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    Agriculture d’Ukraine: des prévisions peu réconfortantes

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    L’agriculture d’Ukraine risque une réduction totale. L’UE n’est pas encore prête à accepter ses produits, tandis que la Russie et la Biélorussie ferment déjà l’accès à leur marché.

    L’agriculture d’Ukraine risque une réduction totale. L’UE n’est pas encore prête à accepter ses produits, tandis que la Russie et la Biélorussie ferment déjà l’accès à leur marché.

    L’Ukraine, possédant un potentiel humain considérable et des terres fertiles, se transforme à vue d’œil d’un gros pays exportateur en un importateur des denrées alimentaires. Le Trésor d’Etat consacre un maximum de moyens aux opérations militaires dans le Sud-est du pays – le soutien de l’agriculture est réduit pratiquement à zéro. A la fois les prix du carburant diesel se sont envolés, ce qui enchérit le coût de production pour les fermiers et diminue brusquement leur compétitivité, constate Igor Abakoumov, chargé de cours à l’Académie de l’Agriculture Timiriazev :

    " Dans les années précédentes des investissements assez importants ont été faits dans le développement du secteur agricole d’Ukraine. Ce qui a permis d’acheter du matériel contemporain, des engrais et des semences de qualité. Mais ces douze-dix-huit mois les indicateurs respectifs ont chuté. La direction de l’Ukraine ne pense plus à l’agriculture – elle a d’autres chats à fouetter. "

    On a l’impression qu’on veut intentionnellement faire des producteurs ukrainiens des consommateurs, remarquent des experts. C’est bien l’un des moyens d’éliminer le concurrent. L’UE n’a pas besoin de l’Ukraine, qui était toujours réputée pour son agriculture. En conduisant l’agriculture du pays à un collapsus, de faux sauveurs occidentaux commenceront à racheter petit à petit des exploitations et des terres dépréciées. Or un autre scénario était possible, considère Igor Abakoumov.

    " Si l’Ukraine sortait sur le marché mondial des céréales ensemble avec la Russie et le Kazakhstan, cela aurait été un très puissant facteur de pression sur le marché. Alors ces pays auraient pu reléguer les Etats-Unis, le Canada, l’Argentine, le Brésil à leur place, comme c’était le cas à l’époque soviétique. Alors l’URSS produisait plus que tous les pays mentionnés pris ensemble. "

    Pour le moment l’agriculture ukrainienne parvient encore à se maintenir à la surface. Principalement grâce à la production et à l’exportation du blé, de l’huile végétale, des graines oléagineuses. La production de boucherie, laitière et sucrière ont souffert davantage. Cela à cause de la réduction d’un tiers de la demande de la part de la Russie. Les déclarations du président ukrainien elles aussi rendent méfiants les spécialistes, dit l’expert à l’Ecole supérieure de l’économie, Andreï Souzdaltsev :

    " Dans son discours d’investiture Piotr Porochenko a dit que la terre constituait à présent le principal facteur de développement. Faut-il le comprendre comme si tout a été déjà ruiné et volé? Il ne reste que les terres noires ukrainiennes, qui représentent une grande valeur pour l’Europe et la Chine ? "

    D’aucuns ajoutent encore crédit à l’association avec l’UE. Les autorités cherchent à faire accroire que l’intégration dans les structures européennes était la meilleure solution pour l’agriculture ukrainienne. Mais il est naïf de penser que tout marchera comme sur des roulettes, estiment des experts. Pour le moment l’Europe n’a apprécié que les jus de fruits et de légumes de fabrication ukrainienne. Les quotas pour les jus sont entièrement épuisés. Pour les autres produits cela représente moins de 50 %.

    La Voix de la Russie

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