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    Syrie : les USA & suiveurs sont prévenus

    © REUTERS / Goran Tomasevic
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    Mikhail Gamandiy-Egorov
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    C’est fait. La Russie a officiellement transmis sa position face à une éventuelle attaque des USA contre l’armée gouvernementale syrienne.

    On assiste en effet à une nouvelle étape de la confrontation en terre syrienne de l'axe Damas-Moscou-Téhéran face aux USA & satellites. Les médias étasuniens avaient fait écho il y a quelques jours d'une éventualité pour les USA de mener des frappes contre l'armée syrienne au moment où le degré d'hystérie côté élites occidentales passe au stade supérieure, voire suprême, alors que se déroule la bataille pour la libération totale de la ville d'Alep, deuxième ville de Syrie, de la présence terroriste. A Alep se joue en effet le grand tournant de cette guerre contre le terrorisme international qui a été imposé à la Syrie il y a plus de cinq ans. On surnomme d'ailleurs à juste titre cette ville le Stalingrad syrien.

    Face à l'éventualité de l'attaque US contre la Syrie, la réponse russe ne s'est pas fait attendre. La Russie a transféré sur la base navale de Tartous des missiles sol-air S-300. Ce système s'ajoute aux S-400 déployés sur la base aérienne de Hmeimim. Mais ce n'est pas tout. Hier, le porte-parole du ministère russe de la Défense a remis les points sur les « i ». En effet, le ministère de la Défense russe a mis en garde la coalition menée par les USA en cas de frappes aériennes contre l'armée syrienne, confirmant par la même occasion que la Syrie avait sur son territoire des systèmes S-300 et S-400 de défense aérienne prêts au combat.

    « Le personnel russe des systèmes de défense aérienne a peu de chances d'avoir le temps pour déterminer les trajectoires exactes d'éventuels missiles et à qui ils appartiennent. De plus, toutes les illusions d'amateurs sur l'existence d'avions « invisibles » feront face à une réalité décevante », a déclaré le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère de la Défense.

    En d'autres termes : Moscou a annoncé ses plans d'abattre tout missile menaçant en Syrie. La Russie se tient donc prête à protéger le personnel militaire russe présent en Syrie, tout comme l'allié syrien. Et c'est parfaitement logique. On rappellera d'ailleurs une fois de plus que la Russie se trouve en Syrie sur une base légale, totalement à l'inverse des USA & Co. qui n'ont reçu ni invitation de la part du gouvernement syrien, ni un mandat de l'ONU.

    Depuis l'annonce faite par le ministère russe de la Défense, un fait très intéressant est passé presque inaperçu. Si les médias étasuniens et plus généralement anglo-saxons n'ont pas manqué de relayer l'information de cette annonce, les principaux médias francophones n'y ont pratiquement fait aucun relais (seule la version française d'Euronews en a parlé), préférant juste mentionner la visite d'hier d'Ayrault à Moscou. On se demande d'ailleurs pourquoi ? J'ai ma petite idée là-dessus. Peut-être que la France, ou plutôt ses élites, pensaient de nouveau montrer leur « attachement » aux « valeurs » washingtoniennes et prendre les « devant » en cas de frappes contre l'armée syrienne ? Après tout, nous avons tous en mémoire la Libye lorsque la France de Sarkozy a joué un rôle « de premier plan » dans les bombardements contre la Jamahiriya libyenne. Et peut-être que maintenant c'était au tour de François Hollande d'en faire de même contre la Syrie. D'ailleurs on se souvient tous à quel point le président français était « motivé » à attaquer la République arabe syrienne main dans la main avec les USA il y a un peu plus de trois ans, lors des attaques chimiques perpétrées par les terroristes mais mis à la responsabilité de Damas. Et avec l'annonce russe d'abattre tout objet volant non identifié au-dessus de la Syrie, c'est une nouvelle douche froide à laquelle ont eu droit les élites occidentales. Le leadership étasunien, tout comme ses suiveurs, dont l'Elysée, devront désormais réfléchir au moins trois fois avant de s'engager.

    En tout cas la mauvaise foi occidentale, y compris au niveau des médias, atteint aujourd'hui un summum qu'il sera très compliqué à surpasser. Chaque jour on entend les accusations visant la Syrie et la Russie de commettre des « crimes » à Alep, prétendument en bombardant les civils. En oubliant bien évidemment de rappeler que ce sont les terroristes, soutenus par l'Occident, retranchés dans quelques quartiers encore d'Alep-est, qui utilisent les civils comme bouclier humain et les empêchent sous menace d'exécution de quitter les lieux de combat. Ils oublient également de rappeler que si l'armée syrienne et ses alliés ne s'inquiétaient pas du sort des civils pris en otages purs et simples par les groupes terroristes, Alep aurait déjà été totalement libéré il y a plusieurs semaines, voire mois. Tout comme le fait que les aides humanitaires véritables arrivant à Alep viennent presque exclusivement de la part des alliés de la Syrie, en la qualité de la Russie et de l'Iran. L'Occident lui, avec les régimes du Golfe, préfèrent poursuivre le transfert d'armes à leurs groupes terroristes, sachant qu'ils s'approchent de la défaite totale.

    Un plan de toute façon voué à l'échec puisque la Syrie est déterminée plus que jamais à en finir avec le terrorisme sur son sol. Quant aux USA & suiveurs, dont la France actuelle, ils sont prévenus. Tout soutien, y compris désormais direct aux terroristes, recevra une réponse adéquate.

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    Tags:
    frappe aérienne, attentat, armée, Alep, Syrie, États-Unis, Russie
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