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    Téhéran décide de reprendre l'enrichissement d'uranium: le risque de sanctions augmente (expert)

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    MOSCOU, 13 février - RIA Novosti. La décision de Téhéran de reprendre l'enrichissement d'uranium à l'échelle industrielle augmente le risque de sanctions internationales contre l'Iran, a déclaré lundi dans un entretien avec le correspondant de RIA Novosti le directeur général du Centre d'étude de l'Iran contemporain (Russie), Radjab Safarov.

    "Si dans les jours qui viennent l'Iran met effectivement à exécution ses promesses concernant l'enrichissement d'uranium, il est évident que le 6 mars prochain le rapport sur l'Iran ne sera que négatif, et le dossier iranien ne manquera pas d'être renvoyé devant le Conseil de sécurité des Nations Unies (le 6 mars, les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) présenteront leur rapport sur la situation en Iran)", a estimé Radjab Safarov.

    Et d'ajouter que dans un tel cas, la Russie pourra soutenir les autres membres du Conseil de sécurité de l'ONU, en votant pour des sanctions.

    Le porte-parole du gouvernement iranien, Gholam Hossein Elham, a exprimé lundi l'intention de l'Iran de reprendre l'enrichissement d'uranium à l'échelle industrielle d'ici le 6 mars prochain. Il a aussi annoncé le report sine die des négociations russo-iraniennes sur la création d'une coentreprise d'enrichissement d'uranium sur le territoire de la Fédération de Russie. Initialement ces négociations avaient été prévues pour le 16 février à Moscou.

    De l'avis de l'expert, cette dernière circonstance témoigne de "phénomènes négatifs dans les relations russo-iraniennes". "Je pense que la Russie peut adopter sur cette question une attitude relativement dure. La position de la République populaire de Chine (RPC) reste sans doute le seul espoir pour les Iraniens", a dit Radjab Safarov.

    Quoi qu'il en soit, a-t-il poursuivi, "dans certaines circonstances, la Chine peut bien s'abstenir de voter" sur la question des sanctions. Alors pas un seul membre du CS de l'ONU ne bloquera cette décision, ce qui augmente le risque de sanctions internationales contre l'Iran", a souligné le directeur général du Centre d'étude de l'Iran contemporain.

    Selon l'expert, l'aggravation de la situation pourrait inciter les "adversaires potentiels de l'Iran à envisager une solution manu militari pour ce problème, étant donné qu'ils seraient persuadés d'avance que les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU ne donneraient pas l'effet escompté, et que l'Iran poursuivrait envers et contre tous son chemin vers la mise au point d'un cycle nucléaire complet".

    Or, Radjab Safarov a expliqué la décision de Téhéran de repousser à plus tard les négociations avec Moscou par le fait que la Russie n'avait pas concrétisé sa proposition de création d'une coentreprise d'enrichissement d'uranium sur son territoire.

    "Telle que cette proposition a été formulée il y a déjà deux mois, elle n'arrange pas Téhéran", est convaincu l'expert.

    Et d'expliquer: "Comme l'objectif final du programme nucléaire iranien est de posséder le cycle nucléaire complet, la proposition de Moscou de créer une coentreprise n'était en fait qu'une solution provisoire".

    Téhéran tient à ce que les spécialistes iraniens aient accès au processus d'enrichissement d'uranium, et qu'une partie de cette production se situe sur le territoire de l'Iran, a ajouté Radjab Safarov.

    Qui plus est, a précisé l'expert, une "coentreprise russo-iranienne n'arrange manifestement pas l'Iran", car aucune garantie internationale ne peut être donnée dans un tel cas.

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