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Andrei Gromyko : crêpes avec de la bière, canard avec du vin et barbecue tropicale

Andrei Gromyko : crêpes avec de la bière, canard avec du vin et barbecue tropicale
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Les collègues occidentaux appellent le chef de la diplomatie soviétique Andrei Gromyko «Mr No ». Né dans un village biélorusse et n’ayant pas de formation diplomatique systématique, Andrei Gromyko devient une personnalité légendaire dans la diplomatie soviétique et mondiale du ХХe siècle. Il dirige en 1944 la délégation soviétique à la conférence constituante des Nations Unies. Gromyko est pendant trente ans : entre 1957 et 1985 ministre soviétique des Affaires étrangères et en 1985-1988 - président du Présidium du Soviet suprême de l’URSS.

Il arrive plus d’une fois à Gromyko de partager les repas des personnalités les plus en vue de son époque : depuis Staline et Mao jusqu’à Rockefeller et Frank Sinatra. Or, ces petits déjeuners, déjeuners, dîners et banquets font partie intégrante du travail diplomatique. En les décrivant dans ses mémoires, Gromyko n’évoque pas le menu en ne commentant que les aspects politiques.

En travaillant entre 1939 et 1943 à la représentation soviétique au Etats-Unis, Andrei Gromyko visite un jour avec son collègue un petit restaurant russe « Troïka » à New York. Les serveurs habillés dans le style russe : en kossovorotkas longues et en bottes vernis apportent le menu aux invités soviétiques. Les diplomates commandent les crêpes russes. Gromyko et son camarade refusent la vodka. « On est sans doute étonné en voyant des Russes qui ne boivent pas la vodka », se souvient le diplomate. Ils prennent finalement de la bière qui tombe mal à propos avec les crêpes qui sont, d’ailleurs, magnifiques, écrit Gromyko.

En voyageant en 1948 à bord d’un navire suédois, Gromyko remarque que les hors d’œuvre sont servis au restaurant en abondance et gratuitement, comme c’est l’usage en Suède. « Seuls les plats de résistance sont payants », se souvient Gromyko. Les repas sont très bien organisés. Les Suédois qui sont experts en économie donnent la préférence au « buffet » largement connu aujourd’hui dans le monde entier. Ce mode de service a un grand succès à Washington ».

L’interprète personnel de Mr No Victor Soukhodrev se souvient dans son livre « Ma langue est mon ami » qu’Andrei Gromyko et son homologue américain William Rogers visitent Paris où ils participent à une conférence internationale. Rogers invite lors d’un entretien d’affaires Gromyko à dîner au célèbre restaurant parisien « La Tour d’Argent ». Le secrétaire d’Etat américain dit que le canard préparé d’une manière originale est le clou du menu. A la question du maître d’hôtel au sujet de l’apéritive, Gromyko choisit du whisky suivant le conseil de l’interprète. Les invités se voient servir en premier lieu du foie gras, ensuite le plat essentiel : du canard coupé en fines tranches à la sauce originale. Gromyko est ravi du vin et demande à l’interprète de retenir son nom. Victor Soukhodrev sait déjà que le ministre qui prend très rarement des boissons fortes, goûte toujours avec intérêt des vins, surtout rouges, en particulier aux repas au Kremlin où l’on sert à l’époque, en règle générale, du Moukousani.

Un lunch modeste donné par le président des Etats-Unis Jimmy Carter au chef de la diplomatie soviétique est tout différent. Selon l’interprète du ministre, il commence par une salade suivie d’une brioche ronde avec un peu de beurre. Pas de vin, rien que de l’eau minérale. Et ensuite – un hamburger, plat essentiel !

Pendant un dîner à Cuba le ministre soviétique des Affaires étrangères est contraint d’accepter un compromis : les invités soviétiques sont en chemises blanches aux manches courtes parce qu’il fait très chaud. Quant à Gromyko, il est en costume en laine et l’interprète supplie le ministre qu’il s’habille plus légèrement, Castro insistant sur une ambiance informelle. Gromyko « se rend » et va à dîner sans veston mais en chemise avec une cravate et en veste. « La régalade est particulière : un bœuf braisé tout entier. Les cuisiniers tournent l’immense braise et découpent des tranches odoriférantes. Assis assez loin de Gromyko, je le vois tenir ferme durant toute la soirée malgré la chaleur et les plats très chauds », se souvient l’interprète du ministre.

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