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    Les titres du 6 décembre 2011

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    L’Europe au seuil d’un défaut de paiement incontrôlé / Législatives: la Russie choisit les changements radicaux / Ossétie/Sud: le président sortant s'accroche à son poste / Défaite du populisme aux législatives en Russie

    Nezavissimaïa gazeta
    L’Europe au seuil d’un défaut de paiement incontrôlé

    Actuellement, il ne faut certainement pas fuir l’euro. Mais il serait également judicieux de s’abstenir de vouloir adhérer à l’UE, qui plus est à la zone euro, et d'éviter le renforcement des relations financières et économiques avec Bruxelles. L’euphorie initiale associée à l’Europe unie et caractéristique de plusieurs pays postsoviétiques, y compris certains politiciens russes, cède clairement la place à l’analyse sceptique de la situation actuelle, écrit mardi 6 décembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Le problème de la turbulence aussi bien dans la zone euro que dans ses pays membres est lié à certains facteurs. Il est question du faible contrôle financier des processus dans les pays de la zone euro par les organismes supranationaux, du principe de l’unanimité, obsolète pour les conditions européennes spécifiques et... aussi étrange que cela puisse paraître, de la démocratie élective et excessive axée sur la société de consommation et qui n'est contrôlée par personne.

    Aujourd’hui, il est clair que les données financières reçues par Bruxelles de la part de certains membres de l’UE étaient enjolivée, ou tout simplement faussées. Les indices réels n’auraient pas permis à l’époque d’accepter certains pays dans la zone euro, voire au sein de l’UE.

    Il s’est avéré que le principe de l’unanimité lors de la prise de décisions offrait la possibilité de passer par des "portes dérobées" à certains membres peu scrupuleux qui, en brandissant le slogan de la protection de la souveraineté, ne permettaient pas aux experts de Bruxelles de découvrir leurs magouilles financières. Et la démocratie élective "de consommation" pousse les partis politiques à gagner les voix des électeurs par tous les moyens, et avant tout au moyen des promesses irréalisables pour l’équilibre budgétaire.

    La situation en Union européenne a poussé la chancelière allemande Angela Merkel à déclarer que l’Allemagne n’avait pas l’intention d’être le principal créancier de la zone euro. Au total, l’aide accordée pour le sauvetage du système financier de la Grèce a atteint 110 milliards d’euros. Mais de toute évidence ce n’est pas la limite. Le Portugal, et probablement l’Espagne et l’Italie, attendent leur tour. Il n’est donc pas étonnant de voir les membres les plus forts de la communauté européenne, tels que l’Allemagne et la France, se rapprocher, et les discussions au sujet d’une Europe à deux vitesses qui durent depuis des années ne paraissent plus aussi utopiques. Pour cette raison, il ne faut pas s’attendre à des mesures décisives ou des solutions systémiques au sommet qui débute. D’autant plus qu’il existe pour l’instant des différends insurmontables entre les deux leaders reconnus de la zone euro, l’Allemagne et la France.

    L’Allemagne exige un contrôle total de la part des organismes supranationaux sur le comportement des gouvernements des pays membres de l’UE, et la France, au contraire, n’est pas prête à renoncer à sa souveraineté.
     
    Vedomosti
    Législatives: la Russie choisit les changements radicaux

    Les résultats des législatives du 4 décembre affecteront le parti au pouvoir, l’opposition et le pays dans l’ensemble. Russie Unie se modernisera, l’opposition sera appelée à créer une coalition et la législation électorale pourrait être changée, écrit mardi 6 décembre le quotidien Vedomosti.

    "Les dernières législatives étaient fondamentalement différentes par rapport à ce qu’on a pu voir auparavant pour diverses raisons", a déclaré hier le président russe Dmitri Medvedev, tête de liste du parti Russie Unie, pendant une rencontre avec ses partisans dans sa résidence de Gorki. Certains participants au rassemblement estiment qu’en dépit des déclarations publiques concernant la victoire, le président est déçu et a besoin de soutien.

    Certains membres du parti reconnaissent que les anciennes méthodes destinées à augmenter la popularité ne fonctionnent plus. La tactique des "locomotives" n’a pas porté ses fruits: dans la majorité des régions où les vice-premiers ministres étaient têtes de liste, le parti a obtenu moins de 40%. L’utilisation de l’image du leader national, Vladimir Poutine, n’a pas non plus donné le résultat escompté: après le congrès de Russie Unie en septembre, lorsqu’il a annoncé son retour au poste présidentiel, la cote de popularité du parti à continué de chuter.

