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    Les titres du 26 avril 2012

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    Syrie: la trêve rompue avant même d'avoir débuté// Une ombre nucléaire plane sur l'Asie du Sud// Berlusconi utilisait la mafia pour protéger sa famille

    Kommersant

    Syrie: la trêve rompue avant même d'avoir débuté

    La trêve en Syrie est un échec. En dépit de l'arrivée dans le pays des cinq premiers observateurs de l'ONU, des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes à la fois et on compte les victimes par dizaines, écrit jeudi 26 avril le quotidien Kommersant.

    A Hama, l'un des centres de la "révolution syrienne", les observateurs de l'ONU ont discuté avec les habitants, dont beaucoup se plaignaient des actions du gouvernement. Et les troupes gouvernementales ont fait leur apparition en ville immédiatement après le départ des casques bleus. Selon les représentants de l'opposition, les "forces de répression" poursuivent ceux qui ont discrédité les autorités aux yeux des observateurs des Nations Unies. Selon les militants des droits de l'homme, l'armée a bombardé puis a pris d'assaut deux quartiers de la ville – al-Machaa et al-Arbaïne. Sur les 59 morts, neuf s'étaient entretenus la veille avec les casques bleus. Des affrontements ont également eu lieu dans deux banlieues de Damas – Douma et Sitt Zeinab.

    Dans son discours devant le Conseil de sécurité des Nations Unies Kofi Annan a reconnu qu'il était choqué par les derniers événements en Syrie. Néanmoins, il n'a pas encore mis une croix sur sa mission de paix. Annan a déclaré qu'il avait reçu une lettre du ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, qui a assuré que les autorités avaient achevé le retrait du matériel blindé des villes et n'avaient plus l'intention de mener d'opérations militaires.

    Toutefois, Kofi Annan a averti que les promesses devaient être tenues, et a laissé entendre que c'est loin d'être toujours le cas en ce qui concerne Damas. L'ONU a accumulé beaucoup de griefs contre les autorités syriennes. L'un d'eux a été énoncé par Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix. Selon lui, Damas trie les observateurs en fonction de leur origine, refusant de laisser entrer dans le pays des représentants des Etats membres de l'association des "Amis de la Syrie" qui s'opposent activement à Bachar al-Assad. L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Susan Rice, qui préside actuellement le Conseil de sécurité, a qualifié d'inadmissible une telle position du gouvernement syrien. Selon elle, Washington et ses alliés au Conseil de sécurité ne croient pas que Damas respectera les conditions de la trêve.

    Cependant, les sources des services de renseignement américains citées par les médias reconnaissent que les sanctions affectent principalement la population. Dans beaucoup de provinces syriennes, les autorités ont cessé de financer la santé, l'éducation et ont réduit les allocations sociales. En revanche, les structures de sécurité ont été les moins touchées: le gouvernement alloue de l'argent pour l'armée et les services de renseignement grâce aux réserves disponibles et à l'aide en provenance d'Iran, le principal allié de Bachar al-Assad sur la scène internationale.

     

    Nezavissimaïa gazeta

    Une ombre nucléaire plane sur l'Asie du Sud

    L'Inde a récemment lancé un missile de longue portée. La réaction du Pakistan ne s'est pas fait attendre. Hier, il a testé un missile capable de transporter une charge nucléaire. Selon les experts, le Pakistan et l'Inde ne sont pas des nations kamikazes et n'ont pas l'intention d'utiliser l'arme nucléaire. Mais plusieurs pays, y compris la Corée du Nord et l'Iran, perfectionnent en même temps leurs moyens offensifs à proximité de la Russie, ce qui est préoccupant, écrit jeudi 26 avril le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Mercredi dernier le Pakistan a lancé un missile balistique perfectionné de moyenne portée capable de porter une tête nucléaire. L'armée pakistanaise l'a baptisé Shaheen-1A.

    Il y a une semaine, l'Ide a effectué le lancement réussi du missile Agni-5 d'une portée de 5.000 kilomètres. Le gouvernement de l'Inde a qualifié cet essai de pas vers le renforcement de la sécurité et la confirmation des progrès du pays dans la maîtrise des dernières avancées scientifiques et techniques.

    La presse occidentale considère à l'unanimité le vol de Shaheen-1 comme une réponse du Pakistan à l'Inde. Mais la BBC souligne que la cible potentielle de l'Inde n'était pas le Pakistan, mais la Chine. New Dehli voulait montrer à Pékin que lui-aussi, comme la Chine, disposait d'un puissant moyen de dissuasion.

