Qui fait du lobbying de l'Afrique pour le business russe ?

Qui fait du lobbying de l'Afrique pour le business russe ?
« La Russie est résolue à étendre la coopération et le partenariat dans tous les domaines de ses relations avec l’Afrique, surtout dans l’économie », a déclaré le président de Russie Vladimir Poutine dans le message de salutation à l’UE adressé à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique célébrée le 25 mai. Plusieurs ministères et départements fédéraux, les corporations d’Etat, les compagnies privées, les associations non commerciales, la Chambre russe de Commerce et d’industrie œuvrent pour promouvoir le partenariat économique avec l’Afrique.

Ils se proposent de contribuer à l’expansion du business russe sur le continent pour qu’il soit plus efficace, d’assurer le confort dans les activités en Afrique et d’aider à éviter les risques. La conférence « Les investissements russes en Afrique : potentialités et perspectives » engagée récemment à Moscou par trois société juridiques : ALRUD russe, Slaughter and May britannique et l’Alliance indépendante des principaux cabinets d’avocats en Afrique (ALN) a été consacrée à ce sujet. La vice-directrice du département de l’Asie et de l’Afrique du ministère russe du développement économique Naïlia Tchernikova a envisagé à l’ouverture de la conférence les perspectives du business russe en Afrique.

Le continent africain est attrayant pour la Russie parce qu’il permet de mettre en œuvre les projets commerciaux dans l’extraction des minéraux utiles y compris d’importance stratégique. A y ajouter un vaste marché de consommation et la demande croissante d’un vaste éventail de services ainsi que l’intérêt des pays du continent à développer l’infrastructure. Les liens économiques de la Russie avec les pays subsahariens se développent dans le contexte de domination d’autres grands joueurs mondiaux aux marchés de ces pays. L’ampleur des liens d’affaires des Etats-Unis, de l’UE, de la Chine, de l’Inde et du Brésil avec les pays africains devance de loin les indices enregistrés par le business russe.

Après la désintégration de l’URSS qui était représentée sur une vaste échelle en Afrique et a fait un grand apport à son économie la coopération économique de la Russie ayant pris sa succession avec le continent a été suspendue pour au moins dix ans. La Russie cherche maintenant à prendre la revanche. Le gouvernement russe, a dit Nailia Tchernikova, est en train d’élaborer toute une série de documents en vue de soutenir les exportations et les investissements russes, y compris dans les pays africains. Or, beaucoup dépend des sociétés juridiques. La communauté russe du business ne connaît pas la spécificité des pays africains et ne les prend pas parfois au sérieux. Or, un grand groupe de pays africains ont déjà enregistré les succès impressionnants dans le développement économique et le continent a devancé dans l’ensemble d’après le taux de croissance les autres continents. De l’avis de plusieurs experts, en particulier russes, ce n’est que le début …

Le soutien et le suivi juridique est un facteur important du succès des compagnies russes dans un pays peu connu. C’est ce qui fait la société juridique ALRUD. Elle a été fondée en 1991, raconte à notre observateur son partenaire aîné Vassili Roudomino. 80 experts hautement qualifiés en législations juridiques de plusieurs pays y travaillent. Les compagnies russes déployant leurs activités à l’étranger constituent la moitié des clients permanents de la société et les compagnies étrangères travaillant en Russie – l’autre moitié. La géographie d’ALRUD est très vaste : Europe, Amérique latine et ces dernières années – l’Afrique. « ALRUD, fait-elle du lobbying de l’Afrique pour le business russe ? » a demandé Igor Yason à Vassili Roudomino.

C’est ça, répond Vassili Roudomino. Nous laissons entendre à la communauté russe du business que les sociétés juridiques russes peuvent assurer conjointement avec les sociétés juridiques des pays africains concrets le suivi et la protection de leurs intérêts, de leurs investissements sur le continent. Nous avons accumulé une grande expérience en la matière. Les meilleures sociétés juridiques, en particulier Slaughter and May, sont parmi nos collègues. C’est un partenariat très sérieux parce qu’une grande partie des investissements étrangers sur le continent africain est protégée conformément au droit anglais.

Le début du projet suppose les consultations juridiques, poursuit Vassili Roudomino. Sans un suivi compétent il est difficile de garantir le succès. Les compagnies russes qui mettent en œuvre leurs projets en Afrique se heurtent à de multiples problèmes qu’elles auraient pu éviter en observant les recommandations des juristes. C’est là l’objectif de l’actuelle conférence : abandonner les stéréotypes et prêter attention à nos conseils, aux recommandations des juristes connaissant la jurisprudence des pays africains. Dans ce cas elles ne seront sans doute pas déçus d’avoir chois l’Afrique pour y faire du business et réussiront.

La Maison de l’Afrique à Moscou : le partenariat non commercial pour le développement des liens d’affaires et publics fait du lobbying de l’Afrique pour le business russe. Son président le Béninois Olunlami Serge Phocas en parle dans une interview accordée à notre correspondant :

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