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Voyage interstellaire et contacts extraterrestres, par Jean-Pierre Petit (Partie 2)

Voyage interstellaire et contacts extraterrestres, par Jean-Pierre Petit (Partie 2)

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Dans le second volet de l'entretien accordé à La Voix de la Russie, l'astrophysicien français Jean-Pierre Petit évoque la matière négative, la technologie du voyage interstellaire et le phénomène ovni.

La Voix de la Russie : Jean-Pierre Petit, reprenons. Cette idée de l’existence de matière de masse et d’énergie négatives que vous décrivez dans la première partie de notre entretien explique l’allure que les astronomes appellent la VLS, la Very Large Structure, la structure du cosmos à grande échelle. Y a-t-il autre chose ?

Jean-Pierre Petit : Cela explique aussi le fait que l’expansion de l’univers s’accélère au lieu de se ralentir.

LVdlR : Mais cette matière à masse négative, elle est faite de quoi ?

J.-P. P. : De protons, de neutrons, d’électrons, de photons, comme les nôtres, mais dotés de masses et d’énergies négatives.

LVdlR : Est-ce qu’il y a des étoiles, des planètes, de la vie dans ce monde des masses et des énergies négatives ?

J.-P. P. : Non. Pour qu’il y ait de la vie, il faut qu’il y ait des atomes plus lourds que les atomes primitifs qui sont l’hydrogène et l’hélium. Et pour cela il faut que des étoiles aient pu se former, dont des supernovae, des étoiles massives qui, en explosant, créent ces atomes plus massifs, à partir desquels pourront se constituer les planètes.

LVdlR : Qu’est-ce qui empêcherait que des « méga-étoiles » puissent se former, puisque les particules de masse négative s’attirent selon la loi de Newton ?

J.-P. P. : Dans notre monde des masses positives, nous habitons dans ces sortes de « bulles de savon jointives ». C’est là que se forment les galaxies. Au moment où se forme cette structure lacunaire, la matière est fortement et violemment comprimée, dans ces « plaques ». Cela s’accompagne d’un intense refroidissement radiatif qui permet de donner naissance à des petites structures, allant jusqu’aux étoiles, et jusqu’aux galaxies. Par la suite ces objets ont tendance à se regrouper selon les lignes sur lesquelles se joignent trois facettes, en formant des sortes de filaments. Ensuite ces objets convergent à leur tour vers les « noeuds » de cette structure, et cela donne les régions plus denses qui sont les amas de galaxies. Par contre, la matière négative ne se concentre, au centre des « bulles de matière positive » que pour donner d’uniques « grumeaux », de forme sphérique.

LVdlR : Lesquels peuvent se transformer en étoiles, je suppose ?

J.-P. P. : Non, ils sont trop massifs. On peut les comparer à des proto-étoiles, ayant une température de 2000°C. Mais pour que la proto-étoile puisse se muer en véritable étoile, que les réactions nucléaires puissent démarrer en son centre, il faut qu’elle puisse se contracter, se tasser, en se débarrassant, par rayonnement, de toute l’énergie thermique qu’elle contient. Selon la masse d’une proto-étoile on trouve un temps d’allumage correspondant. Plus l’étoile est massive et plus long sera le temps requis pour son allumage.

LVdlR : Et dans le cas de cette immense proto-étoile de masse négative ?

J.-P. P. : Elle ne s’allumera jamais. Elle n’en finira jamais de rayonner son énergie dans le rouge et l’infrarouge et ne pourra jamais parvenir à cet état de tassement dans sa partie centrale, qui permette aux réactions nucléaires de démarrer.

LVdlR : Alors, cela nous donne une idée de ce que les voyageurs ayant inversé leur masse peuvent voir par le hublot de leur vaisseau.

J.-P. P. : Le monde qu’ils avaient quitté a disparu, ils ne peuvent plus le voir. En revanche, ils voient ces conglomérats de masses négatives, couleur rouge sombre.

Ce que voient les passagers d’un voyage interstellaire. Image fournie par Jean-Pierre Petit

 

LVdlR : Et comment font-ils pour s’orienter ?

 

J.-P. P. : Comme les sous-marins, il leur faut faire surface de temps à autre.

