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    Les titres du 12 février 2013

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    Sergueï Lavrov part en tournée en Afrique// Les fusées Proton-M resteront en service jusqu'en 2025// OMC : la Russie victime d’un complot mondial// Benoît XVI quitte son trône mais reste au Vatican

    Kommersant
    Sergueï Lavrov part en tournée en Afrique

    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a entamé hier sa tournée africaine en Algérie – un pays qui a "beaucoup d'autorité et d'influence dans le monde arabe, en Afrique, en Méditerranée et sur l'ensemble de la scène internationale", selon le MAE russe. Il prévoit d'accorder une attention particulière à la situation au Mali et à la coopération économique, écrit mardi le quotidien Kommersant. Les experts sont convaincus que la protestation de certains pays d'Afrique contre l'ingérence de l'Occident dans les crises politiques et militaires est une opportunité pour Moscou de renforcer ses positions sur le continent et d'améliorer son image.

    Sergueï Lavrov s'était déjà rendu en Algérie en mai 2011. La Libye était alors sous les feux des projecteurs après le lancement de l'opération militaire contre l'armée de Mouammar Kadhafi. Aujourd'hui, on assiste à une situation tout aussi inquiétante au Mali où les troupes françaises combattent aux côtés de l'armée contre les islamistes radicaux. Toutefois, la situation s'est déstabilisée dans l'ensemble de la région, comme le prouve la récente attaque contre le gisement de gaz d'In Amenas. Les terroristes qui ont organisé l'attentat affirmaient qu'ils cherchaient à venger la mort de leurs frères d'armes maliens.

    "Depuis des années, les autorités algériennes luttent contre l'extrémisme dans le pays et elles sont très intéressées par l'élimination des islamistes au Mali – dans le cas contraire, les Algériens partageraient une frontière avec un territoire terroriste criminel au sud, déclare
    Mikhaïl Marguelov, représentant spécial du président russe pour l'Afrique, ajoutant que le règlement du conflit malien était également dans l'intérêt de Moscou. Après les deux guerres de Tchétchénie, la Russie craint le renforcement de l’islamisme où que ce soit."

    Pour Mikhaïl Marguelov l'activité des islamistes, stimulée par le printemps arabe, pourrait transformer le territoire africain s’étendant du Sahel à la Corne de l'Afrique en "Arc vert" d'extrémisme. Sergueï Lavrov a évoqué les moyens d'empêcher un tel scénario avec ses interlocuteurs algériens. Selon les diplomates russes, il était plutôt question de remettre les pendules à l'heure – les positions de Moscou et d'Alger coïncident sur les questions centrales.

    L'ordre du jour de la visite ne s’est pas limité aux questions uniquement politiques - l'Algérie fait partie des principaux partenaires économiques de la Russie en Afrique. Les deux pays coopèrent notamment pour l'exploitation des hydrocarbures – Gazprom et Rosneft travaillent depuis longtemps sur le marché algérien et la compagnie pétrolière Roussneft a annoncé l'été dernier son intention d'exploiter les gisements dans le pays. La Russie fournit également des céréales, du métal, des marchandises pour la construction automobile et du matériel militaire à l’Algérie.
    A la fin de l'année dernière, Alger s'est dit être intéressé par la participation de développeurs russes dans le programme national à hauteur de 60 milliards de dollars pour la construction de 10,5 millions de m² de logements.

    La promotion des intérêts économiques de Moscou en Afrique sera le fil conducteur de la tournée de Lavrov, qui se rendra également en Afrique du Sud, au Mozambique et en Guinée. "Après les années 1990, nous aurions pu jouer un rôle important dans les jeux des autres en Afrique. Cependant, notre retour sur le continent a déjà commencé", a déclaré Mikhaïl Marguelov.

    Alexandre Joukov, de l'Institut africain à Moscou, a appelé la Russie à prendre exemple sur la Chine, qui s'empare progressivement et méthodiquement de positions économiques sur le continent africain.

    Il est convaincu que la Russie a plusieurs avantages sur les pays occidentaux, qui se rapportent aussi bien au passé qu'au présent. "L'Afrique critique de plus en plus la position des pays occidentaux après les dernières crises militaires et politiques. Dans ce contexte la position de Moscou, qui refuse de participer aux interventions et de soutenir les mouvements antigouvernementaux, paraît bien plus respectable", affirme l'expert.

    Izvestia
    Les fusées Proton-M resteront en service jusqu'en 2025

    Le centre Khrounitchev, qui fabrique les fusées porteuses Proton-M, n'a pas changé ses plans de construction après la limitation du nombre de lancements pour 2013 par le gouvernement kazakh, écrit mardi le quotidien Izvestia.

    "Je pense que nous réussirons à effectuer le nombre de lancements nécessaires cette année, a expliqué Alexandre Seliverstov, directeur général du centre Khrounitchev. Nous les avons planifié en partant du nombre de contrats conclus et je pense qu’ils seront remplis. Il existe des accords officiels avec le Kazakhstan et en principe, rien n'empêche de lancer le nombre actuellement nécessaire de Proton-M."

