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Shinzō Abe garde les rênes du Japon

© REUTERS / Yuya ShinoСиндзо Абе, премьер-министр Японии
Синдзо Абе, премьер-министр Японии - Sputnik France
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Suite à la victoire du Parti libéral-démocrate et de son partenaire de coalition aux élections législatives, le parlement japonais a reconduit Shinzō Abe au poste de premier ministre, écrit jeudi 25 décembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Suite à la victoire du Parti libéral-démocrate et de son partenaire de coalition aux élections législatives, le parlement japonais a reconduit Shinzō Abe au poste de premier ministre, écrit jeudi 25 décembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Ce dernier veut continuer de lever les limitations constitutionnelles à la participation du Japon aux guerres et renforcer l'alliance militaire du pays avec les États-Unis.
Les élections législatives du 14 décembre se sont soldées par le triomphe du Parti
libéral-démocrate (PLD) et de son partenaire de coalition Kōmeitō, qui ont obtenu une majorité absolue de deux tiers des sièges au parlement. Ce résultat a permis au leader du PLD Shinzō Abe de reconduire intégralement son ancien cabinet de ministres.

Seule exception: il a remplacé son ministre de la Défense qui avait abusé de fonds électoraux.

Le nouveau ministre Gen Nakatani n'a jamais pris part à des activités douteuses, mais a une réputation de faucon.

A 57 ans, ce promu de l'Académie nationale de la défense a servi dans l'armée et déjà occupé le poste de ministre de la Défense. Son cheval de bataille? Que le Japon soit capable de porter un coup préventif contre les bases de l'ennemi en cas d'attaque imminente.

"Il faut réfléchir à ce qui se passerait si les États-Unis se retiraient. Il faut penser à nos capacités de riposte. Nous ne pouvons pas attendre la mort imminente sans rien faire", avait-il annoncé à l'agence Reuters cette année.

Valeri Kistanov, président du Centre d'études japonaises à l'Institut de l'Extrême-Orient, estime cependant que Gen Nakatani a tenu ces propos quand il était encore un électron libre et qu'il abandonnera désormais cette rhétorique à cause d'une réaction potentiellement très négative.

"Abe rencontre des problèmes très sérieux en matière de politique étrangère, notamment pour établir un dialogue normal avec la Chine et la Corée du Sud — ces rapports n'ont fait que se détériorer pendant ses deux dernières années au pouvoir. Sa rencontre avec le leader chinois Xi Jinping, en marge du sommet de l'APEC à Pékin, constitue sans doute un facteur positif. Mais le froid dans les relations sino-japonaises est si fort qu'il ne faut pas s'attendre à un dégel dans un avenir proche".

"Dans ce contexte Abe renforce le potentiel militaire du pays, d'un point de vue qualitatif et quantitatif. Le fer de lance des forces armées japonaise s'est réorienté du nord, de la menace russe, vers celle venant de Chine", note Valeri Kistanov. Le renforcement de la coopération avec les États-Unis constitue donc l'une des priorités stratégiques d'Abe. L'expert ajoute que "le Japon et les USA sont en train de revoir les orientations principales de leur partenariat militaire, qui n'a pas été modernisé depuis 1997, quand "la guerre froide a pris fin". Cette menace potentielle a été donc remplacée par le facteur chinois, qui pousse à l'actualisation de la coopération. La décision du gouvernement de réviser l'interprétation de la Constitution en matière de droit du Japon à l'autodéfense collective représente également un nouvel élément de la coopération militaire nippo-américaine".

Le Japon aidera désormais les États-Unis non seulement en cas d'attaque directe contre son territoire, mais aussi dans d'autres régions du monde: L'inquiétude grandit donc en Chine, en Corée du Sud et dans d'autres pays ou l'on se rappelle toujours de l'agression japonaise.

Quant à la Russie, la situation est un peu différente. Le Japon ne considère pas Moscou comme une menace militaire directe. Moscou s'inquiète pourtant du renforcement de la coopération nippo-américaine, y compris dans le domaine de la défense antimissile. "Mais en principe la reconduite d'Abe constitue un facteur positif pour la Russie. Cela signifie qu'il restera au pouvoir au moins jusqu'à 2018, permettant à Moscou de construire une politique de long terme — auparavant les premiers ministres changeaient tous les ans. Les relations personnelles de confiance entre Abe et le président russe Vladimir Poutine sont également très importantes. Malgré les sanctions, ils se sont rencontrés lors du sommet de l'APEC, ont parlé de manière amicale et se sont mis d'accord sur une visite de Poutine au Japon.

Abe promet de résoudre le problème des "territoires du nord" — les Kouriles du sud — lors de son mandat, mais ses propos ont plutôt une visée populiste car il les a prononcés avant les élections législatives. Ce problème étant en réalité très compliqué, je doute qu'il y ait des percées dans un avenir proche", conclut Valeri Kistanov.

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