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Controverse autour de la loi «Sécurité globale» (36)
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Benoît Hamon a mis en doute la loi sur la sécurité globale qui fait l'objet de discussions à l'Assemblée nationale. Selon lui, le ministre de l'Intérieur ment et n'arrive à persuader ni les défenseurs des droits de l'Homme, ni les rédactions.

Les Français ne sont pas restés muets face à l'article 24 de la loi sur la sécurité globale, débattue actuellement à l'Assemblée nationale, estimant qu’il restreint la liberté d'expression et surtout la possibilité pour le citoyen d’être informé. L'ex-candidat socialiste à la présidence Benoît Hamon a aussi constaté un recul dans les libertés publiques.

S'exprimant sur BFM TV et RMC, l'homme politique juge que «le gouvernement n'arrive à convaincre» ni le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu, ni le Défenseur des droits, ni les associations de défense des droits de l'Homme, ni les rédactions.

«Dans les usages et dans la pratique, nous savons que cet article de loi empêchera le citoyen d'être correctement informé», pointe l'ex-Socialiste qui a lancé son propre mouvement, Génération.s.

L'article en question est censé infliger une amende de 45.000 euros ou bien une peine de prison d'un an pour «la diffusion dans un but malveillant du visage d'un policier ou d'un gendarme en intervention». Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, réfute les préoccupations des citoyens et journalistes qui ont été nombreux mardi 17 novembre à manifester devant l'Assemblée nationale.

«Ce n'est pas cette loi qui l'empêchera»

Le recours aux drones, prévu par le texte débattu, pourrait, craint M.Hamon, empêcher «la liberté de circuler et de manifester en raison de la peur qu'on pourrait avoir». Les promesses de M.Darmanin sont, pour lui, loin de la réalité:

«Le métier de policier est un métier difficile, mais Darmanin ment [...] quand il dit hier, [...] "grâce à cette loi, une policière qui est l'objet d'une menace de viol ne le sera plus". Mais déjà, le droit l'empêche, et heureusement! Ce n'est pas cette loi qui l'empêchera».

En cela, le problème, qui s'amplifie à chaque nouveau ministre de l'Intérieur, c'est que les nouvelles mesures n'assurent pas la sécurité et limitent les libertés.

«Avez-vous l'impression aujourd'hui qu'il y a davantage de sécurité? Non. [...] L'état d'urgence qu'on avait imaginé contre le terrorisme, on les a intégrées, les dispositions, dans le droit commun. Est-ce que ça empêche les terroristes de circuler? Est-ce que ça leur fait peur à eux? Non! Par contre la République, elle, elle se fragilise», met en garde M.Hamon.

33 personnes au total ont été interpellées lors de la manifestation contre la loi sur la sécurité globale, selon la préfecture de police. Le rassemblement a dégénéré en début de soirée en heurts sporadiques, les forces de l'ordre ont recouru à du gaz lacrymogène et à des canons à eau. La préfecture confirme également une dizaine de blessés légers, dont neuf parmi les forces de sécurité intérieure.

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Controverse autour de la loi «Sécurité globale» (36)

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police, sécurité, Benoit Hamon, Gérald Darmanin
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