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La Russie et la Chine ont convenu de mener plusieurs projets pilotes en commun dans le domaine de la navigation par satellite. Un accord à cet effet a été signé entre la société russe GLONASS et le Bureau de la navigation par satellite de Chine. Les deux pays vont coopérer dans le domaine de la sécurité des vols aériens et assurer conjointement la navigation sur les fleuves et en mer.

Le premier projet prévoit le déploiement d’une station de contrôle et de correction Spektr dans l’un des aéroports de la RPC. Cette station permettra de garantir la navigation par satellite, assurer le contrôle du décollage et d’atterrissage des avions grâce aux deux systèmes de navigation par satellite – le russe GLONASS et le chinois Beidou. Le second projet sera mis en œuvre sur l’un des fleuves en Chine. Des stations de contrôle et de correction russes qui fonctionnent avec les systèmes de navigation GLONASS et Beidou vont également assurer le monitoring de la navigation des navires.

Cette intention de coopérer dans le domaine des systèmes de navigation par satellite a été pour la première fois formulée lors de la Première Expo russo-chinoise qui s’est déroulée à Harbin (Nord-est de la Chine) au début de juillet. C’est alors qu’un mémorandum sur la coopération entre GLONASS et Beidou a été signé. Selon le document, trois stations du système de géolocalisation par satellite russe devront être installées dans les villes de Changchun et Urumqi, respectivement au Nord-Est et au Nord-Ouest de la RPC. Quant aux systèmes de surveillance chinois Beidou, ils seront installés dans la partie occidentale, orientale et centrale de la Russie. La Russie et la Chine ont ainsi franchi un premier pas dans la création d’un système de surveillance par satellite global et multifonctionnel qui pourrait devenir indépendant du système américain GPS, souligne Andreï Ostrovski, vice-directeur de l’Institut de l’Extrême-Orient de l’Académie des sciences de Russie.

« L'accord sur l'utilisation conjointe des systèmes de navigation par satellite GLONASS et Beidou peut être interprété comme une réalisation des accords qui ont été atteints entre les leaders de la Russie et de la Chine sur le développement de la coopération dans le domaine des hautes technologies », analyse l’expert. « Cela peut être bénéfique aux deux pays du point de vue de la sécurité nationale. Actuellement GLONASS et Beidou interagissent avec le système GPS. En cas d’introduction des sanctions quelconques de la part des pays occidentaux, le signal GPS risque d’être éteint, et nous ne pourrons plus nous orienter ».

Les systèmes de navigation par satellite sont d’une importance stratégique, car ils permettent de garantir la sécurité nationale. Ces systèmes sont non seulement largement utilisés dans le secteur des transports, mais ont déjà fait leur preuves notamment en cas des opérations d’urgence dans des zones sinistrées. À ce jour, seul le système américain GPS est capable de fonctionner de manière autonome et assurer la navigation par satellite à l’échelle globale.

Le système russe GLONASS garantit une couverture de qualité dans des zones à haute latitude. Quant aux basses latitudes, GLONASS a besoin de collaborer avec le GPS. En ce qui concerne le Beidou chinois, ce système couvre au contraire uniquement des zones à basse latitude de la Terre, et il reste donc très dépendant du GPS. La dépendance du GPS peut être évitée uniquement si GLONASS et Beidou s’associent, car les deux systèmes sont parfaitement complémentaires. Et le client, en recevant le signal qui provient à la fois de la part des deux systèmes de navigation, aura des données plus précises sur le point de sa géolocalisation.

Les experts prévoient que la coopération dans le domaine de la navigation par satellite entre la Russie et la Chine permettra de stimuler le développement de la production de l’équipement, et notamment des puces de navigation dans les deux pays. Les représentants des systèmes de localisation par satellite des deux pays reconnaissent que certains problèmes qui empêchent le développement de la collaboration russo-chinoise dans ce domaine subsistent toujours. C’est notamment le manque de régulation concernant l’activité du marché et l’absence des mécanismes de protection de la propriété intellectuelle. Mais les experts sont persuadés qu’au fur et à mesure, ces problèmes pourront être réglés.

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