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    Les chroniques de Sapir

    L’université, entre sélection et gratuité

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    Jacques Sapir
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    La question de la sélection à l’entrée de l’Université est l’un de ces serpents de mer qui agitent la société française depuis plus de trente ans. L’économiste Jacques Sapir s’est saisi de ce débat avec Eric Anceau, professeur d’histoire politique contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne et à Sciences-Po Paris.

    L'université française souffre-t-elle d'un trop-plein? La France est un des rares pays où l'admission à l'université, moyennant le fait d'avoir son baccalauréat, le premier diplôme universitaire, se fait sans sélection. Pourtant, le système français semble à bout de souffle. La sélection par l'échec est massive dès la première année de licence. Comment mettre en place un système qui évite une sélection massive par l'échec, mais qui ne tombe pas non plus dans le piège de la sélection sociale?

    Pour Eric Anceau, professeur d'histoire politique contemporaine à l'Université Paris-Sorbonne et à Sciences-Po Paris, c'est tout le système universitaire qu'il s'agit de réformer, ce qui commence dès l'enseignement secondaire «de manière à adapter le futur public de l'université et également une éducation à l'orientation».
    En saluant la bonne direction prise par Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, respectivement ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, l'historien et ancien de Debout la France préconise une refonte du baccalauréat, avec notamment la mise en place du contrôle continu: «vous faites ça, vous économisez un milliard et demi d'euros par an.»

    Il évoque ainsi le gâchis de tant d'étudiants de premier cycle, qui ne sont pas au niveau ou ne sont pas faits pour les études universitaires: «40% des jeunes qui sont en première année ne vont pas au bout de leur première année». Selon Eric Anceau, le système de l'enseignement supérieur souffre de graves problèmes financiers, mis en exergue notamment par la dualité université —grandes écoles.

    Et l'historien de dater le début de cette problématique: «dans les années 60, on a une massification de l'enseignement supérieur, qui se traduit avec les jeunes du baby-boom qui arrivent à l'université». Ainsi Eric Anceau rappelle que c'est le Général de Gaulle qui s'était déjà emparé du problème avec le Plan Fouchet, en avril 1968 soit trois semaines avant le mois de mai si fatidique qui a bouleversé cette stratégie. La sélection a de nouveau été évoquée en 1976 par René Haby puis en 1986 par Alain Devaquet, avec des conséquences politiques désastreuses.

    Retrouvez l'intégralité de l'émission en vidéo sur notre chaîne YouTube Radio Sputnik

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    Tags:
    études, université, Sorbonne, France
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