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Pourquoi la Russie déploie ses Iskander aux frontières de l'Europe?

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Le quotidien allemand Bild a annoncé dimanche que la Russie avait déployé son complexe Iskander-M à la frontière avec les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie). L'expert militaire russe Viktor Litovkine décrypte la situation dans un article du quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le quotidien allemand Bild a annoncé dimanche que la Russie avait déployé son complexe Iskander-M à la frontière avec les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie). L'expert militaire russe Viktor Litovkine décrypte la situation dans un article du quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le journal allemand affirme que des photos satellites confidentielles témoigneraient de la présence de 10 complexes Iskander-M dans la région de Kaliningrad, une enclave russe en Europe. Ce dispositif militaire vise à neutraliser plusieurs types de cibles au sol - missiles, artillerie de longue portée ou encore systèmes de défense antiaérienne et antimissile.

Omettons la question de savoir comment la région de Kaliningrad est frontalière avec la Lettonie et l'Estonie. Il suffit de regarder une carte pour s'apercevoir que ce n'est pas le cas. Le correspondant de la revue Bild n'est certainement pas très ami avec la géographie…

Autre question, pourquoi les Allemands sont-ils si surpris que la Russie place son équipement de guerre, insistons bien là-dessus, sur son propre territoire ? En effet, pourquoi donc intimider le bourgeois en l'informant que le missile "Iskander -M » (SS-26 Stone) peut atteindre une distance de 500 km alors que Berlin n'est situé en tout et pour tout qu'à 527 km de ces missiles ? Pourquoi ne pas indiquer les causes et les raisons pour lesquelles la Russie positionne de telles armes à ses frontières ?

Si les collègues de Bild avaient fait l'effort de fournir une telle explication, les raisons pour lesquelles Moscou a été contraint de prendre de telles mesures seraient alors immédiatement apparues comme évidentes.

Si les journalistes de cette revue avait fait l'effort de l'expliquer, il serait vite apparu que Moscou est contraint de déployer ce système à cause des Etats-Unis.

Par exemple parce que six bases aériennes en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Turquie recèlent 180 bombes nucléaires B61 américaines, destinées à être embarquées sur les avions F-15E et F-16. Alors que, précisons-le, la Russie ne possède des armes nucléaires tactiques que sur son propre territoire et nulle part à l'étranger.

Et les avions mentionnés sont même en service dans des pays de l'Otan non nucléaires, notamment l'armée de l'air belge, néerlandaise, turque, allemande et italienne même si ces dernières sont dotées de chasseurs Tornado - également capables d'embarquer les bombes nucléaires B61.

Ces avions de l'Alliance sont en veille permanente à la base aérienne lituanienne de Šiauliai et survolent régulièrement la côte baltique. Sachant qu'un chasseur supersonique peut couvrir la distance Šiauliai-Smolensk en 15-20 minutes.

Les généraux russes seraient inconscients de ne pas tenir compte de ces paramètres qui menacent directement la sécurité de la Russie, et ne cherchaient pas à prendre les mesures nécessaires pour prévenir une éventuelle frappe nucléaire. Le complexe Iskander-M n'est probablement qu'une partie des mesures de protection entreprises par les autorités pour protéger la population russe.

Rappelons encore que la Russie est contrainte de prendre des mesures appropriées pour assurer sa sécurité parce que les USA cherchent avec insistance à déployer le long de la frontière russe leurs propres systèmes de défense antimissile menaçant les systèmes stratégiques russes de dissuasion.

Cela concerne les dispositifs stratégiques déployés dans la partie européenne du pays, soit la moitié du bouclier nucléaire russe. Les Américains étaient d'abord supposés déployer un radar de diapason X en République tchèque et des antimissiles GBI en Pologne.

Cette fois Washington a adopté un programme de déploiement progressif de son bouclier antimissile (ABM), dont la première étape a déjà commencé avec la construction d'une base antimissile avec des missiles intercepteurs SM-3 1B près de la ville roumaine de Deveslu. La prochaine étape sera la construction d'une base identique en Pologne, près de la frontière avec la région de Kaliningrad. La Russie doit-elle réagir à ces plans de confrontation ? Tout individu sain d'esprit vous répondra que oui.

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