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Lors de son concert à Moscou, la star internationale Madonna a promis de prier pour la liberté des membres du groupe Pussy Riot. Son geste s’ajoute au soutien de nombreuses personnalités étrangères qui ont pris la défense des trois jeunesfemmes russes détenues depuis cinq mois.

Lors de son concert à Moscou, la star internationale Madonna a promis de prier pour la liberté des membres du groupe Pussy Riot. Son geste s’ajoute au soutien de nombreuses personnalités étrangères qui ont pris la défense des trois jeunesfemmes russes détenues depuis cinq mois. Ainsi Peter Gabriel, Sting, Marc Almond, Johnny Rotten, Nina Hagen mais également Yoko Ono et bien d’autres ont exprimé leur solidarité avec les chanteuses en insistant sur le droit légitime de chaque artiste d’être critique à l’égard du pouvoir et des institutions. Voilà une action qui a immédiatement enrichi la polémique houleuse sur l’objet de l’acte en cause – s’agit-il d’un fait politique ou blasphamétoire? – par une question sur le droit des stars étrangères de se prononcer sur des sujets dits « intérieurs », dont elles ne connaissent forcément pas tous les tenants et les aboutissants. En effet, Madonna déclare avoir vu quelques clips du groupe, mais maîtrise-elle bien le dossier judiciaire et réalise-t-elle le rôle de la religion dans la culture russe? Malgré ces réserves, il me semble que chaque individu a le droit de dire son opinion sur des sujets humanitaires, surtout si c’est un « homme du monde », écouté et suivi dans divers pays. Un artiste est en fait l’expression d’une consience collective, n’est-ce pas? Il peut se tromper mais il est généralement plus sincère que n’importe quelles institution car ne dépend de personne. En plus, l’être humain est toujours plus franc et spontané que la bureaucratie, on le voit bien avec Madonna. Elle dit ce qu’elle pense et elle fait réagir les autres.

Mais pourquoi alors les chanteurs russes n’ont-ils pas dit leur mot de solidarité? Est-ce par conviction, indifférence, la peur de persécutions ou la crainte de perdre leurs gains? Certainement, la peur de persécutions n’y est pour rien mais plutôt une forme de cocooning, l’attachement au confort, une faiblesse morale inculquée par les années faciles. Et également leur poids social et leur place dans le monde de la musique. Ils se rendent compte que contrairement à Sting ou Peter Gabriel, ils ont bien peu d’influence sur les esprits. Ils sont donc vulnérables et fragiles devant le pouvoir et peu convaincants pour l’opinion, susceptible de penser autrement. D’ailleurs, le manque d’impact international de leur parole serait une raison qui, à mon avis, explique l’absence des noms français ou italiens sur la liste des personnalités de la musique qui ont pris la défense des Pussy Riot. On ne se prononce que lorsqu’on est sûr d’être entendu à travers les frontières. Si ce n’est Mylène Farmer...

Et enfin, il y a de longues traditions civilisationnelles. Déjà la notion de blasphème est différemment interprétée dans diverses cultures, les sociétés issues du protestantisme étant plus ouvertes à toute critique de la religion et de ses institutions. On sait que des concerts de musique, souvent très peu canonique, tiennent lieu dans des églises et des temples du monde anglo-saxon, alors que le monde russe ne connaît rien de tel. Notre civilisation est sortie récemment de l’isolement et ne fait qu’apprendre à réagir aux défis du monde contemporain. D’ou ces prises de position, ces doutes et ces polémiques autour du geste de Madonna et confrères qui ont voulu prendre la défense des trois pauvres filles.

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