    Viatcheslav Belokrenitski, directeur adjoint de l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie, a fait remarquer que la "course aux missiles en Asie du Sud se poursuit et que cela constitue un contexte politique défavorable aussi bien pour l'Inde, le Pakistan et leurs voisins proches, que pour la Russie, qui doit prendre en compte tous les risques pour sa sécurité.

    "La bombe nucléaire n'est pas un fusil de chasse destiné à tirer obligatoirement. On veut l'avoir à titre d'arme de représailles du dernier recours, et non pas pour l'utiliser. D'autant plus que plus de 150 millions de musulmans vivent en Inde. Les Pakistanais ont conscience que des coreligionnaires mourraient dans une guerre nucléaire."

    Un dégel a été constaté ces derniers temps dans les relations indo-pakistanaises. Islamabad a déclaré qu'il était prêt à fournir aux entreprises indiennes des conditions commerciales aussi favorables que celles offertes auparavant par New Dehli aux entrepreneurs pakistanais. Le président pakistanais Asif Ali Zardari s'est récemment rendu en Inde en visite non officielle.

    Les militaires des deux pays ont leurs propres objectifs. Il existe des raisons d'espérer que les lancements de missiles ne conduiront pas au gel des relations bilatérales.

    L'existence de deux Etats disposant d'un potentiel nucléaire et de missiles au sud des frontières russes et dans la péninsule de Corée est évidemment préoccupante. Mais le plus inquiétant, ce sont les actions de la Corée du Nord, en raison de l'opacité du système politique de ce pays.

    Rappelons que récemment Nikolaï Makarov, chef d'état-major général des forces armées russes, a reconnu l'existence d'une menace nucléaire à la Russie émanant de la Corée du Nord et de l'Iran.

     

    Izvestia

    Berlusconi utilisait la mafia pour protéger sa famille

    Selon un document publié par la Cour de cassation d'Italie, dans les années 70-80, l'ex-premier ministre Silvio Berlusconi versait d'importantes sommes d'argent à la mafia sicilienne, écrit jeudi 26 avril le quotidien Izvestia.

    Ces informations confirment les rumeurs selon lesquelles Berlusconi versait de l'argent au chef de Cosa Nostra Stefano Bontate pour le protéger lui-même ainsi que sa famille contre d'éventuels enlèvements. Le garde Vittorio Mangano, gangster sicilien condamné plus tard pour meurtre, vivait même dans la demeure du Cavaliere. Cependant, la justice italienne fait remarquer que le magnat de la presse, qui débutait seulement à l'époque sa carrière politique, pouvait soudoyer la mafia pour autre chose que pour la protection. Il est possible qu'il ait eu des intérêts commerciaux communs avec Cosa Nostra en Sicile.

    "En perdant son poste, Berlusconi est devenu une cible facile pour les démocrates italiens", estime Maxim Minaïev, expert du Centre de conjoncture politique.

    Selon le politologue, ils cherchent par tous les moyens à affaiblir le parti de Berlusconi en prévision des élections législatives qui se tiendront l'année prochaine. Le départ ou la discréditation du leader du parti du Peuple de la liberté profiterait aux démocrates. Ce parti n'a actuellement aucune alternative à Berlusconi.

    La seconde raison des plaintes incessantes contre Berlusconi réside dans le litige qui l'oppose au parquet de Milan. Si le dossier de l'ex-premier ministre était examiné, par exemple, par le parquet de Rome, il serait classé depuis longtemps. Le conflit dure depuis les années 1980 et a des racines historiques. Berlusconi est associé au flanc droit, alors que les forces de l'ordre de Milan au flanc gauche. C'est la raison pour laquelle les experts estiment que les enquêteurs de Milan cherchent à régler leurs comptes avec un homme qui n'est plus aussi puissant qu'auparavant.

    "Il y a peu de chances que Berlusconi se retrouve derrière les barreaux prochainement", déclare le politologue Giulietto Chiesa, leader du mouvement public Alternativa.

    Selon lui, on négocie avec Berlusconi et on utilise en même temps contre lui le chantage aux poursuites judiciaires. Le but de ce jeu consiste à empêcher la sortie du Peuple de la liberté de la coalition gouvernementale. Dans les conditions de la situation économique difficile, dans laquelle se trouve aujourd'hui l'Italie, aucun acteur sérieux ne souhaite initier une crise politique.

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

     

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