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    Pourquoi les médias occidentaux s'en prennent à la Russie (Vedomosti)

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    MOSCOU, 30 novembre - RIA Novosti. Les médias occidentaux brossent un tableau de plus en plus sombre de la Russie. Voici quelques titres des publications parues cette semaine: "L'ennemi, c'est la Russie" (The Wall Street Journal), "Corruption, violence et vices triomphent dans la Russie de Poutine" (The Guardian), "Méfiez-vous de la Russie" (Financial Times Deutschland). Pourquoi l'image du pays s'est-elle dégradée?

    Fedor Loukianov, rédacteur de la revue "La Russie dans la politique globale": Le tableau négatif général vient du fait que la Russie a dépassé les limites d'une pression raisonnable, avant tout en matière énergétique. Tous les pays usent du chantage, du bluff et des pressions dans la résolution des problèmes importants. Mais la Russie est allée trop loin dans la démonstration de force et le mépris de la réaction des autres. A un certain moment, il était clair que l'UE craignait tellement de rester sans chauffage et sans électricité qu'elle était prête à céder beaucoup. Mais à présent, la Russie oblige Européens et Américains à s'unir dans tous les domaines contre un "ennemi" commun.

    L'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, le blocus imposé à la Géorgie et la mort de l'ex-agent du FSB Alexandre Litvinenko se sont répercutés très négativement sur l'image du pays. L'incapacité du système judiciaire russe à présenter rapidement les résultats de l'enquête sur le meurtre d'Anna Politkovskaïa et l'absence d'intérêt évident pour la Russie à enquêter sur la mort d'Alexandre Litvinenko ont aggravé la situation. Dans de telles circonstances, il faut faire du bruit et aller jusqu'à imposer son aide aux enquêteurs britanniques.

    Sergueï Kolouchev, fondateur du Forum économique russe à Londres, directeur exécutif d'Eventica (Londres): La dégradation de l'image (de la Russie) a été observée depuis longtemps. L'affaire Litvinenko n'a fait que crever un nouvel abcès.

    En fait, l'insuffisance d'informations sur les processus qui se déroulent dans l'économie et la politique russes gâte l'image du pays. Nous avons laissé à tout le monde la possibilité de disserter sur ce sujet, et nous avons nous-mêmes gardé le silence. Ces dernières années, je ne me souviens pas d'un seul cas où la presse britannique ait évoqué la visite d'un haut fonctionnaire russe et cité ses propos sur la Russie. La seule exception a été faite l'année dernière pour Vladimir Poutine à l'occasion du sommet Russie-UE. Il serait utile que les représentants du pouvoir communiquent beaucoup plus en dehors du pays.

    Toutes les dernières diatribes des médias sont destinées plutôt aux philistins. De mauvaises histoires se vendent bien mieux que les articles intitulés "La Russie, notre amie". Le monde des affaires, en revanche, est bien plus clairvoyant et comprend que tout n'est pas si simple.

    Ioulia Kotchetygova, directrice du service des cotations de Standard & Poor's: Il y a divers facteurs que nous appelons les risques pays, notamment l'imprévisibilité et l'opacité de l'administration de l'Etat, l'inconséquence de la politique de l'Etat et l'absence d'objectifs nets poursuivis par cette politique. Lorsque tout n'est pas clair, cela entraîne une perception négative, des appréhensions s'accumulent peu à peu et, ayant atteint une masse critique, elles se répandent brusquement.

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