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    Espace : la réalité et les truquages

    Espace : la réalité et les truquages

    Photo : EPA
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    Le singe iranien dont le vol triomphal a été annoncé par Téhéran le 29 janvier a-t-il été réellement envoyé dans l'espace? Les médias mondiaux ne cessent de débattre de ce sujet. La Voix de la Russie a essayé de répertorier les informations relatives aux réalisations douteuses de toutes sortes.

    Un grain de beauté traître

    Le singe présenté par les médias iraniens avant et après le vol dans l'espace est-t-il le même animal ? La réponse à cette question fait défaut. Les agences mondiales ont remarqué que le singe installé dans le fauteuil de la capsule spatiale avait un grain de beauté à peine visible au-dessus de l'oeil droit. L'animal montré après le vol n'avait aucun grain de beauté et son poil était plus sombre. Lorsque des commentaires sont parus dans la presse étrangère, Téhéran a gardé le silence pendant quelques jours avant d'accuser les journalistes d'avoir publié la photo d'un singe de réserve au lieu du « cosmonaute », tandis que celui-ci avait réalisé un vol orbital à 120 kilomètres d'altitude et avait été récupéré sain et sauf. Soit dit au passage, cette « percée spatiale » a été réalisée par Téhéran dans le cadre des célébrations de l’anniversaire de la révolution islamique. Le rédacteur de la revue Novosti kosmonavtiki (Actualités de la cosmonautique) Igor Afanassiev a nourrit des doutes à ce propos :

    « Auparavant, les Iraniens avaient annoncé l’échec de lancements. Prenons maintenant le dernier tir. Je sais que des experts étrangers émettent des doutes. Mais je pense qu'il faut regarder plus attentivement. Actuellement, l'Iran n'a nul besoin de truquer un lancement. Parce qu'à l'opposé d'autres pays l'Iran annonce quand il réalise des lancements réussis et garde le silence sur les échecs, à l'opposé de la Corée du Nord ».

    Si un truquage a eu lieu, il est pratiquement impossible de le prouver. La fusée Safir était tout à fait capable d'emporter une capsule avec un singe à 120 kilomètres d'altitude pour réaliser un vol suborbital, estime le directeur du Centre d’études sociopolitique Vladimir Evseev :

    Je veux rappeler que Safir est une fusée assez faible, elle permet de mettre des satellites sur des orbites basses. En l'occurrence, la capsule a volé au-delà de la limite supérieure de l'atmosphère. Au fond, la capsule a quitté l'atmosphère pour y revenir aussitôt. Est-ce que le singe pouvait rester vivant? Oui. Personne ne peut le confirmer, mais cela c'est une autre question. Néanmoins, je peux conclure, sur la base de mes conversations avec des collègues iraniens, que le singe pouvait être récupéré sain et sauf. Je n'ai pas de raisons sérieuses d’affirmer qu'il est revenu mort. Je ne doute nullement que l'Iran possède les capacités de placer des microsatellites sur des orbites basses. Il est vrai qu’en 2012 deux lancements ont échoué. Par contre, au moins 5 tirs iraniens ont réussi.

    Des bulles d’air et des feux suspects

    A l'opposé du lancement iranien, la sortie extravéhiculaire du taïkonaute chinois en 2008 a été diffusée sur Internet où l'on peut trouver de nombreuses copies de son enregistrement intégral ou partiel (par exemple : http://www.youtube.com/watch?v=lBL98p0wZ7g ) .

    Cependant plusieurs spécialistes ont conclu que c'était une mise en scène tournée sous l'eau dans une piscine spéciale. Ensuite les images du vaisseau et du taïkonaute ont été superposées sur les images de la Terre prises par un satellite orbital. Quels sont les arguments des sceptiques prenant cette sortie pour un truquage ?

    · La Terre est trop loin du vaisseau spatial. Pour que le bord du globe soit si courbé il faut que le vaisseau se trouve à 800-1 000 kilomètres d'altitude, mais les vaisseaux habités ne volent pas si haut;

    · le déplacement des nuages sur Terre est étrangement rapide;

    · plusieurs bulles, ressemblant à des bulles d'air, sont remontées au-dessus du taïkonaute et du sas du vaisseau. Comment pouvaient-elles se retrouver dans l'espace?

