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Comment la Russie intervient en Ukraine sans verser une goutte de sang

Comment la Russie intervient en Ukraine sans verser une goutte de sang
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Comme il est clair et net que l’Ukraine n’est rien d’autre qu’un terrain d’affrontement entre les USA et la Russie, il est non moins évident qu’il faille intervenir de façon à affaiblir le protagoniste qui tire les ficelles, en l’occurrence, Washington.

Un récent article publié sur les pages de notre site déclinait d’une manière plutôt exhaustive les raisons pour lesquelles la Russie n’introduisait pas ses troupes en Ukraine. Le colonel Strelkov dont les carnets ont été mentionnés dans l’analyse a lui-même indiqué lundi que Kiev se décarcassait autant que possible pour forcer le Kremlin à intervenir. Pourtant, bien que déterminé à ne pas intervenir manu militari, Moscou a déjà activé ses leviers de pression. Lesquels ?

Comme il est clair et net que l’Ukraine n’est rien d’autre qu’un terrain d’affrontement entre les USA et la Russie, il est non moins évident qu’il faille intervenir de façon à affaiblir le protagoniste qui tire les ficelles, en l’occurrence, Washington.

- Premièrement, la façon dont les réfugiés du Sud-Est sont accueillis en Russie, la qualité et l’importance de l’aide humanitaire assurée – des tonnes de médicaments et de produits de première nécessité sont envoyées chaque semaine dans les régions en guerre – invalident automatiquement la propagande véhiculée par Kiev et ses soi-disant soutiens atlantistes. L’Occident n’accueille pas les réfugiés et n’envoie pas de colis humanitaires bien que cela soit en son pouvoir. On peut condamner la résistance armée mais quid des civiles sans défense ? Qui plus est, si la Russie agit véritablement en agresseur – que ce soit d’une manière avérée ou masquée – il semble pour le peu étrange que des dizaines de milliers de réfugiés aient passé la frontière russe. A moins d’être masochiste, on ne se jette pas dans les bras de son agresseur. Cette lapalissade désavoue en grande partie le tableau brossé par le mainstream médiatique qui s’obstinait à maintenir, jusqu’à ce que des représentants de la presse occidentale ne débarquent à Rostov, que ceux qu’on aurait fait passer pour des réfugiés étaient surtout des Ukrainiens allant rendre visite à leurs babouchkas russes.

- Deuxièmement, l’ultimatum de Poutine à Kiev concerne non pas seulement l’Ukraine en tant que telle mais également l’UE. Quel est le sens pratique de cet ultimatum ? Si la junte kiévienne ne dépose pas les armes, la Russie met fin à ses échanges commerciaux avec l’Ukraine. La suspension des commandes industrielles conduira à une perte annuelle de 15 milliards de dollars pour l’Ukraine, sans cela minée par les promesses absolument creuses du FMI et de la production de plus en plus déficitaire de l’Est. On imagine l’impact que ces facteurs, les uns plus fâcheux que les autres, auront sur l’économie ukrainienne d’ici la fin de l’automne. Si l’on ajoute à cela la riposte russe à l’accord d’association ukrainien avec l’UE dont l’une des conséquences sera la submersion du marché russe par des produits européens de piètre qualité, le dénouement est tout sauf réjouissant. Mais il y a pire. La Russie risque de couper définitivement le robinet non seulement à l’Ukraine mais aussi, indirectement, à l’UE si le problème du stockage de 18 milliards de m3 de gaz (pour un montant équivalent à 5 milliards de dollars) dans les dépôts souterrains ukrainiens n’est pas réglé d’ici le début de l’hiver. Kiev aura donc d’autres chats à fouetter que de pilonner les villes et villages du Sud-Est en multipliant ses provocations contre la Russie.

- Troisièmement, comme l’offensive est toujours un instrument de dernier recours, la dissuasion est préférable. N’est-ce pas pour cela que la Russie renforce plus que jamais sa présence au Cuba au point de vouloir remettre sur pied la base militaire qui s’y trouvait avant l’éclatement de l’URSS ? On comprend maintenant mieux les raisons qui l’ont poussée à annuler 90% de la dette cubaine. En soi l’initiative n’est pas neuve puisqu’elle avait déjà suscité bien des polémiques à partir de 2008, 170 km séparant le Cuba des USA. La partie russe évoquait alors une mesure dissuasive dans la mesure où l’OTAN avait crée plusieurs zones tampon incluant les Pays Baltes, le Caucase et les pays de l’Europe centrale en ayant, ipso facto, encerclé la Russie. Maintenant que l’Ukraine dans son ensemble est destabilisée et que les populations russes et pro-russes du Sud-Est sont victimes d’un génocide, cette argumentation est plus que jamais d’actualité. Bien plus, le Cuba ne s’oppose nullement à la restauration de la présence russe se disant plutôt inquiet d’avoir à subir la tristement célèbre prison américaine de Guantanamo sur son territoire. Quoi qu’il en soit, la restauration ou la mise sur pied d’une présence militaire russe dans les coins les plus divers du monde s’inscrit dans une tendance bien définie et néanmoins récente. C’est le cas de Cam Rhan (Vietnam), de Chypre ou de l’Arctique, cela au plus grand dam des USA. Il n’y a donc rien d’extraordinaire à ce que la Russie entende réafficher une forte présence à 170 km seulement des frontières étasuniennes. D’ailleurs, l’apparition récurrente depuis le début du conflit ukrainien de navires russes au large de Cuba a fait l’effet d’une douche froide.

On voit donc que la Russie a choisi de jouer, comme ce fut déjà le cas en Syrie, un rôle stabilisateur. Elle ne peut pas introduire ses troupes sur le territoire ukrainien comme elle l’avait fait en Ossétie du Sud en 2008, lorsque Tskhinval était à feu et à sang. Pourquoi ? L’Ossétie du Sud était de facto autonome, tout comme l’Abkhazie, dès 1993. Une bonne moitié de la population avait la nationalité russe. Or, dans le cas des régions du Sud-Est ukrainien, la majeure partie des habitants de Donetsk et de Lougansk n’ont pas la nationalité russe et, bien qu’autoproclamées indépendantes, ces deux Républiques continuent (pour le moment) à obéir à Kiev.

Néanmoins, l’apparition de quatre hélicoptères américains de type «Apache » dans le ciel de Lougansk laisse supposer que l’OTAN est néanmoins en passe de franchir la ligne rouge en livrant des armes à la junte. S’il en est ainsi, la Russie pourrait réagir en conséquence en livrant elle aussi des armements à la résistance. C’est bien sûr à voir et à revoir. Néanmoins, si cela venait à arriver, le conflit ukrainien entrerait dans une nouvelle phase.

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