Les entreprises publiques freinent la croissance russe

L'économie russe est dominée par des entreprises publiques peu efficaces qui empêchent la croissance: pour rétablir le PIB, il faut créer des conditions équitables pour tout le monde, estiment l'ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine et le chef du Groupe d'experts économiques Evseï Gourvitch, cités jeudi par le quotidien Novye Izvestia.

L'économie russe est dominée par des entreprises publiques peu efficaces qui empêchent la croissance: pour rétablir le PIB, il faut créer des conditions équitables pour tout le monde, estiment l'ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine et le chef du Groupe d'experts économiques Evseï Gourvitch, cités jeudi par le quotidien Novye Izvestia.

D'après ces deux économistes, la mise en œuvre de "feuilles de route" éliminant les obstacles législatifs pour les entreprises n'aura d'effet que si, en parallèle, un travail est mené pour optimiser le système de gestion publique. Ils évoquent notamment des mesures alternatives: selon eux, il faut tout d'abord affaiblir le contrôle de l'État de manière radicale, garantir la protection des droits de propriété et assurer une responsabilité égale pour tous les acteurs du marché, en renonçant au "paternalisme industriel".

D'après les données du ministère du Développement économique, la part du secteur public dans l'économie russe augmente d'année en année - elle a déjà atteint 50% du PIB. La crise de 2008 y a même contribué en permettant à l'État de reprendre la gestion de plusieurs grands acteurs économiques. Et cette tendance devrait se poursuivre. Une nouvelle crise offrirait au gouvernement une nouvelle occasion de lancer des projets gigantesques de sauvetage aux frais des entreprises contrôlées. L'emprise étatique ne serait bien sûr pas comparable avec l'époque soviétique mais il est parfaitement clair que le modèle économique existant, fondé sur de grandes entreprises publiques, ne laisse aux autorités aucune alternative pour rester hors de l'eau en cas de déluge. Ainsi, des milliards sont tirés du budget pour être injectés dans des projets pharaoniques - l'essentiel étant de débloquer de l'argent pour créer l'apparence d'un travail actif. Ces entreprises d'État servent notamment à financer des projets comme les Jeux olympiques, le sommet de l'APEC ou la construction de sites sportifs. Qui plus est, ce "budget parallèle" ne correspond pas souvent à l'activité principale des entreprises impliquées, soulignent Koudrine et Gourvitch. Cette situation efface donc les frontières entre les ressources de l'État et celles de structures contrôlées.

"Les entreprises publiques sont par défaut peu efficaces, notamment en Russie, estime Valeri Mironov, économiste en chef au Centre de développement du Haut collège d'économie. Le népotisme fleurit, les fonctionnaires assurent l'emploi de leurs proches et il n'y a presque pas de déclaration transparente de revenus". Selon lui les entreprises publiques, qui produisent dans la plupart des cas des hydrocarbures, poussent le pays vers un rôle de satellite fournisseur de matières premières, et ce malgré la chute des prix du pétrole. Quoi qu'il en soit, plusieurs analystes estiment qu'un effacement total de l'État serait aussi peu efficace dans le contexte de la crise actuelle. Un tel changement de cap économique prendrait, en tout cas, des années. "Le point de vue de Koudrine et de Gourvitch est très fondé, fait remarquer Platon Magouta, gestionnaire d'une société d'investissements. L'analyse de la structure de l'économie russe montre que les secteurs-clés se trouvent entre les mains de l'État, qui les contrôle à l'aide de ses entreprises. Cela prive le marché de concurrence et donc de développement qualitatif".

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