Points de vue
URL courte
Par
10184
S'abonner

Quand Kerry et Lavrov se rencontrent, c’est pour parler sérieux. Mais les deux ministres des affaires étrangères savent aussi dédramatiser.

Sergueï Lavrov
© Sputnik .
En visite à Moscou jeudi, le chef de la diplomatie américaine n'a pas pu s'empêcher de présenter ses vœux à Serguei Lavrov qui vient de fêter ses 66 ans:

« J'espère que notre entretien d'aujourd'hui aura du succès. Je veux profiter de cette occasion pour te souhaiter un bon anniversaire. J'espère que cette date te donnera plus de sagesse, notamment dans la conduite de négociations. Pour tes 39 ans, tu te portes parfaitement", a lancé Kerry. "Merci, John, mais si la sagesse est mesurée par le nombre d'anniversaires, je ne pourrai jamais te rattraper", a répondu Sergueï Lavrov à son homologue américain qui a franchi la barre des 70 ans il y a deux ans.

C'est déjà la troisième visite du secrétaire d'Etat américain à Moscou depuis un an. Les deux précédentes rencontres avec S. Lavrov et V. Poutine ont eu lieu à Sotchi en mai et à Moscou en décembre.

Le dialogue sur les dossiers sensibles comme la crise syrienne ou les questions de sécurité ne cesse jamais. Ce déplacement de M. Kerry n'en est pas non plus exempt. Qu'a voulu dire V. Poutine en entamant le retrait des troupes russes de Syrie? Quel avenir pour Bachar al-Assad? La trêve en Syrie va-t-elle durer? De nombreuses questions préoccupent la communauté internationale quant à l'action de la Russie en Syrie. Entretemps Vladimir Poutine et John Kerry se serrent la main dans la capitale russe où le chef de la diplomatie américaine déclare: « De nombreux observateurs estimaient que l'arrêt des hostilités était impossible. Mais la trêve est en vigueur en Syrie depuis près d'un mois grâce à notre coopération militaire et politique". Les deux responsables reconnaissent que les pourparlers actifs entre les Russes et les Américains portent leurs fruits. La coordination a permis des progrès significatifs sur le dossier syrien. La diminution des violences en Syrie est évidente, toujours selon John Kerry.

C'était donc une journée chargée pour le responsable américain. Sa rencontre avec Vladimir Poutine en fin d'après-midi, était précédée de celle avec le ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov… Les négociations entre John Kerry et Serguei Lavrov ont duré jeudi presque quatre heures et ont essentiellement porté sur la situation en Syrie et en Ukraine, mais aussi sur les relations russo-américaines. C'est au début de la rencontre que Monsieur Lavrov a salué les échanges efficaces entre Moscou et Washington qui permettent de trouver des moyens pour sortir des crises.

« Notre collaboration sur le dossier syrien, notre persistance ont permis de réussir parce que nous avions travaillé sur les bases de l'égalité… Et nous avions travaillé en cherchant à créer un équilibre des intérêts non seulement entre Moscou et Washington mais aussi de toutes les parties intéressées aussi bien à l'intérieur de la Syrie qu'à l'extérieur de celle-ci. Ceci a constitué la clé du succès et je suis convaincu que si l'on applique la même méthode à tout autre problème international ainsi qu'à nos relations bilatérales, nous aurons un assez bel avenir ».

Pour le directeur de recherche à l'IRIS Jean-Claude Allard, la concorde entre les Américains et les Russes sur des questions géopolitiques importantes promet en effet beaucoup:

« C'est qu'il y a une entente qui se dégage entre les USA et la Russie sur les grandes questions de sécurité auxquelles le monde est affronté… Il y a une entente et non pas un bras de fer entre ces deux grands qui peuvent contribuer à la sécurité. Au moment où il y avait cette fameuse ligne rouge qui aurait été franchie (en 2013), ils n'ont pas réellement réagi et ils ont accepté la solution de la Russie — le démantèlement de toutes les armes chimiques du régime syrien. Ce qui veut dire qu'à partir de ce jour-là ils ont compris que la Russie pouvait les aider… La Russie après son intervention a remis des choses à plat ».

Une importante délégation accompagne Kerry à Moscou. Son bras droit sur des questions relatives à l'Europe et l'Eurasie, Victoria Nuland, est également présent. Malgré un ordre du jour surchargé pour de tels déplacements, il y a toujours une place pour l'humour. S. Lavrov et J. Kerry sont réputés pour s'offrir l'un à l'autre des cadeaux insolites. Tout le monde se rappelle sans doute la « course aux pommes de terre » entamé par Kerry et gagné par Lavrov (en janvier 2014, le secrétaire d'Etat a offert au ministre russe deux pommes de terre mais reçu, en mai 2015, un seau rempli de pommes de terre et un autre aux tomates de la part de son homologue russe).

Cette fois, l'énigme a été autour de la guitare que John Kerry portait en sortant de l'avion. Hélas, ce n'était pas pour l'anniversaire de Sergei Lavrov… C'est la propre guitare de John Kerry dont le secrétaire d'Etat ne peut se passer… mais peut-être va-t-il s'en servir pour chanter la sérénade à Lavrov?

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

Lire aussi:

Un astéroïde géant fonce droit sur la Terre
«Nicole Belloubet a menti»: Montpellier porte plainte contre la garde des Sceaux
La consommation de cette huile pourrait modifier génétiquement votre cerveau
Tags:
visite, Jean-Claude Allard, John Kerry, Sergueï Lavrov, Vladimir Poutine, Moscou, Syrie, États-Unis, Russie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via FacebookCommenter via Sputnik