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    SPIEF 2015 : malgré les sanctions, le business européen prospère en Russie

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    Valérie Smakhtina
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    Face aux sanctions occidentales et à la chute du rouble, la Russie a changé sa politique industrielle.

    Désormais, les hommes d'affaires joignent leurs efforts en vue de réduire la dépendance en matières premières, ainsi que de diversifier l'économie en mettant l'accent sur les innovations et une production à haute valeur ajoutée. Comment cette stratégie a-t-elle impacté les entreprises étrangères travaillant en Russie?

    Il se trouve que le business va de l'avant, malgré les restrictions économiques. Martin Vaujour, directeur Finance chez Alstom en Russie, président régional de la compagnie dans les pays de la CEI, est très optimiste bien que la compagnie française qui était très bien placée pour construire le TGV Moscou-Kazan fût victime de l'escalade dans les sanctions entre l'Occident et la Russie. « Dans l'industrie ferroviaire, il n'y a aucune entreprise qui s'en va, a-t-il annoncé à la radio Sputnik. Au contraire, la coopération continue avec les partenaires occidentaux, comme elle a existé depuis des années. On a de nouveaux projets. On s'adapte.

    La Russie est un partenaire naturel de l'Europe et vice-versa: l'Europe est un partenaire naturel de la Russie. Malgré les sanctions, sur le long terme, ces relations naturelles sont vouées à succès. Si je prends l'exemple d'Alstom en Russie, nous travaillons avec des industries russes. Notre partenariat avec Transmashholding n'est pas pour deux ou trois ans mais pour le très long terme.

    La chute du rouble est une donnée importante pour le partenariat Alstom-Transmashholding. Transmashholding recevait des revenus en roubles et payait une partie de ce qu'elle recevait en euros. Aujourd'hui, on réoriente le partenariat. Plutôt que de continuer à importer des composants et de technologies en monnaies fortes, l'idée est d'utiliser, au contraire, la base industrielle russe pour nos besoins dans le monde entier. En d'autres termes, il s'agit d'acheter des composants, des sous-systèmes à Transmashholding qu'on va intégrer dans les trains d'Alstom en Europe, en Afrique, en Asie, etc. Car ce que produit notre partenaire Transmashholding — ce sont des produits qui sont différents de la gamme que nous produisons dans le reste du monde. Et donc, nous avons une formidable opportunité d'offrir ces produits-là dans le reste du monde et, de ce fait, aider Transmashholding à exporter. C'est un partenariat très gagnant-gagnant.

    Dans le domaine ferroviaire, il faut plusieurs choses: il faut une base domestique forte. Cela veut dire qu'il faut que les autorités politiques en Russie protègent leur industrie avec des commandes domestiques pour les Chemins de fer russes et pour les clients de la zone, de façon à ce que l'on continue à avoir une puissance industrielle significative, une capacité à innover et à se développer.

    Ensuite, il faut de l'innovation. Alstom est là pour aider à innover et à se mettre aux standards de qualité mondiaux.

    Puis, il faut une capacité à exporter. Là encore, nous travaillons ensemble avec Transmashholding parce qu'Alstom est une entreprise mondiale qui est présente dans toutes les régions du monde avec une organisation par zones. C'est grâce à cette organisation par zones qu'on peut aider Transmashholding à vendre à l'export.

    Pour autant et en plus de cela, il faut le support gouvernemental de deux façons. D'une part, un support financier, c'est-à-dire que les autorités russes doivent mettre en place des mécanismes de financement à l'export, par exemple, en Egypte. Là-dessus, la Russie a un effort à faire pour rattraper les mécanismes d'accompagnement à l'export de sa propre industrie.

    Il y a encore autre chose. Depuis très longtemps, la Russie a protégé son marché intérieur avec des normes et des standards différents du reste du monde, ce qu'on appelle les gost. Ces gost s'appliquent non seulement à la Russie, mais également à l'Union eurasiatique et à un certain nombre de pays de la CEI par tradition. Ces standards sont une barrière à l'entrée pour les industriels qui voudraient s'installer en Russie. Et à l'inverse, les entreprises comme Transmashholding, si elles veulent se mettre à exporter, devront apprendre les normes internationales. La Russie a un effort à faire mais je suis très positif là-dessus. »

    Quelles que soient les décisions politiques, la coopération d'affaires prospère entre la Russie et le reste du monde. Ainsi, le Forum économique de Saint-Pétersbourg fut l'occasion pour les Chemins de fer russes de signer avec le consortium sino-russe un accord sur la construction sur un projet de train à grande vitesse reliant Moscou et Kazan pour un montant total d'un billion de roubles. La ligne de 770km peut être mise en place d'ici 2020 pour s'intégrer, par la suite, dans une ligne de TGV qui relierait les deux capitales, Moscou et Pékin.

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    sanctions, Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2015, Transmashholding, Alstom, Chemins de fer de Russie (RZD), Martin Vaujour, Occident, Europe, Russie
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