    Selon Seliverstov, le centre Khrounitchev prévoit prochainement d'effectuer sept lancements commerciaux avec le Proton-M.

    "Le 15 mars, nous pensons procéder au premier lancement commercial. Les intervalles suivants sont très courts car nous devrons effectuer jusqu'à trois lancements en deux mois, a déclaré le directeur général. Notre objectif ? Mener sept lancements commerciaux à ce régime. Le planning de 2013 est tel que les lancements dans le cadre des programmes fédéraux sont principalement prévus pour la seconde moitié de l'année."

    Le gouvernement du Kazakhstan a approuvé le 28 décembre dernier le plan des lancements de Baïkonour pour 2013, qui n’a pas reçu l’aval de la Russie. Le nombre de lancements a été réduit à 12 - au lieu de 14 en 2012. A titre de mesures de rétorsion, la Russie a menacé le Kazakhstan de suspendre la coopération sur l'ensemble des projets spatiaux communs.

    "Dans la situation actuelle, la Russie devra revoir sa position sur la coopération bilatérale - y compris le programme Dniepr, Baïterek - compte tenu notamment de ses plans de transfert sur la fusée porteuse Zénith ", annonce la note envoyée par le MAE russe à ses homologues kazakhs en janvier dernier. Par ailleurs, quelques jours après l'envoi de cette note, les déclarations des deux pays sont devenues plus souples. Il a été annoncé que les différends concernant Baïkonour étaient ponctuels et qu'un compromis serait trouvé.

    "Je suis convaincu que la question de lancement des Proton-M sera réglée, déclare Seliverstov. Bien sûr, nous voulons dire qu'une réduction progressive de la production des fusées porteuses Proton-M est prévue d'ici 2020. Mais étant donné la production actuellement stable et compte tenu des commandes à venir, il est possible que les Proton-M soient utilisés jusqu'en 2025."

    D'après le directeur du centre Khrounitchev, les contrats pour 2015 et 2016 sont actuellement négociés avec les clients.

    "Nous avons évoqué ces plans avec la nouvelle équipe d'ILS (International Launch Services, société américaine chargée du marketing des services de lancement avec les porteurs de Khrounitchev à l'étranger), le portefeuille des commandes est défini pour 2013 et 2014."

    Ivan Moïsseev, chef de l'Institut de politique spatiale, estime que Proton restera pendant encore longtemps la principale fusée porteuse lourde russe et que son exploitation jusqu'en 2025 "est une perspective réaliste".

    "L'accord sur la location de Baïkonour court jusqu'en 2050 et théoriquement, le Proton pourrait être lancé pendant toute cette période - ou jusqu'à ce qu'il soit remplacé par Angara. Mais beaucoup de temps s'écoulera avant que ce changement ne se produise : il faut encore effectuer 3 ou 4 lancements pour commencer à exploiter Angara. D'ici là, le Proton restera le garant des positions russes sur le marché global des services de lancement spatiaux.

    RBC Daily
    OMC : la Russie victime d’un complot mondial

    Le parti Russie unie, qui a voté il y a six mois pour l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a découvert que suite à cette intégration la part des marchandises russes dans les magasins avait diminué de 20% et que la qualité des produits importés laissait à désirer. Les commerçants le nient et les économistes doutent également des résultats de l'étude menée par le parti – des changements aussi significatifs n'auraient pas pu se produire en seulement quelques mois de vie selon les règles de l'OMC, écrit mardi le quotidien RBC Daily.

    Les militants du projet de parti "Contrôle populaire" ont mené une enquête, pendant deux semaines, sur le prix des produits alimentaires. Ils ont comparé les tarifs des denrées identiques d'origine fédérale, régionale et étrangère. Viktor Zvaguelski, membre de la commission sur la politique économique, a dévoilé les résultats préliminaires de cette étude comparative.

    Selon lui, les prix des produits alimentaires n'ont pas augmenté. En revanche, le rapport entre les marchandises russes et étrangères dans les rayons des magasins a changé. "Selon les informations préliminaires, dans les régions où les réseaux commerciaux fédéraux sont plus représentés, la part des marchandises russes en rayon a baissé de 20% et ce chiffre continuera à augmenter, déclare le député. Mais dans les régions où les réseaux commerciaux écoulent des produits locaux, la situation est différente."

    Cette nouvelle donne est due à l'annulation des taxes sur les produits importés, qui coûtent désormais moins cher que les marchandises russes. Mais leur qualité est largement inférieure par rapport aux fabricants russes, affirme Zvaguelski. Il remarque que les produits régionaux n'arrivent pas dans les rayons des magasins en raison des barrières fixées par les réseaux commerciaux. "Il faut savoir que de nombreux acteurs du marché sont des détaillants occidentaux. En adhérant à l'OMC, l'Etat doit protéger le producteur national et empêcher l'arrivée illicite de marchandises dans les réseaux commerciaux", a-t-il affirmé.

