Aide au logement: qu’y a-t-il derrière la baisse de cinq euros?

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La baisse de cinq euros par mois des APL souhaitée par la ministre du Travail Muriel Pénicaud, même si elle peut paraître anecdotique, cache des enjeux plus larges. Jacques Sapir reçoit Benjamin Masse-Stamberger, journaliste économique, et Serge Havet de l’association AC!.

Le gouvernement a déclenché une véritable tempête en annonçant une diminution de cinq euros par mois de l'aide personnalisée au logement(APL). Une somme qui a pu sembler dérisoire à certains, mais qui ferait en fait sortir plus de 50.000 personnes du périmètre de cette aide, et qui pourrait préfigurer une remise en cause généralisée de cette allocation. Si certains économistes attribuent aux APL la hausse des loyers, elles permettent néanmoins à de nombreux Français de se loger, alors que la construction de logements neufs a fortement baissé. Cette décision, censée aider à ramener le déficit public dans les clous des 3% du PIB, ne devrait pourtant faire économiser à l'État que quelques centaines de millions d'euros. Pour revenir sur ces enjeux, Jacques Sapir reçoit Benjamin Masse-Stamberger, journaliste économique et membre fondateur du Comité Orwell, et Serge Havet, président d'AC! (Agir ensemble contre le chômage), une association membre du collectif Pas touche aux APL.

Serge Havet rappelle que «cinq euros, quand on est allocataire du RSA, c'est-à-dire qu'on touche 452 euros par mois, c'est une somme importante. J'ai entendu une députée dire que ce n'était pas beaucoup. Elle, elle gagne 6.500 euros par mois, mais pour un étudiant, un chômeur, une personne handicapée, un allocataire du RSA ou une mère seule, c'est important. C'est toujours sur le dos des plus modestes qu'on fait des économies, c'est inacceptable».

Pour Benjamin Masse-Stamberger, la question est double: «Il y a d'un côté l'aspect économique, et de l'autre l'aspect politique. Économiquement, cette coupe de cinq euros est fondamentalement inégalitaire, puisque sur les 10% de la population qui ont les revenus les plus faibles, 76% touchent les APL. Ce dispositif est au service des plus faibles, il a une dimension redistributive et sociable indéniable, et c'est donc quelque chose d'important pour la cohésion sociale du pays. Cela nous amène au second point, politique, qui est assez incompréhensible. On a là, je crois, le point de basculement de la popularité d'Emmanuel Macron, par rapport à la méthode. Beaucoup de gens qui ont voté pour lui trouvaient que son programme économique était plus équilibré que celui de François Fillon. Mais là, on voit bien avec les mesures budgétaires annoncées qu'on est face à un programme purement austéritaire qui n'est pas contrebalancé du côté des plus aisés».

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