La France est en guerre… contre le terrorisme

La France est en guerre… contre le terrorisme
Aussitôt après l’attaque terroriste perpétrée contre la rédaction du journal « Charlie Hebdo » Manuel Valls déclare que « la France est en guerre contre le terrorisme ».

Il n’est pas resté seul dans cette détermination. L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin affirme la même chose, différemment : « Nous sommes en guerre. Nos armées sont engagées contre le terrorisme sur plusieurs théâtres d’opération. Notre territoire national ne pouvait être à l’abri. » D’après Serguei Fedorov, collaborateur l’Institut de l’Europe de l’Académie des Sciences de Russie, on devrait faire une nette différence entre ces déclaration politiques, dues au moment de la « mise en danger » de la Nation et les gestes de la politique extérieure qui y mènent: « La question n’est pas dans si la France possède suffisamment de forces dans ce combat, ou encore - à quel point cette lutte sera efficace. Le plus important est de connaitre sa position. A priori, la France possède suffisamment de moyens, elle a des services spéciaux qui surveillent la situation. Le pays, en général, a les moyens de réagir.

Autre chose – qu’il faut poser cette question dans l’aspect géopolitique plus général. Nous savons que beaucoup de problèmes liés au terrorisme sont provoqués par les maladresses de la politique extérieure moderne de la France au Proche Orient et dans d’autres régions.

Alors, les déclarations politiques – c’est une chose, la politique pratique qui ne fait qu’accentuer et rendre plus difficile la lutte contre le terrorisme, c’en est une autre. J’aurai séparé ces deux questions. »

Juste après les attentats contre les Twin Towers le 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont adopté le Patriot Act qui donnait des libertés plus larges aux services spéciaux américains. Le gouvernement belge également vient de proposer une loi qui comporterai une série de mesures contre-terroristes. Il semble que la France, pour l’instant, tient la situation sous son contrôle. On espère que les services spéciaux surveillent ses citoyens potentiellement dangereux sur le plan terroriste. Surtout, ils devraient surveiller ceux qui ont « suivi un stage » en Syrie et dans d’autres points brulants. Et encore plus – ceux qui ont l’expérience de combat qu’on devrait plutôt qualifier de l’ « expérience d’assassinat », des gens particulièrement dangereux.

Mais il ne faut pas oublier non plus l’inévitable récupération politique de ces évènements tragiques.

Premièrement, ces évènements, au lieu de souder la France, créent des tensions à l’intérieur même des partis politiques de France. Il suffit de se référer au communiqué émis par Bruno Beschizza, Secrétaire national en charge de la Sécurité, où il accuse Christiane Taubira, ministre de la Justice, de prendre à la légère le réel danger de décalage entre son désir de « ne rien changer dans l’arsenal législatif » et le consensus national face au danger du terrorisme.

Deuxièmement, l’acte terroriste barbare et cynique relance la discussion sur le positionnement de la France au sein même de l’union virtuelle qui s’est créé à travers le monde suite aux attaques contre le World Trade Center. L’objectif de nombreux hommes politiques de deux côtés de l’Atlantique serait de démontrer que la désunion entre les USA et les pays européens mènerait ces derniers vers la perte inévitable.

Par concours de circonstances cette opinion apparaisse peu de temps après quelques tentatives timides du Président Hollande de plaider la désescalade dans les relations avec la Russie, ainsi que de la plus grande indépendance dans le comportement de la France au sein de l’Union Européenne. Ainsi, la France se retrouve de nouveau devant la nécessite de choisir ses alliés et ses adversaires.

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