 

LVdlR : Revenons à l’astrophysique. On a parlé de la structure à grande échelle de l’univers, de l’explication de l’accélération de l’expansion. Quoi d’autre ?

 

J.-P. P. : Matière positive et matière négative se repoussent. Quand les galaxies se forment, les particules de masse négative envahissent l’espace laissé libre.

Image fournie par Jean-Pierre Petit

 

LVdlR : Autrement dit les galaxies sont comme des noyaux d’olives qui se logeraient dans les trous d’un gruyère.

J.-P. P. : Et ce gruyère, fait de masse négative, repousse les galaxies, les confine.

LVdlR : Ce que les astrophysiciens expliquent jusqu’ici en invoquant une matière sombre, invisible.

J.-P. P. : Il y a une chose qui m’amuse. Dans différents pays, des chercheurs descendent quotidiennement à grande profondeur, dans des mines désaffectées où ils ont implanté des laboratoires pour essayer de traquer des « astroparticules ».

LVdlR : Les constituants de cette matière sombre hypothétique ?

J.-P. P. : Et ils ne les trouveront jamais, parce que, ce qu’ils cherchent se trouve... entre les galaxies.

LVdlR : Les pauvres ! Si vous avez raison, pour eux, quel drame ! Mais il faut dire que tout cela a l’air fort séduisant. Comment réagissent vos collègues en général ?

J.-P. P. : Avec la plus grande hostilité. A cela il y a une raison très simple. Lorsqu’est apparue la théorie de la Relativité Générale, elle n’a pas jeté la physique newtonienne aux orties. Celle-ci devenait simplement une approximation de cet ensemble plus vaste. Par exemple, la trajectoire de Mercure, autour du Soleil était, selon la physique newtonienne, une ellipse parfaite. Selon la relativité Générale, cette ellipse tournait un peu à chaque tour, mais de manière infime. Mais pour envoyer des sondes spatiales, mettre des satellites en orbite ou prévoir les éclipses, on n’utilise pas la Relativité Générale. La physique newtonienne suffit.

LVdlR : Alors que si on troque la matière sombre pour la matière d’énergie négative, c’est la catastrophe.

J.-P. P. :Il faudrait jeter des centaines de thèses de doctorat et des milliers d’articles scientifiques aux orties.

LVdlR : Ca n’est pas une démarche qui amène à se faire des amis.

J.-P. P. :Pas précisément. Je vais au passage vous donner une énième application de ce modèle. Ce travail a plus de dix ans. J’ai fait tourner une sorte de confetti de masse positive dans un environnement de masse négative, dans un ordinateur. Il y avait 5000 points-masses de chaque espèce. Et j’ai obtenu une belle spirale barrée, qui perdurait pendant vingt tours, ce qui n’avait jamais été obtenu jusqu’ici. Les autres galaxies numériques » perdaient leurs bras spiraux.

 

Galaxie numérique 2d JPP. Image fournie par Jean-Pierre Petit

 

LVdlR : A vous entendre, la structure spirale des galaxies ressemble à l’agencement de la crème, tournant dans une tasse de café, du fait du frottement sur la paroi de la tasse.

J.-P. P. : Il y a de cela. Il y a plus de dix ans il fallait un gros ordinateur pour faire un calcul de ce genre. Aujourd’hui des étudiants peuvent obtenir le même résultat avec un simple PC.

LVdlR : Pour résumer, comment voyez-vous l’avenir ?

J.-P. P. : Je suis en train de finaliser un travail qui débouche sur un modèle cosmologique avec deux vitesses de la lumière.

LVdlR :Je vois. Ce qui vous intéresse, vous, c’est la faisabilité des voyages interstellaires.

J.-P. P. : Et comme mes collègues le savent tous, cela complique encore les choses.

LVdlR : On sait que vous avez la possibilité d’exposer les idées les plus compliquées à travers un genre que vous avez créé : la bande dessinée scientifique. Sur votre site http://www.savoir-sans-frontieres.com vous avez mis vos 30 albums avec des traductions en 36 langues, ce qui donne 450 albums gratuitement téléchargeables. Et tout est traduit en russe.