    Russie Unie a besoin d’un changement d’image et d’une modernisation, déclarent les sources du parti et les personnes proches de l’administration présidentielle. Le changement d’image sera probablement élaboré pour le congrès d’automne où tous les organismes dirigeants du parti devront être réélus. Après le congrès de septembre dernier, le chef de l’administration présidentielle, Sergueï Narychkine, a déclaré que Dmitri Medvedev pourrait devenir leader du parti après la campagne législative. Mais hier un fonctionnaire haut placé de Russie Unie a déclaré qu’aucun changement n’était à prévoir au sein du parti au moins avant la fin de la présidentielle (en mars 2012). Les électeurs du parti sont des habitants des petites localités qui regardent la télévision et pas internet. Medvedev ne peut pas être le leader de telles personnes, fait remarquer Igor Bounine, président du Centre des technologies politiques.

    Hormis le changement d’image de Russie Unie, on étudie également une mesure plus radicale: la formation pour les prochaines législatives de deux nouveaux partis au pouvoir, de gauche et de droite. La voie choisie dépendra des résultats de la campagne présidentielle, lorsqu’on saura à quel point la situation est sérieuse, a expliqué un fonctionnaire fédéral. Pour l’instant, il a été décidé que dans sa campagne électorale Poutine ne s’appuierait pas sur le parti, dont la popularité chute, mais sur le Front populaire, neutre.

    A l’issue des législatives, l’opposition ne bénéficiera pas seulement d’un financement public plus important. Les discussions à la nouvelle Douma (chambre basse du parlement russe) seront plus nombreuses et l’opposition y participera plus souvent, estime Igor Bounine. Le 4 décembre Dmitri Medvedev a déclaré que le parti devrait faire partie de coalitions. Selon lui, l’éventualité d’une coalition a été discutée avec tous les partis parlementaires, y compris avec Russie Juste, avec qui le parti au pouvoir avait déjà tenté de signer un accord, mais il faudra très probablement coopérer avec le parti libéral-démocrate (LDPR). Selon le politologue Dmitri Orlov, la coalition avec le parti libéral-démocrate paraît la plus plausible.

    Hier, le gouvernement russe a également parlé de changements politiques. Dmitri Medvedev n’a pas exclu le retour de la case "contre tous" sur les bulletins de vote et du scrutin majoritaire.
     
    Kommersant
    Ossétie/Sud: le président sortant s'accroche à son poste

    La confrontation à Tskhinvali s’est à nouveau exacerbée hier. Le président sud-ossète Edouard Kokoïty a qualifié la manifestation de protestation de l’opposition de tentative de "révolution orange." Et les opposants lui ont posé un ultimatum de deux jours pour quitter la république et ont commencé à se préparer pour l’investiture d’Alla Djioïeva fixée pour le 10 décembre, écrit mardi 6 décembre le quotidien Kommersant.

    La veille, tard dans la soirée, les leaders de l’opposition ont rejoint la place centrale de Tskhinvali pour annoncer leur intention d'en appeler à la communauté internationale pour lui demander d’empêcher une effusion de sang en Ossétie du Sud. Selon certaines rumeurs qui circulaient sur la place, les autorités avaient l’intention de disperser le rassemblement, arguant que le gouvernement actuel n’attendrait pas l’investiture d’Alla Djioïeva prévue par son état-major le 10 décembre, car sinon "tous les fonctionnaires se rangeraient de son côté." Toutefois, le général Barankevitch, partisan d’Alla Djioïeva, est convaincu que les autorités ne commettront pas une telle erreur: l’utilisation de la force provoquera une réaction de protestation encore plus forte, susceptible de déboucher sur une effusion de sang, car beaucoup possèdent des armes.

    Alla Djioïeva, apparaissant en public pour la première fois après un rhume, a fait nuitamment une apparition sur la place en toussant et en encourageant les gens qui lui serraient la main et lui promettaient de ne pas partir. En quelques jours cette femme s’est transformée de candidate protestataire en leader de l’opposition. Interrogée sur sa disposition à conclure un compromis, elle a répondu: "Pourquoi devrions-nous reconnaître notre défaite et partir si nous avons remporté cette présidentielle? Et pourquoi à partir au moment où l’on décide de défendre notre choix, où on nous accuse d’être pro-géorgiens? Toute ma vie j’ai combattu pour l’indépendance de l’Ossétie du Sud, tout le monde le sait."

