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Rester passif devant une personne en danger s’appelle l’«effet témoin» en psychologie, et ce depuis la fin des années 60. Mais aujourd’hui, les spectateurs vont jusqu’à filmer la scène. Un «effet témoin» 2.0 terrifiant analysé par le Dr Liova Yon, psychiatre à Sainte-Anne.

À la mi-juin, dans les rues du XVIe arrondissement de Paris, Jean, un jeune homme de 20 ans tombe sur un homme gisant au sol. Il se précipite alors pour lui porter secours, mais il est déjà trop tard.

Si à première vue, l’histoire voudrait raconter comment Jean, ancien scout, a tenté de sauver la vie du sexagénaire, elle prend une autre tournure. Dans les colonnes du Parisien, il raconte son expérience, qu’il qualifie de traumatisante. Non pas d’avoir fait face à la mort, mais plutôt d’avoir été confronté à l’indifférence des passants, certains allant même jusqu’à filmer la scène au lieu d’aider le jeune homme.

Une histoire malheureusement commune, au point que les psychologues ont baptisé le phénomène dès la fin des années 1960: c’est l’«effet témoin» ou l’«effet spectateur». Mais, non content d’assister à des scènes choquantes, à l’ère des réseaux sociaux, chacun dégaine son smartphone à la moindre occasion: régulièrement, des images de personnes en détresse tournent sur les réseaux sociaux et les internautes se demandant pourquoi la personne filme, mais ne réagit pas.

Selon le Dr Liova Yon, psychiatre au centre hospitalier de Sainte-Anne, le comportement humain change si la personne se trouve en groupe ou seule. Il explique ainsi l’«effet témoin»: plus il y a de témoins, moins il y a de chance qu’ils réagissent. Quant au fait de filmer, le psychiatre l’explique par deux facteurs: une curiosité morbide et la valorisation de la personne qui diffuse sur les réseaux, autrement dit, une «curiosité morbide diffusée.»

«C’est pour ça que le terme “effet témoin 2.0”, je ne suis pas sûr que ça procède exactement de la même manière», déclare-t-il au micro de Sputnik.

Il faut tout de même rappeler qu’être témoin et ne pas porter secours à une personne en péril est inscrit au Code pénal: la non-assistance à personne en danger est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.

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