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Al-Qaïda se met au chinois

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Le plus grand attentat de ces dernières années s'est produit à Urumqi, capitale de la région autonome Xinjiang en Chine, emportant des dizaines de vies, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

Le plus grand attentat de ces dernières années s'est produit à Urumqi, capitale de la région autonome Xinjiang en Chine, emportant des dizaines de vies, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

Le pays est de plus en plus touché par ces attaques. Les experts associent ce sursaut d'activité terroriste au soutien accru apporté aux musulmans ouïgours radicaux de Xinjiang depuis l'étranger. L'arrivée en Chine de mouvements liés à Al-Qaïda pourrait devenir un nouveau défi pour Pékin, qui considère la sécurité et la stabilité comme des conditions sine qua non de la transformation de la Chine en première puissance mondiale.

Une série de puissants attentats a retenti hier matin sur le marché d'Urumqi à 7h50, heure de grande affluence. Deux véhicules tout terrain en ont défoncé les grilles métalliques pour percuter la foule. Après quoi, la première voiture a explosé et des explosifs sont tombés dans la foule depuis l'autre 4x4. D'après l'agence de presse Xinhua, l'attentat a fait 31 morts et plus de 90 blessés.

Il s'agit du plus grand attentat dans l'histoire de la région autonome de Xinjiang où, hormis les autochtones chinois han, vivent des musulmans ouïgours. Des émeutes y avaient éclaté en 2009 dégénérant en affrontements sanglants, entraînant 197 morts et plus de 1 700 blessés.

Le président chinois Xi Jinping a réagi par une déclaration extrêmement ferme. Sur Twitter le dirigeant a promis de "punir sévèrement les terroristes et de tout faire pour maintenir la stabilité". Dans un premier temps, les patrouilles de police et la sécurité des sites susceptibles de devenir une cible des terroristes seront renforcées.

L'attentat d'Urumqi n'a pas été revendiqué mais les autorités chinoises relient les attaques qui frappent la région aux activités des radicaux clandestins du Mouvement islamique du Turkestan oriental. La veille de l'attentat, Xinhua avait condamné à de longues peines de prison 39 islamistes pour "propagande du terrorisme" et "participation à une organisation terroriste".

Bien que l'histoire des attentats en Chine soit vieille de plus d'une décennie, la situation actuelle se distingue fortement des violences de basse intensité observées depuis les années 1980.

La Chine a connu un sursaut d'activités terroristes l'an dernier et Xinjiang demeure la région la plus instable: un autre attentat a eu lieu à Urumqi le 30 avril dans une gare ferroviaire, faisant 3 morts et 79 blessés. Deux mois plus tôt, des inconnus armés de couteaux avaient attaqué les passagers dans la gare de Kunming (province du Yunnan), entraînant 29 morts et plus de 130 blessés.

"Les récents événements témoignent de l'intensification des activités terroristes qui touchent aussi bien Xinjiang que d'autres régions comme Kunming et Pékin. Les attentats gagnent en ampleur, le nombre de victimes augmente. Ces événements s'inscrivent dans une logique de ralentissement de la Chine", explique le sinologue Iouri Tavrovski. "Ce sursaut de terrorisme met en évidence un facteur extérieur – l'activation des salafistes, qui arrivent de Syrie et suivent une formation de volontaires ouïgours dans les camps de l'Afghanistan voisin", estime l'expert.

Selon Alexandre Lomanov de l'Institut d'Extrême-Orient, la violence en Chine prend progressivement la forme du terrorisme d'Al-Qaïda. "C'est un défi lancé aux plans ambitieux du gouvernement chinois de profiter des opportunités pour un développement paisible et transformer la Chine en première puissance mondiale", estime l'expert.

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