    Dans la matinée, lorsqu’Edouard Kokoïty a rassemblé l'opinion publique de la république à l’auditorium gouvernemental, plusieurs personnes présentes sur la place sont allées écouter le président. La salle était remplie de policiers et de fonctionnaires. Beaucoup attendaient quelque chose de particulier, et chuchotaient que le président démissionnerait.

    Edouard Kokoïty est arrivé avec une heure de retard. Et il a parlé avec emphase de la "jeune démocratie" confrontée à une "dure épreuve." Selon lui, ce qui se passe est une forme de la révolution orange, un mauvais exemple donné par la Géorgie, et cela ne se passera pas comme ça ici. Il a déclaré que les relations avec la Russie étaient menacées et qu’il étoufferait toute velléité [de révolution].

    Le président paraissait concentré et énergique. Il disait qu’il fallait empêcher une confrontation et que des deux côtés des barricades se tenaient les représentants du même peuple.

    En fin d’après-midi, Atsamaz Bitchenov, président de la Cour suprême sud-ossète, a déclaré que la plainte d’Alla Djioïeva contre la décision de la cour annulant le résultat de la présidentielle serait examinée aujourd’hui. Mais personne n’a l’espoir que la cour annulera sa décision antérieure. Toutefois, cela n’a plus tellement d’importance: les leaders de l’opposition ont fixé à Edouard Kokoïty un ultimatum de deux jours pour rassembler ses affaires et quitter le cabinet présidentiel: selon eux, le mandat constitutionnel de Kokoïty expire le 7 décembre.
     
    Moskovskie Novosti
    Défaite du populisme aux législatives en Russie

    La population russe ne croit plus aux promesses populistes du gouvernement. Telle est la conclusion des économistes et du monde des affaires à l’issue des législatives, écrit mardi 6 décembre le quotidien Moskovskie Novosti. La société veut obtenir des garanties non seulement de maintien du niveau de vie actuel, mais également de sa croissance constante. La foi en cette perspective pourrait être alimentée par un programme clair et déterminé de réformes, avertissement les experts.

    La perte des voix du parti Russie Unie ne signifie pas la victoire de l’opposition, estime Alexandre Chokhine, président de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs. Il est convaincu que le vote a été protestataire. Le Parti communiste et Russie Juste n’ont pas été choisis par sympathie pour les idées de gauche, mais comme des partis qui entreront forcément à la Douma (chambre basse du parlement russe) afin de montrer au parti au pouvoir le mécontentement provoqué par sa politique.

    La poursuite à la veille de la présidentielle de la même politique des promesses exubérantes constatée à la veille des législatives serait la plus grande erreur du gouvernement. "Le populisme se renforcera pour la présidentielle. Cela fait partie de la stratégie électorale", affirme Igor Nikolaïev, directeur du département d’analyse stratégique de la société FBK. Selon lui, on ne verra pas d'évaluation objective de la situation car les autorités "hypnotisent" la population et s'auto-hypnotisent également.

    Le gouvernement n’est pas conscient qu’avec toute l'économie mondiale la Russie plonge dans la seconde vague de la crise, explique l’économiste. Il a pris d’énormes engagements, a promis d’augmenter considérablement les salaires et de réaliser les projets du siècle. "Pour le milieu des affaires cela signifie une seule chose: l’augmentation significative des charges fiscales", affirme Igor Nikolaïev. Les chiffres du reflux des capitaux témoigneront de l'ampleur de la réaction du monde des affaires aux résultats des élections.

    Le bon résultat du Parti communiste et de Russie Juste ne s’explique pas par leurs promesses populistes. Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev en ont également fait, et d’ailleurs certaines ont déjà commencé à être mises en œuvre. Cela n’a pas contribué à attirer les électeurs. La population ne veut pas voir de stagnation. De nouvelles réformes sont nécessaires pour l’éviter.

    La corruption pourrait être le principal vecteur d’attaque. "Le nouveau gouvernement et le président élu devraient changer significativement et rapidement le climat d’investissement dans le pays, déclare Alexandre Chokhine. Nous connaissons les principaux problèmes: ce sont les barrières administratives. L’octroi des terrains à bâtir, leur raccordement aux réseaux, les concertations avec les autorités – tout cela demande bien plus de temps que dans d’autres pays. Le revers de toutes ces barrières administratives est la corruption et l’emprise de la bureaucratie, qui peut non seulement soutirer de l’argent à une entreprise, mais également l'accaparer, que ce soit grâce à l’élargissement du secteur public ou en promouvant ses propres "hommes" dans les entreprises privées qui deviennent des structures oligarchiques."



    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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