    · Lorsque le spationaute se tourne on voit des reflets de feux dans les panneaux de sa combinaison. Ces reflets rappellent les lampes de plafond au-dessus d’une piscine.

    Les arguments ci-dessus n'ont pas persuadé Igor Afanassiev.

    « La sortie dans l'espace ne fait pas de doute. Plus encore, des spécialistes russes ont aidé à préparer les combinaisons et ils sont restés en Chine pendant les préparatifs et la sortie extravéhiculaire ».

    Un satellite fantôme

    Avril 2009. La RPDC lance le satellite Kwangmyongsong 2. Selon Pyongyang, le lanceur Unha-2 l'a mis en orbite et le satellite retransmettait des chansons patriotiques. Selon la Corée du Sud et les Etats-Unis, il s'agissait du missile balistique Taepodong-2 qui est retombé dans l'océan avec sa cargaison aussitôt après le lancement. Les moyens de surveillance russes n'ont détecté aucun objet nouveau en orbite.

    Quelle est l'opinion d'Igor Afanassiev à propos du vol du satellite nord-coréen ?

    « Seule la Corée du Nord est impliquée dans des truquages. Il y avait des démarches purement idéologiques. Il fallait montrer, surtout aux citoyens de leur pays, qu'ils ont lancé un satellite. Ils n'ont pas insisté sur le succès du lancement dans l'arène internationale. L'échec du tir était évident pour le monde entier ».

    Les interrogations reviennent à propos de la Lune

    Les truquages ont leurs limites. Ceux qui nient formellement le vol du singe iranien et la sortie extravéhiculaire du taïkonaute chinois devraient se souvenir de l'expédition lunaire d'Apollo. Certains experts concluent, en se basant sur le film, que le débarquement était une mise en scène.

    http://www.youtube.com/watch?v=wdMvQTNLaUE, http://www.youtube.com/watch?v=WNWW8swrvWs,

    http://www.youtube.com/watch?v=4iPOEDSI_i4

    La question se pose de savoir pourquoi le thème lunaire suscite tant d'interrogations au XXIème siècle et n'a pas été discuté dans les années 1980 ? Car toutes ces interrogations auraient été un bon atout pour l'URSS dans sa lutte idéologique. Mais à l'époque, Moscou ne l'a pas utilisé, ce qui tient à plusieurs raisons. L'espace n'était pas une arène de lutte idéologique. Une partie de l'information « lunaire » est devenue notoire plus tard. Ce qui a impulsé une révision de tout ce que l'Amérique avait fait dans l'espace. On a toujours pensé que les réalisations des Etats-Unis dans le domaine spatial étaient incontestables. Pourtant l’équipage de Challenger et ensuite celui de Columbia ont bien péri. Pis encore, on apprend que les navettes américaines sont obsolètes, que le programme doit être fermé et que l'Amérique n'a pas de vaisseau pour acheminer ses astronautes vers l'ISS. Les films tournés par les équipages des fusées Apollo ont suscité nombre de doutes de la part de différents experts et jusqu'à présent la NASA n'a pas donné de réponses exhaustives.

    Les spéculations et les réalisations effectives

    Mais revenons à l'Iran et à la Corée du Nord. Dans ces pays de nombreuses informations ne sont pas présentées de façon correcte. Notamment lorsque l'Iran parle d'un chasseur de cinquième génération et ne montre qu'un prototype. Ou quant il parle de ses lancements et retransmet le tir d'une fusée chinoise. Si l'on tient compte de l'isolement de la Corée du Nord, on peut admettre que l'information venant de ce pays ne corresponde pas toujours à la réalité et ne soit pas toujours vérifiable. La RPDC tend à prouver qu'elle est plus puissante qu'elle ne l'est en réalité. Il est difficile d'en accuser la Chine.

    Pour ce qui est de l'Iran, des médias occidentaux prétendent même que la fusée avec un singe à bord n'a pas été lancée. Cependant il existe des moyens de contrôle qui permettent de détecter sans erreur le lancement de toute fusée et la séparation des étages, soulignent les experts de La Voix de la Russie. Certains pays peuvent dénaturer à dessein les réalisations réelles de l'Iran, de la Corée du Nord et de la Chine. Bien que des truquages de la part de ces derniers ne soient pas à exclure définitivement. Mais tout cela rappelle une guerre classique de l'information. T

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