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    Les «gilets jaunes» entament l’acte 2 de la mobilisation à Paris, 24 novembre 2018

    La BBC veut «du sang»: l'agence recherche des «loups-garous en gilet jaune» russes à Paris

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    Victor Marakhovski
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    La rédaction a obtenu une correspondance entre une journaliste de la BBC et un pigiste qui couvre les manifestations à Paris. La journaliste de l’agence britannique lui a demandé vivement s’il était possible de tirer des faits disponibles la conclusion selon laquelle la Russie se tient derrière les Gilets jaunes.

    La rédaction a obtenu la correspondance d’une journaliste de la rédaction russe de la BBC, Olga Ivchina, avec un pigiste couvrant les manifestations des Gilets jaunes sur les réseaux sociaux. Sur instruction de sa rédaction, la correspondante de la BBC recherchait des pistes de l’implication russe aux manifestations de Paris et voulait savoir s'il était possible de tirer des faits disponibles la conclusion que la Russie est à l'origine de ce qui se passe.

    Y a-t-il des membres du Front national dans les rues de Paris (ancien nom du Rassemblement national), demande la correspondante: Et si on trouve ces ultra- droites, parleront-ils de Poutine et de leurs liens avec Moscou?

    Non? Eh bien, et des Russes assistent-ils aux manifestations?

    Non? Bon, d'accord. Ou peut-être au moins des entreprises russes font-elles leurs choux gras lors des émeutes? Peut-être qu'ils vendent massivement des bouts de viande là-bas?

    Non? Eh bien, tant pis. Mais peut-être y a-t-il au moins des ultra-droites? Et ils peuvent déjà être liés à Poutine…

    Non? Vous plaisantez?

    Oui, je cherche des angles, explique la correspondante de la BBC dans la messagerie. «La rédaction demande du sang, quoi».

    … Pour rappel: à l'origine, la version enflammée disant que la Russie organisait un «Maïdan des Gilets jaunes» en France est née dans la capitale mondiale de la créativité politique, Kiev. Le service de renseignement le plus spécifique de la planète, le SBU, a déclaré que les émeutes «se déroulent derrière le dos de manifestants pacifiques sous le patronage du FSB et du principal département des forces armées russes».

    Ensuite, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a répondu à une question sur la «piste russe»: «J'ai entendu cette rumeur. Il y a une enquête qui est aujourd'hui menée par le secrétaire général de la défense nationale. On verra bien les résultats de cette enquête.»

    Et maintenant, après quelques jours, ce qui a commencé comme une nouvelle intox ridicule des fonctionnaires ridicules de Kiev, est en train d'affecter convulsivement la réalité des journalistes de la société de radiodiffusion publique du Royaume-Uni. Parce que la direction «demande du sang».

    Il est difficile de ne pas remarquer que le journalisme politique britannique a parcouru un long chemin. Si, l'un de ses pères fondateurs, Charles Scott, est devenu célèbre pour cette phrase il y a cent ans: «Les opinions sont libres, mais les faits sont sacrés», aujourd'hui, la politique éditoriale d'un média public britannique est formulée d'une manière un peu différente. Au début, la naissance du concept d'une incontestable, «highly likely», participation de la Russie (de ses services spéciaux, ses expatriés, au moins, de ses hommes d'affaires avec des bouts de viande) à des manifestations françaises. Et ensuite, l'infanterie de la guerre de l'information est envoyée pour enquêter… et pas même pour enquêter sur les faits du tout, mais des faits qui pourraient au moins confirmer au moins vaguement une certaine liaison des manifestants avec le Kremlin.

    En fait, l'ancienne formule du journalisme a été mis en oubli et substituée par une nouvelle, correspondant à l'ère de la «vérité remplacée»: le concept est sacré et les faits peuvent être librement choisis.

    Il y a des raisons de croire que s'il n'y a aucun fait, les rédacteurs en chef de la BBC ne reculeront pas non plus. Après tout, vous pouvez toujours «obtenir des données d'une source des services spéciaux qui souhaitent rester anonymes» et créer une «trace russe» sur celles-ci.

    … Bien sûr, tout cela ne fait pas l'actualité. La BBC est déjà devenue célèbre plusieurs fois. Par exemple, au cours de la lointaine année 2014, lorsque elle a simplement supprimé de ses sites et des réseaux sociaux des éléments sur le crash du Boeing malaisien dans le Donbass en raison d'une «incohérence avec les valeurs du comité de rédaction». Les éléments (dont l'auteur n'était autre que cette même Olga Ivchina, envoyée actuellement pour chercher la Main du Kremlin en France) étaient assez objectifs, basés sur une enquête menée auprès de résidents locaux, du côté de l'Ukraine et du Donbass. C'est seulement que ceux-ci ne s'inscrivaient tout simplement pas dans la conception que le coupable de la tragédie est évident, que c'est la Russie et qu'il n'y a plus rien à prouver.

    Mais voici ce qui est intéressant ici. Nous avons observé à maintes reprises comment les élites occidentales, armées d'une «télécommande de la réalité» universelle, faisaient des erreurs assez grossières dans leurs calculs ces dernières années. Au Royaume-Uni, les dirigeants étaient tout à fait convaincus que le référendum sur la sortie de l'UE échouerait. Le ratio des votes en faveur du maintien à l'UE et du Brexit était (selon la BBC elle-même) telle qu'il a suscité l'indignation même des Britanniques habitués à tout. À quoi cela a conduit est bien connu.

    À cet égard, la question naît d'elle-même: qui est en réalité la première victime de la propagande d'État britannique? Ne serait-ce pas elle-même?

    Et plus important, comment peut agir avec succès un État au XXIe siècle, qui, au lieu d'établir ces faits, fait de l'autohypnose accrue, cherchant en réalité à confirmer ses concepts rusés?

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    La Main du Kremlin, Rassemblement national (RN), Kremlin, Vladimir Poutine, Paris, France, Russie
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