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    Terreur en Syrie: témoignages de Syriens

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    Situation politique en Syrie (2930)
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    Personne d'autre que les témoins oculaires ne peut vous décrire la situation en Syrie. Toutefois, même les récits de ces derniers ne permettent pas de former un tableau complet car les avis varient en fonction des localités, des métiers de témoins et de plusieurs autres facteurs. RIA Novosti a recueilli quelques témoignages en s'entretenant avec des habitants de Damas et Deraa.

    Personne d'autre que les témoins oculaires ne peut vous décrire la situation en Syrie. Toutefois, même les récits de ces derniers ne permettent pas de former un tableau complet car les avis varient en fonction des localités, des métiers de témoins et de plusieurs autres facteurs. RIA Novosti a recueilli quelques témoignages en s'entretenant avec des habitants de Damas et Deraa.

    A. Moussa,  journaliste, Damas

    La capitale syrienne connaît depuis près de deux mois une montée de violences sans précédent, des échanges de tirs et des explosions retentissent quotidiennement en périphérie de la ville, les enlèvements et assassinats y devenant quasi-habituels.

    En mars dernier, la vie suivait encore son cours ordinaire à Damas et il était difficile d’imaginer que le sang coulait quotidiennement seulement à quelques kilomètres de la ville. Aujourd’hui; la peur règne dans les rues de la capitale syrienne. Effrayés par le double attentat meurtrier du 10 mai, les habitants de Damas et de sa banlieue assistent quotidiennement aux attaques perpétrées par des bandes armées contre les points de contrôle installés à l’entrée de la ville et près de bâtiments militaires.

    Dès que la nuit tombe, des échanges de tirs et des explosions secouent différents quartiers de la ville. Ce sont les quartiers habités par des fondamentalistes religieux, qui représentent un danger particulier : agressions  et enlèvements y surviennent quasi quotidiennement. Visant principalement les forces de sécurité, ces attaques coûtent également la vie à des civils.

    Selon les habitants locaux, la situation sécuritaire s’est nettement détériorée dans le pays après l’arrivée sur son sol de la mission d’observation de l’Onu. Qualifiant toutes ces attaques de "provocation", ils accusent les bandes armées de chercher à torpiller le plan de règlement de la crise syrienne avancé par l’émissaire spécial de l’Onu et de la Ligue arabe sur la Syrie, Kofi Annan. Beaucoup de Syriens inscrivent sur la liste de ces provocations le massacre perpétré  la semaine dernière dans le village de Houla (centre de la Syrie).

    Fait curieux, cette montée des violences a poussé certains opposants au régime à revenir sur leur position. Ceux qui il y a encore un an niaient toute idée de complot contre la Syrie et rejetaient l'entière responsabilité de la crise syrienne sur le régime et l’armée reconnaissent aujourd’hui la présence d’une « troisième force » (terroristes financés depuis l’étranger) et prônent même la nécessité de rompre le cessez-le-feu en vigueur en Syrie depuis le 12 avril.
    En contrepartie, d'autres estiment que cette vague de violences est une réaction naturelle et légitime suite aux répressions perpétrées par le régime en place.

    Ahmad el-Khatib, Membre du Conseil du commandement révolutionnaire à Damas

    Aujourd'hui, les marchés de Damas ont entamé leur première grève depuis l'arrivée du parti Baas au pouvoir. Les marchands se sont finalement rendus compte qu'il est impossible de vivre sous ce régime, et se sont joints aux protestations. La situation économique se détériore de jour en jour.

    A Damas, la situation est différente, car la majorité des résidents de la capitale soutiennent le président el-Assad. La ville est beaucoup moins agitée qu'auparavant, certains habitants se rendent toujours aux cafés et aux restaurants.

    Aïcha, ménagère de 60 ans, Deraa

    Nous ne bougeons presque pas de chez nous. Nous et nos voisins, nous vérifions si tout est calme en dehors, et ensuite on se rend très vite au magasin pour acheter des produits ou des médicaments, ou bien une bouteille de gaz. Les prix sont incroyables, une famille ordinaire ne peut pas se permettre d'acheter des œufs!

    Quand le soir approche, les rues deviennent désertes, mais même en plein jour nous préférons de ne pas laisser les enfants sortir, même pour aller à l'école. Après le coucher du soleil, personne ne sort de la maison.

    Un expert politique, Damas

    Le régime cherche à exercer des pressions sur les gens, notamment avec des leviers économiques, mais le régime en souffre lui-même: le secteur touristique et les exportations connaissent une stagnation sur fond des sanctions internationales.
    Je ne vais pas nier la présence de groupes armés qui enlèvent les gens et refusent de cesser les hostilités en dépit de la trêve, mais on sait bien que tout cela découle de la politique menée par le gouvernement, qui a provoqué le chaos dans le pays.

    Pour plusieurs habitants de la capitale syrienne, le récent massacre du village de Houla a constitué un tournant dans leur attitude envers le régime et l'opposition.

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