Image fournie par Jean-Pierre Petit

 

J.-P. P. : Grâce à une traductrice, Nina Esina et à feu mon excellent ami Vladimir Golubev, qui fut le coworker d’Evgueni Velikhov. J’expose cette théorie en bande dessinée dans un album intitulé l’Univers gémellaire. Sa version française se trouve ici.

Vladimir Golubev, physicien, qui supervisa les traductions en russe. Photo fournie par Jean-Pierre Petit

 

LVdlR : Est-ce que vous pensez que la Terre puisse être visitée par des êtres intelligents venus d’autres systèmes planétaires ?

J.-P. P. : Pour moi, c’est une évidence ! Le seul obstacle pour que les scientifiques acceptent d’envisager cela, c’est la sacro-sainte barrière luminique.

LVdlR : Le « mur de Berlin » de l’astrophysique ?

J.-P. P. : Bonne comparaison.

LVdlR : Ainsi, vous pensez que ce que les gens appellent « ovnis », sont des machines volantes pilotées. Comment expliquez-vous certains phénomènes, rapportés par des témoins, comme une dématérialisation subite ?

J.-P. P. : Supposons que vous inversiez la masse d’un vaisseau et de ses occupants. Ces particules cessent d’interagir avec leur environnement par des forces électromagnétiques. Or ce sont ces mêmes forces qui font que les atomes et les molécules interagissent entre eux. Si je supprimais brutalement de fait que les particules dont vous êtes constitué puissent interagir avec ce qui vous entoure, votre siège, que deviendriez-vous ?

LVdlR : Je crois que je passerais au travers de mon siège et je tomberais vers le centre de la Terre.

J.-P. P. : Si la suppression de cette interaction va de pair avec l’inversion de votre masse, vous tomberiez ... vers le haut. La Terre vous repousserait. Au passage personne ne pourrait plus vous voir.

LVdlR : Je deviendrais comme le personnage de Marcel Aymé, le « passe-muraille ».

J.-P. P. : Et rien ne vous arrêterait. Si vous aviez un plafond au dessus de votre tête, vous passeriez doit au travers, sans même le voir.

LVdlR : Je ne verrais plus la chaise sur laquelle j’étais assis ?

J.-P. P. : Ni la chaise, ni le sol, rien. Vous seriez repoussé par quelque chose d’énorme : la Terre, devenue invisible à vos yeux.

LVdlR : Et cette « chute vers le haut » serait sans fin. Mais que resterait-il à l’emplacement qui était occupé par mon anatomie ?

J.-P. P. : Le processus d’inversion transforme, dans un volume donné, les particules de masse positive en particules de masses négatives, et vice-versa. Et là où il y a de la matière à masse négative, celle de masse négative en est chassée. Dans l’espace qu’occupait votre corps il n’y avait pratiquement rien.

LVdlR : Donc, si j’inverse ma masse, hop ! Je disparais et je laisse à la place le vide.

J.-P. P. : Et les molécules d’air environnantes, à masse positive, s’empressent de venir combler ce vide.

LVdlR : Supposons que je tombe vers le haut, par exemple à l’étage au-dessus, et que j’inverse ma masse de nouveau. Que se passe-t-il ?

J.-P. P. : Dans le volume concerné, les masses sont inversées. Celle des molécules d’air dont vous allez occuper la place. Comme elles cessent d’interagir avec tout ce qui les environne, elles se dispersent sous l’effet de leurs propres forces de pression.

LVdlR : Un peu comme un ballon ayant ma forme, contenant de l’air à pression atmosphérique, qui éclaterait dans le vide ?

J.-P. P. : C’est ce que percevrait un observateur doté lui aussi d’une masse négative. Je vois que vous commencez à comprendre.

LVdlR : Et moi, qu’est-ce que je deviens ?

J.-P. P. : Comme vous vous êtes « rematérialisé », vous n’êtes plus repoussé par la Terre, mais attiré par elle. Vous retombez sur le plancher de l’étage au dessus.

LVdlR :Attendez. Si j’ai bien compris, imaginons un vaisseau qui se situe au-dessus du sol. S’il inverse cycliquement sa masse, il subira alternativement une action attractive et répulsive de la Terre.

J.-P. P. : Et au résultat il donnera l’apparence de ne plus être sensible à la gravité.

