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    Fermeture du projet South Stream: réaction et conséquences

    © Photo. South Stream Transport B.V.
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    Le gazoduc South Stream (382)
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    C'en est fini de l'itinéraire gazier prévu dans le cadre du projet South Stream. Sept pays participaient à ce projet, les travaux étaient engagés depuis des années et des sommes importantes avaient été dépensées. Malgré tout, on a tiré un trait sur cette idée.

    C'en est fini de l'itinéraire gazier prévu dans le cadre du projet South Stream. Sept pays participaient à ce projet, les travaux étaient engagés depuis des années et des sommes importantes avaient été dépensées. Malgré tout, on a tiré un trait sur cette idée.

    C'est le président russe Vladimir Poutine qui a ordonné et expliqué cet abandon du chantier.

    Un point faible – la Bulgarie

    Le gouvernement russe a été poussé à prendre cette décision par les événements récents autour du projet de gazoduc. La situation s'est exacerbée et certains pays participants ont décidé de s'opposer à sa construction, même s'ils y voyaient encore récemment une source d'approvisionnement fiable en gaz.

    La Bulgarie s'est publiquement prononcée contre le projet South Stream, de manière catégorique. Avec une telle approche d'un projet commun, toute la construction est condamnée à s'effondrer si l'un des participants quitte le navire. C'est pourquoi Moscou a décidé de stopper les travaux commencés.

    Il faut croire que la Bulgarie elle-même n'aurait jamais eu l'idée de faire échouer la construction déjà engagée, c'est-à-dire de nuire à ses propres partenaires. Comme il était impossible d'exercer de fortes pressions sur d'autres participants au projet, comme l'Autriche ou l'Italie, les USA et Bruxelles ont jeté leur dévolu sur la Bulgarie.

    Difficile de dire ce qui a motivé Sofia à faire ce geste de trahison. On lui a visiblement promis quelque chose en échange de cet "acte de sabotage". Cependant, c'est le gouvernement bulgare qui devra assumer les pertes des participants au projet, et non celui de Washington ou de Bruxelles.

    Un nouveau zigzag

    Après l'annonce de Moscou, le premier ministre bulgare Boïko Borisov a repris ses esprits ou reçu de nouvelles consignes d'autres sphères: il a soudainement annoncé que le projet South Stream devait être réalisé!

    Trop direct. Ses déclarations reflètent certainement l'intention voilée de se blanchir et d'accuser Moscou de l'échec du projet.

    Entre temps, ces cabrioles verbales des dirigeants bulgares concernant la nécessité de South Stream n'ont pas été soutenues par les pays européens ayant besoin du gaz russe. Le nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a réagi à la fermeture du projet en déclarant qu'il fallait chercher une solution à ce problème. "South Stream pourrait être construit, dit-il. Les conditions sont réunies depuis longtemps".

    La Grèce et la Serbie prônent aujourd'hui plus activement la reprise du projet. Ces pays appelaient la Commission européenne à poursuivre les négociations avec la Russie afin que South Stream devienne réalité en dépit des scandales.

    La Russie intransigeante

    Les dessous de cette histoire sont évidents: l'objectif consistait à nuire à la Russie, s'efforcer de la priver au moins partiellement du marché gazier européen. Or cela ne représente pas un risque élevé pour la Russie: le gaz naturel est une marchandise sans date de péremption.

    Et que la demande en gaz ne fera que croître, toujours.

    Il existe notamment des options pour vendre du gaz à la Turquie, ainsi que sur les marchés des pays d'Asie et d'Europe qui ont besoin de cet hydrocarbure. La Russie assure actuellement plus de 40% des besoins de l'Europe en gaz. La Commission européenne cherche depuis des années, en vain, à attirer de nouveaux fournisseurs de gaz en Europe pour "se libérer de la dépendance de Gazprom". Cependant, le gaz russe continue d'arriver sur le continent car les tarifs conviennent aux acheteurs et Moscou n'avance pas de conditions politiques.

    En se prononçant sur la décision russe de stopper la construction de South Stream, le président de l'Union internationale du gaz Jérôme Ferrier a noté: "La décision russe a probablement plusieurs raisons: montrer une fois de plus à l'Europe occidentale que d'autres marchés s'ouvrent à la Russie, notamment la Chine, qui vont constituer un complément, voire une alternative progressive aux débouchés européens".

    Tous ces faits montrent qu'en dépit des obstacles érigés sur la voie de coopération entre la Russie et l'Europe, ils ne ternissent pas la perspective de poursuivre la coopération entre ces partenaires historiques. Il existe suffisamment de raisons et d'espoirs concrets pour rester optimiste.

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