    Mais les experts ne voient toujours pas pourquoi de tels bouleversements seraient survenus sur le marché après l'adhésion de la Russie à l'OMC. On constate des changements dans certaines catégories comme la viande de porc, déclare Alexeï Portanski, professeur au Haut collège d'économie. Selon le tarif douanier commun approuvé par la Commission eurasiatique, la taxe sur l'importation de porcs vivants est passée de 40 à 5% et de 15 à 0% sur la viande de porc.
    La majeure partie des taxes commencera à diminuer à partir du 22 août 2013. D'autres facteurs ont probablement influé sur la situation comme l'annulation de la surtaxe de crise, note-t-il.

    "Premièrement, les taxes seront réduites progressivement. Deuxièmement, la diminution des tarifs sur les mêmes produits alimentaires sera en moyenne de 10 à 8%. Cela ne peut pas donner de tels chiffres", reconnaît Natalia Voltchkova, professeur à l'Ecole russe d'économie.

    Les détaillants réfutent également les résultats de l'étude et affirment que la part des produits russes n'a pas changé. "Dans le réseau, les marchandises des fabricants russes qui se trouvent sur le territoire national, toutes marques confondues, représentent 90% des produits dans beaucoup de catégories", a déclaré Ekaterina Koumanina, responsable des relations extérieures du groupe Diksi.

    "La part des fabricants russes dans les magasins X5 atteint 85% et dans certaines catégories elle peut aller jusqu'à 90-100%", confirme Vladimir Rouslanov, porte-parole du X5 Retail Group.

    Néanmoins, une fois que le résultat définitif de l'étude sera connu, Russie unie a l'intention d'adopter des amendements à la loi sur l'activité commerciale. Il est prévu notamment d'augmenter les amendes sur les "tickets d'entrée" et les bonus rétro. Les sanctions actuelles sont trop souples, estime Zvaguelski, et il est plus simple pour les détaillants de payer une amende et de continuer à enfreindre la loi. Les députés proposent également d'adopter des sanctions allant jusqu'à une suspension d'activité de 90 jours pour la signature forcée d'un contrat, lorsque le fabricant est forcé de payer une campagne de pub afin que ces marchandises arrivent dans les rayons des magasins.

    Nezavissimaïa gazeta
    Benoît XVI quitte son trône mais reste au Vatican

    Le pape Benoît XVI a annoncé hier sa démission, qui prendra effet le 28 février, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Le souverain pontife a fait cette annonce devant les cardinaux réunis lors du consistoire pour la canonisation des martyrs de la ville d'Otrante.

    "Je vous ai convoqués à ce consistoire non seulement pour les trois canonisations mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise." C'est à cet instant qu'il a annoncé son intention de démissionner, à cause de la "faiblesse de ses forces" en raison de son âge avancé.

    Une heure plus tard, le porte-parole du pape Federico Lombardi a réuni une conférence de presse pour confirmer ses propos. Evidemment, les spécialistes sont plutôt sceptiques sur les arguments de Benoît XVI. En effet, le pape a 85 ans mais ne semble pas souffrir d'une maladie grave.

    Il est à noter que son prédécesseur Jean-Paul II, dont l'état de santé était bien plus grave, était resté jusqu'au bout pour gouverner la "barque de saint Pierre".

    D'autres causes ont pu motiver la décision du pape. Premièrement, beaucoup pensent que Benoît XVI ne se sentait pas très bien dans le ministère pastoral, lui qui est professeur et non pas missionnaire. S’il doit présider une tribune, autant qu'elle soit universitaire. De plus, Benoît XVI n'a pas les qualités considérées comme nécessaires pour ceux qui exercent un travail de dirigeant. Il manque de fermeté.

    Son pontificat a également été secoué par des scandales. Benoît XVI a beaucoup fait pour sanctionner les prêtres pédophiles mais il n’a pas réussi à maîtriser intégralement le problème. Des scandales financiers ont éclaté, notamment celui de la banque du Vatican. Cette banque, censée financer des œuvres de charité, utilisait les comptes de clients pour des spéculations financières.

    Sans oublier le scandale avec le majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele, qui avait profité de la confiance du pontificat pour voler des lettres personnelles et d'autres documents confidentiels, revendus ensuite à un journaliste italien.

    L'abdication du pape est un phénomène si rare qu'il n'existe aucune procédure adéquate. C'est pourquoi le droit canonique ne fournit pas de réponse à plusieurs questions. Par exemple, le pape donne sa démission. Mais à qui ? En fait, il n'y a pas d'autorité qui pourrait accepter sa lettre de démission. Ensuite. Benoît XVI pourrait-il "se repentir" avant la date annoncée de son départ
    (28 février) et renoncer à sa décision?

    On se demande également quelle sera la vie de "l'ex-pape" par la suite. Ce sera bien sûr un fardeau pour son successeur. Le pape au pouvoir ressentira que son autorité est réduite, qu'il se trouve sous une sorte de tutelle de son prédécesseur. Quelqu'un a proposé à l'ex-pape de partir dans un monastère lointain en abandonnant complètement la gestion de l'Eglise. Par ailleurs, il a été annoncé que Benoît XVI vivrait au Vatican. Autre question à laquelle les avocats devront répondre : en démissionnant, le pape redevient-il cardinal ?

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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