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Son nom est Sibaş İbrahim, elle est âgée de 22 ans, son visage est beau et fin, ses bras sont forts et musclés et tiennent fermement une arme lourde.

Ses yeux comme son esprit n'ont pas su garder l'innocence du temps de paix, il y a deux ans elle a vu comment sa mère a été exécutée par des combattants de Daech, et un grand nombre de ses proches ont été réduits en esclavage et emmenés avec les terroristes. Sputnik a pu la rencontrer et discuter avec elle, là-bas, près de la ville de Duhok, dans le Kurdistan Irakien, où elle lutte contre Daech tous les jours.

«Je vais combattre jusqu'à ce que Sinjar soit complètement libéré des terroristes. Lors de l'attaque contre Sinjar les combattants de Daech ont tué ma mère et beaucoup de mes proches. Certaines personnes de ma famille ont été amenées de force à Racca pour être réduites en esclavage. Les terroristes les retiennent prisonnières. Nous avons entendu dire qu'ils vendaient les prisonniers. Daech a amené de force 588 habitants de notre village. C'était horrible. A chaque fois que je me souviens de ce jour-là je commence à pleurer. Je vois toujours un psychologue pour ça ».

Quand la vie normale a cessé d'exister pour cette femme, traumatisé par tout le sang et la souffrance qu'elle a pu voir, elle a rejoint le bataillon féminin des peshmergas. L'envie de venger sa famille, l'envie de protéger sa patrie et son peuple ont pris une place cruciale dans sa vie. Le pays a changé de visage, défiguré par la guerre. Même si la vengeance ce n'est pas une solution, Sibaş İbrahim a trouvé un certain soulagement et voyant le sang de ceux qui ont ôté la vie à sa famille:

«Ca fait déjà un an et deux mois que je combats. J'ai pris les armes pour venger les souffrances de toute la population de Sinjar. J'ai participé à la libération de cette ville. A ce jour j'ai tué deux combattants de Daech. Cela m'a un peu apaisée. J'ai décidé de rejoindre les pechmergas non pour l'argent mais pour venger ma famille et mes proches, pour venger mon peuple. Nos commandantes me traitent bien, m'aident et me soutiennent ».

Elles sont 30 jeunes femmes qui ont décidé de changer de vie pour changer l'avenir de leur pays. Dans ce bataillon, avec Hesibe Azad à leur tête, tous les jours sont remplis de combats, de discipline mais surtout de foi en ce qu'elles font au nom de la dignité de leur peuple.

«Les combattants de Daech ont mis le feu à notre village. Nous ignorions qu'ils avaient des armements lourds et ne comprenions donc pas comment ils arrivaient à faire de telles atrocités. Les yézidis de Sinjar ont été massacrés par les djihadistes. Ceux qui ont pu survivre sont toujours retenus prisonniers par Daech. Nombreux sont ceux qui ont pu être sauvés mais il y a encore des personnes qui attendent d'être sauvées. De nombreux villages yézidis sont toujours entre les mains de Daech. Mon plus grand désir et mon objectif numéro un, c'est de libérer tous les habitants de Sinjar retenus prisonniers par les terroristes et de libérer les villages yézidis. Toute la communauté internationale doit s'unir et nous y aider ».

Œil pour œil. Sibaş İbrahim estime qu'il y a des choses qui sont impossible à oublier. Pour chaque larme versée par une mère qui ne verra plus jamais ses enfants tués par Daech, cette jeune femme et ses camarades avancent fermement et sur le chemin de libération de leur pays qui est, pour le moment, recouvert par les plaies de terrorisme.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
lutte antiterroriste, Etat islamique, Syrie
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