LVdlR : Ca commence à me plaire. Quoi d’autres, à propos de ces vaisseaux ?

J.-P. P. : Paul Heyller, ancien ministre de la défense du Canada a dit une chose qui m’avait interpellé. Il a dit que certains avions qui avaient tenté de s’approcher d’ovnis avaient été détruits, du fait de simples manœuvres de fuite de ceux qu’il appelle « les visiteurs » et que les avions avaient été détruits parce qu’ils n’avaient pas été conçus pour résister aux contraintes qui résultaient de cette opération. Pensons par exemple à l’histoire du Capitaine Mantell, qui tentait de s’approcher, avec son chasseur, d’un ovni immense.

LVdlR : Quand l’ovni a inversé sa masse, pour devenir insensible aux tirs éventuels du chasseur, il a laissé en lieu et pace un immense espace vide.

J.-P. P. : Et l’irruption de l’air environnant dans cet espace, soudain vide, a créé une perturbation aérodynamique qui a disloqué l’avion. C’est ce que je pense.

 

 

LVdlR : Vous avez essayé de parler de cela à Paul Heyller ?

J.-P. P. : Ces gens ne sont pas faciles à joindre.

LVdlR : En résumé, cette inversion de masse, on saurait faire ça comment, et quand ?

J.-P. P. : Comment ? L’idée fait son chemin. Je pense que c’est une technologie qui se situe à 100, 200 ans de notre état de l’art actuel.

LVdlR : Cette technologie ne se situerait pas, comme le pense certains, des millions d’années en avance ?

J.-P. P. : Non. Mais évidemment, quand notre technologie se limitait aux retombées de l’invention du feu, à la chimie, c’était hors de portée. C’est l’émergence du nucléaire qui a marqué le tournant, marqué un compte à rebours d’un petit nombre de siècles.

LVdlR : Et c’est précisément à cette époque que les incursions d’ovnis se seraient multipliées.

J.-P. P. : Nous sommes sur le point de pouvoir « entrer dans le club », mais ...

LVdlR : Mais quoi ?

J.-P. P. : Notre niveau d’évolution psycho-social est catastrophique. Et il y a une chose à laquelle il faut immédiatement penser. Toute technologie a son versant-arme.

LVdlR : En clair, le fait de détenir les clés permettant d’envisager des voyages interstellaires met du même coup entre nos mains de nouveaux moyens de nous détruire.

J.-P. P. : En comparaison desquels nos armes à fission et à fission feraient figure de jouets.

LVdlR : Ouh, là ! Cela suggère un choix drastique : un progrès décisifs ou une autodestruction brutale. Mais comment peut-on imaginer que les Terriens soient assez bêtes pour opter pour une autodestruction ?

J.-P. P. : Lisez le livre de Corso « Roswell, Le Jour d’Après ». Pensez au discours de Ronald Reagan, à l’ONU, évoquant une menace venue de l’espace. Aujourd’hui comme par le passé, d’éventuels visiteurs sont immédiatement perçus comme des ennemis potentiels.

LVdlR : Pour le cow-boy Ronald Reagan, un bon extraterrestre est un extraterrestre mort.

J.-P. P. : Je peux vous assurer, parce que j’ai des éléments pour l’affirmer, que dans tous les pays du monde où le phénomène ovni a été pris au sérieux, la seule préoccupation de ceux qui ont été en charge de ces questions a été d’espérer faire du rétro-engineering et d’en tirer de nouvelles armes. Cette attitude s’est surtout révélée « payante » aux USA. En France, nous avons ... Le GEIPAN. Derrière celui-ci, il y a aussi l’armée. N’oublions pas qu’il a été créé par le général Sillard, qui a dirigé la recherche militaire française pendant 20 années. Là, vu les compétences mises en batterie, il y a loin de la coupe aux lèvres, mais le but visé est partout le même.

LVdlR : C’est désespérant.

J.-P. P. : Je conclurais en disant que la situation ovni telle qu’elle se présente est la preuve que l’intelligence extraterrestre est bien une réalité.

LVdlR : Pourquoi ?

J.-P. P. : Parce qu’ils ne prennent pas contact avec nous.

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