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«Faire découvrir une Russie inattendue par son multiculturalisme et par son potentiel "Grand Nord"». Dans une interview accordée à Sputnik, le documentaliste français Julien Bur a évoqué les détails de son séjour dans la patrie de Dostoïevski ou encore Pierre le Grand et les raisons pour lesquelles il avait accepté d’aller y poser ses caméras.

Le Français Julien Bur tourne à Kirovsk, dans la région russe de Mourmansk, un reportage intitulé «la Russie éternelle et le Cercle polaire». Le projet est en préparation pour la chaîne de télévision France 5. L’équipe de tournage a été invitée par le ministère russe de la Culture.

Dans une interview accordée à Sputnik, le documentaliste a raconté son aventure et le chemin qui l’a amené jusqu’en Russie.

Curiosité et fascination

D’après lui, les Français et les Européens sont en général très attirés par ce pays qui suscite curiosité et fascination. Le mythe de la Russie éternelle et du Grand Nord, la nostalgie de l'URSS de la génération «boomer» participent à cet engouement.

Montrer le multiculturalisme

Il a souligné que les Français et les Européens ne connaissaient pas le multiculturalisme russe.

«Qui sait que la plus grande mosquée du continent européen est russe? Qui connait la grande synagogue de Saint-Pétersbourg ou ses temples bouddhistes? Qui en France sait qu'il y a près de 20 ethnies qui vivent sur le territoire de la Fédération en parlant un dialecte? C'est le point de vue essentiel de ce film, faire découvrir une Russie inattendue par son multiculturalisme et par son potentiel "Grand Nord" (aurores boréales, husky, traîneau tiré par des rennes) généralement attribué au territoire lapon», a-t-il expliqué.

Le tournage a toutefois dû être effectué dans des conditions difficiles et en un temps court du fait du «visa réduit en durée, 30 jours au lieu des 90 demandés, à cause de la crise sanitaire».

«Ce qui nous oblige à travailler beaucoup plus, sans relâche et de façon plus intense», a-t-il déploré.

Julien Bur compte désormais mettre en scène un prochain documentaire sur Saint-Pétersbourg et un autre sur la Volga.

«J'espère avoir l’opportunité d'acquérir un nouveau visa et si possible plus étendu afin de prendre le temps de traiter ces sujets en profondeur et aussi de mieux profiter des lieux, des personnes rencontrées, des restaurants et du milieu culturel encore en vie en Russie», a-t-il conclu.

La politique n’interdit pas le partage culturel

Le documentaliste a également fait part du fait qu’il n’avait pas ressenti la moindre dégradation dans les relations entre la France et la Russie, «juste des tensions entre gouvernements», ce qui lui semble être très différent.

«La coopération culturelle et scientifique semble aussi très bien fonctionner et les instituts français se portent très bien», a-t-il noté.

Toujours d’un point de vue politique, M.Bur a listé des lois qu’il juge «controversées» dans l’Hexagone et poussent les Français à avoir une vision faussée des choses:

«Au risque de choquer, j'irais même jusqu'à dire que les lois françaises actuelles sont très controversées, de sécurité globale, de fichage des orientations sexuelles et opinions politiques des Français, des tentatives de contrôle par reconnaissance faciale ou d’utilisation de drones de surveillance dans l'espace public, ou bien encore de contrôle des associations via un article d’une loi également très controversée dite «loi séparatisme», de la gestion ultraviolente et autoritaire de la crise sociale des Gilets jaunes dénoncée par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ou Michelle Bachelet, haut-commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme, les réductions des libertés individuelles, du gazage systématique lors de manifestations et de l'anéantissement total du milieu culturel français depuis un an Elles ont plutôt tendance à inverser ou lisser la perception de l'opinion publique française du mode de gestion de l'État russe...».

Un séjour sans accrocs

Julien Bur a souligné que le fait qu’il ne parle pas la langue de Pouchkine ne l’avait pas empêché de séjourner dans le pays où il était accompagné d’une collaboratrice native:

«Grâce à cette facilité de langage, j'ai pu véritablement entrer en contact avec la population. Je suis subjugué par la différence d'approche dès qu'il est possible de communiquer. Les habitants sont tous très sympathiques, ils sont extrêmement serviables, arrangeants, respectueux, attentionnés et je reste marqué par l’absence d'insécurité partout où nous avons tourné».

Le reportage se faisant en partenariat avec le ministère russe de la Culture, M.Bur a souligné le rôle très important de ce dernier, notamment pour faciliter l’obtention des visas en temps de pandémie, quand les frontières sont toujours fermées.

Il a cité France 5, l’un des nombreux clients de la société de production et distribution Ampersand à l’origine de son programme de documentaires «Flavors».

«Nous mentionnons France 5 lors de nos démarches car c'est plus simple pour le premier contact, les premières demandes, mais ce programme fait l'objet d'une distribution mondiale», a-t-il indiqué.

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