre ne sont pas largement connus non seulement à l’étranger, mais également en Libye.

    Le diplomate peu connu Achour Ben Khayal a été nommé au poste de ministre des Affaires étrangères. Son principal mérite est qu’il est né dans la ville de Derna à l’est de la Libye, qui était l’un des principaux bastions des rebelles combattant Kadhafi.

    Le poste de ministre des Finances a été confié à Hassan Zoglem qui a travaillé dans l’industrie pétrolière de la Libye. Abdelrahmane Ben Yazza, un responsable de la compagnie pétrolière italienne ENI qui a coopéré avec le régime de Kadhafi, a été nommé au poste de ministre du Pétrole.

    Abdel Rahim al-Kib a été désigné au poste de premier ministre. Il a un obtenu un doctorat d'ingénierie électrique aux Etats-Unis et a une réputation de technocrate. Le gouvernement d’Abdel Rahim al-Kib remplace le Conseil national de transition (CNT) libyen qui coordonnait les actions des rebelles pendant la guerre civile. Ce gouvernement restera au pouvoir jusqu’aux premières élections en Libye postrévolutionnaire qui devraient se tenir en été 2012.

    Selon Alexeï Malachenko, expert du centre Carnegie de Moscou, Moustapha Abdeljalil, président du CNT, et ses collègues qui ont tourné le dos à Kadhafi pendant la révolution, ont senti que leur pouvoir était menacé après l’achèvement du conflit armé avec le dictateur libyen. "Leur popularité a commencé à diminuer, et ils ne pouvaient pas ne pas remarquer que les chefs des factions armées libyens observaient de près les changements actuels au sein du gouvernement, a déclaré l’expert. Par exemple, Abdelhakim Belhaj qui n’a pas encore choisi son camp."

    On prédisait à Abdelhakim Belhaj, l’un des leaders des mouvements islamistes radicaux qui combattaient contre Kadhafi, le poste de ministre de la Défense. Cependant, ce poste a été confié à Oussama al-Jouili, un des commandants de la ville de Zenten, où la semaine dernière a été capturé le dernier fils de Kadhafi en fuite, Seïf al-Islam.

    Comme l’a déclaré le politologue et professeur à l’université du Texas, Mansour El Kikhia, dans une interview accordée à Al Jazeera, Oussama al-Jouili a probablement obtenu le poste de ministre en échange de la livraison à Tripoli de Seïf al-Islam capturé par ses hommes.

    Evgueni Satanovski, président de l’Institut du Proche-Orient, estime que la montée de la tension dans la lutte politique actuelle pourrait conduire à une nouvelle guerre civile. Elle sera différente de la précédente, car si entre février et octobre les rebelles avaient un seul ennemi, Mouammar Kadhafi, désormais la Libye se diviserait en plusieurs mouvements qui luttent pour le pouvoir absolu.

    Abdallah Naker, chef du conseil des thowar (révolutionnaires) de Tripoli, a ouvertement déclaré que les combattants libyens pourraient commencer à se tirer les uns sur les autres. En début de semaine il a accordé une interview à l’agence britannique Reuters dans laquelle il a déclaré que ses hommes (selon lui plusieurs milliers de personnes) étaient prêts à organiser un coup d’Etat militaire. Cela se produirait si le gouvernement ne répondait pas à la volonté du peuple, a expliqué Abdallah Naker.
     
    Kommersant
    Le plan de Medvedev pour neutraliser l’ABM américain

    Hier, le président russe Dmitri Medvedev a fait une déclaration plus critique que jamais au sujet du déploiement du bouclier antimissile (ABM) américain en Europe, écrit jeudi 24 novembre le quotidien Kommersant.

    Selon certaines informations, la préparation du discours du président sur l’ABM a commencé en octobre, à pratiquement un mois de la rencontre avec Barack Obama à Honolulu. Le projet du document était élaboré par le ministère russe des Affaires étrangères, puis transmis au Kremlin. Selon certaines sources, l’administration présidentielle, le Conseil de sécurité de Russie, le ministère de la Défense, ainsi que le représentant spécial du président russe pour l’ABM Dmitri Rogozine ont apporté leur contribution au caractère critique du texte. L’ensemble des mesures rendues publiques hier par le président russe a été discuté en septembre pendant la réunion du Conseil de sécurité de Russie.

    La rencontre à Hawaï avec Barack Obama avait confirmé que la question de l’ABM ne sortirait pas de sitôt de l’impasse.

    Le ton et le fond du discours d’hier étaient effectivement les plus critiques des quatre années de présidence de Dmitri Medvedev. En accusant les Etats-Unis et l’Otan de chercher à fragiliser la sécurité de la Russie et en leur reprochant leur refus de fournir à Moscou des garanties juridiques attestant que l’ABM n’est pas dirigé contre la Russie, le président a énoncé la liste des mesures de rétorsion.

    Premièrement, Dmitri Medvedev a ordonné de mettre en service les radars d’alerte d'attaque aux missiles près de Kaliningrad. Deuxièmement, il a exigé de renforcer la protection des sites des forces nucléaires stratégiques russes avec le système de défense aérospatiale en phase de création. Troisièmement, selon le président, "les missiles balistiques stratégiques seront dotés de systèmes avancés de franchissement de l’ABM." Enfin, il a ordonné d’élaborer des mesures visant à "détruire les systèmes d’information et de contrôle de l’ABM." Le président russe a qualifié ces mesures d’appropriées, efficaces et peu coûteuses.

    Si les Etats-Unis et l’Otan refusaient toujours d’écouter la Russie, le Kremlin a préparé d’autres mesures plus sévères. "La Russie déploiera dans l’ouest et le sud du pays des systèmes offensifs modernes permettant de détruire la composante européenne de l’ABM", a averti Dmitri Medvedev. Le président russe a également menacé de dénoncer le Traité de réduction des armes stratégiques (START-3), principal résultat du redémarrage des relations russo-américaines.

    Les sources haut placées au Kremlin et au ministère russe des Affaires étrangères affirment que la politique sévère à l’égard de Washington serait poursuivie s’il refusait de faire des concessions. En tant que président, Vladimir Poutine pourrait refuser d’assister au sommet de l’Otan à Chicago, bien qu’il se déroule parallèlement avec le sommet du G8 auquel le dirigeant russe se rendra.

    Les experts sont convaincus que cela conduirait au gel du dialogue.

    Les diplomates sont encore plus pessimistes. "Après ce discours on peut enterrer le redémarrage, résume une source diplomatique. Et si cela faisait partie de la campagne électorale visant l'opinion publique russe, la situation serait alors bien plus triste."

    La première réaction hier des représentants occidentaux n’a certainement pas été un choc. "Le discours de Medvedev est regrettable. Nous avons l’intention de chercher un compromis et de proposer de nouvelles idées, bien que la Russie rejette toutes nos propositions constructives, a déclaré une source à l’Otan. Le plus important pour Moscou est de comprendre que l’ABM sera mis en place et que rien ni personne ne pourra le changer. Désormais, c’est à la Russie de choisir: être avec nous ou se démarquer."


    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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