Définir le terrorisme de manière claire et non équivoque

Définir le terrorisme de manière claire et non équivoque
Sous le choc de la double attaque terroriste à Paris qui a coûté la vie à 17 personnes, la France se montre tout de même plus que jamais prête à défendre sa démocratie.

Indignés par la tentative de piétiner une des libertés fondamentales dont la liberté d’expression, les Français engagent « la marche républicaine » et descendent massivement dans la rue. Mais qu’en restera-il quand les émotions s’estompent ? Les leçons seront-elles tirées ? Ouvrira-t-on les yeux sur les vraies racines du problème qui est, certes, beaucoup plus profond que la « faille dans le renseignement français » reconnue par M. Valls ou la difficulté de l’intégration républicaine des jeunes issus de l’immigration. Jouer avec le feu n’a jamais été sans danger. Mais c’est ce qu’a fait jusqu’à présent l’Occident en flirtant avec les djihadistes là où il leur est intéressant. Notre expert Riadh Sidaoui, directeur du Centre arabe de recherches et d'analyses politiques et sociales (Caraps) basé à Genève, est convaincu qu’il est indispensable à l’Europe de renoncer à cette approche hypocrite dans certains domaines de sa politique pour ne pas en tomber la première victime.

Riadh Sidaoui. « Ce qui s’est passé en France contre Charlie Hebdo, c’était l’opération terroriste qui s’inscrit dans le terrorisme aveugle et noir. Mais il faut dire aussi que nous devons avoir une approche juste et équilibrée du phénomène terroriste. Ça veut dire qu’on ne peut pas continuer à utiliser la politique de deux poids deux mesures. On se rappelle que les Français ont un jour soutenu les terroristes en Syrie. Mais on ne peut pas considérer les terroristes en Syrie comme des combattants pour la liberté et la démocratie en Syrie, eux-mêmes avec leur idéologie, leur même financement qui vient du wahhabisme saoudien et qatarien, mais comme des terroristes en France. Ce sont les mêmes figures. Donc à mon avis, il faut pousser vers une approche globale juste et équilibrée et avec éthique aussi. Il n’y a qu’un seul terrorisme, il faut le définir, il faut le combattre partout dans le monde. Le terrorisme est toujours le même, avec les mêmes méthodes, avec la même pensée, le même financement. Il faut le combattre sans passer par la politique de deux poids deux mesures. »

Sputnik. La Russie a pour sa part fermement condamné les attentats perpétrés en France par les terroristes islamistes. Le jour de l’attaque, le président russe Vladimir Poutine a contacté François Hollande pour exprimer ses condoléances. En Russie, nombreux étaient ceux qui sont venus déposer des fleurs et laisser des messages de soutien au peuple français devant l’Ambassade de France à Moscou. Les Russes de France ont également condamné les actes terroristes. Ils ont participé à la marche républicaine et fait part de leurs sentiments en sortant, par le biais du Conseil de coordination du Forum des Russes de France, un communiqué. En y exprimant ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes et en réaffirmant son attachement aux valeurs républicaines, le Conseil de coordination du Forum des Russes de France a appelé à la préservation de la paix et du dialogue en Europe et dans le monde pour liquider le terrorisme. En évoquant dans une interview à la radio Sputnik un immense sentiment de solidarité avec les Français qu’éprouvent actuellement les Russes, le président du Conseil de coordination du Forum des Russes de France Dimitri de Kochko a pointé du doigt le vrai ennemi de l’Europe aujourd’hui.

Dimitri de Kochko. « En Russie, il y a eu tout un mouvement de sympathie avec la France qui a manifesté. Mais malheureusement, les masses médias français ont passé cela plus ou moins sous silence. Ils ont même passé sous silence la présence de Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la marche républicaine. On a donc regretté que cette guerre de l’information continue. De même que les actes terroristes qui ont frappé la Russie ont été soit dissimulés, soit déformés. Dans beaucoup de journaux français vous pouvez lire que les morts de Beslan (attentat de Beslan de 2004) c’est la faute à Poutine. On vous dit que les morts dans le métro de Moscou, c’est parce les Tchétchènes voulaient la liberté, l’indépendance. Bref, évidemment il y a deux poids deux mesures dans la façon de traiter les actes terroristes. Cette guerre de l’information continue, malheureusement, alors qu’on voit bien que l’ennemi de la France et de l’Europe, ce n’est pas l’autre côté de l’Europe, c’est-à-dire la Russie, l’Ukraine, l’Est de l’Europe mais bel et bien d’autres gens, notamment les islamistes. Donc on est en train de se tromper d’ennemi. »

Sputnik. Espérons que l’écho des événements qui ont eu lieu en France, début l’année 2015, si effrayants et douloureux soient-ils ne cessera de retentir. Et qu’on trouve enfin une définition exacte et atemporelle du terrorisme pour le combattre ensemble de manière efficace.

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