Chaque jour de guerre en Libye coûte un million d’euros à la France


Mardi 5 juillet, le ministre de la Défense français Gérard Longuet a déclaré à la presse que la France arrêtait de parachuter des armes aux insurgés libyens dans les montagnes Djebel Nefusa au sud de Tripoli. «Ces fameux parachutages ont cessé et ne sont plus nécessaires », a déclaré le ministre.

Gérard Longuet évoque deux raisons à l’origine de cette décision. C’est tout d’abord l’irritation manifeste des autres membres de la coalition internationale, avant tout de la Grande-Bretagne. On admet volontiers que la France redoute vraiment une scission au sein de la coalition. Et puis, il semblerait que Paris a pris à cœur la critique de la part de la Russie : le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a beaucoup insisté sur l’inadmissibilité d’interpréter la résolution du CS sur la Libye « n’importe comment ». La deuxième raison, c’est que l’opposition libyenne est aujourd’hui capable d’agir de manière autonome. « Cette autonomie leur permet d'établir des relations avec des partenaires extérieurs, y compris lorsqu'il s'agit de s'équiper en auto-défense », a précisé le ministre français de la Défense.

Mais pour pouvoir agir de façon autonome et acheter des armes, l’opposition a besoin d’argent. Il semblerait qu’elle en a depuis que les Etats de la coalition internationale se sont mis à subventionner les insurgés en débloquant les avoirs du gouvernement libyen gelés à l’étranger.

Mais à la question de savoir s’il fallait s'attendre à la fin de la campagne libyenne avant le 12 juillet, date à laquelle l’Assemblée nationale devra commencer les débats et le vote sur l’utilisation de moyens militaires contre Kadhafi, le ministre a répondu par la négative. La majorité des hommes politiques et experts militaires occidentaux estiment que même si le régime Kadhafi tombe un jour, ce ne sera pas pour demain. Et puis, l’opposition n’est pas encore assez forte pour combattre Tripoli. D’où de nouvelles dépenses pour la guerre en Libye. Aujourd’hui la France y consacre environ « un million d’euros pas jour ». Cent jours de guerre lui ont donc coûté 104 millions d’euros, dont les trois quarts sont des dépenses militaires proprement dites et un quart les salaires.

Mardi, le jour même où le ministre français a annoncé la cessation des parachutages d’armes aux insurgés libyens, les forces de l’OTAN ont effectué 145 vols en Libye dont 59 missions de combats. « L'OTAN poursuivra l'opération en Libye tant qu'elle n'accomplira pas sa mission », a déclaré lundi le secrétaire général de l’Alliance Anders Fogh Rasmussen à l’issue d’une réunion du Conseil Russie-OTAN à Sotchi. "La mission, c’est probablement faire partir Kadhafi partir voire le supprimer physiquement". Voici ce qu’a dit à la chaîne télé « France 2 » Aicha Kadhafi, la fille du colonel libyen qui a perdu sa fille de 5 mois dans un bombardement de Tripoli.

Hier Karim Yahiaoui de « France 24 » a commenté l’article de l’hebdomadaire « Canard Enchaîné » intitulé « Un Kadhafi pour le 14 juillet s'il vous plaît ... ». L’article parle du « cadeau » à faire au président de la République au 14 juillet. Notre commentateur Alexeï Grigoriev voudrait que nos auditeurs entendent ce commentaire.

Il reste une semaine jusqu’au 14 juillet. Il semble que, malgré le « Charles de Gaulle » en rade de Tripoli avec plus de 500 militaires français et des escadrilles d’avions et d’hélicoptères les plus modernes, il est plus facile de prendre à nouveau la Bastille que de faire partir Kadhafi…

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